Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde renforce sa présence dans l’océan indien et au-delà…

thediplomat.com© Alors que le chef d’état-major de la marine indienne a déclaré qu’un troisième porte-avions était « absolument nécessaire » afin de protéger les cotes, l’Inde renforce sa coopération avec plusieurs pays, que ce soit par le renouveau du dialogue avec ses voisins et l’océan indien, mais aussi par des exercices militaires conjoints dans le cas du SITMEX. Le dialogue trilatéral Inde-Sri Lanka-Maldives En 2011, l’Inde et les Maldives ont débuté un dialogue sur le thème de la sécurité maritime afin de renforcer la coopération entre garde-côtes et lutter contre plusieurs menaces, dont le terrorisme, et différents trafics. Rejoints en 2012 par le Sri Lanka, ce dialogue fut reconduit en 2013 et 2014, mais il aura fallu attendre 2020 pour que la quatrième session ait lieu. Elle s’est tenue à Colombo la semaine passée avec la présence du Conseiller à la sécurité nationale indien, Ajit Doval et des ministres de

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Inde et Chine en Asie du Sud

Inde, Chine et Bangladesh : la question de l’eau

L’Inde et le Bangladesh Depuis les années 1970, la volonté indienne de domestiquer le Gange est source de tension dans les relations indo-bangladaises. Afin d’assurer l’approvisionnement du Bengale occidental et le fonctionnement du port de Calcutta, l’Inde a construit en 1975 le barrage de Farakka, situé seulement à 11 km de la frontière. Plus que de l’eau, ce barrage retient les sédiments, ces derniers pouvant jouer un rôle essentiel pour protéger les terres de la montée des eaux, au Bangladesh, mais également dans l’état indien du Bihar. Une étude parue en 2017 estime que la quantité de sédiments transportée par l’ensemble Gange-Brahmapoutre-Meghna est passée d’environ deux milliards de tonnes par an en 1997 à 500 millions de tonnes en 2015. Selon l’étude, l’accumulation de sédiments favorise les inondations en amont du barrage tandis qu’en aval, cela peut accroitre la vulnérabilité du trait de côte. L’accord conclu en 1996 entre l’Inde et

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Inde et Chine en Asie du Sud

Les frontières népalaises entre Inde et Chine

Fermées depuis le 24 mars après le déclenchement de l’épidémie de Covid-19, les frontières népalaises sont au centre des relations avec ses voisins. Avec l’Inde, une réouverture et le retour du libre passage sont d’une importance vitale pour les travailleurs népalais qui exercent en territoire indien, de six à huit millions de personnes, mais le Népal y reste opposé. Avec la Chine, la construction d’infrastructures en territoire népalais ravive le problème du tracé, en particulier autour d’une borne frontalière spécifique, la 57, érigée en 1962. Avec l’Inde, une frontière qui s’est militarisée La pandémie a mis à terre le principe de frontières ouvertes entre l’Inde et le Népal. Malgré des blocus pétroliers imposés par l’Inde, comme en 1989 ou 2015, ou lors d’élections, il n’est pas nécessaire de posséder un visa pour aller travailler en Inde, et vice-versa. Cependant, pour contrer la propagation du virus, les armées indienne et népalaise

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

ASEAN-Chine, la pandémie et le dépassement des contentieux

Rencontre ASEAN-Chine Le ministre chinois des Affaires étrangères a profité d’une rencontre avec les représentants des pays de l’ASEAN pour évoquer le renforcement de la coopération entre leurs pays et la Chine ces derniers mois. Mettant en avant la coopération dans la lutte contre la pandémie et la recherche d’un vaccin, Pékin rappelle son soutien au développement de l’ASEAN et au rôle central que l’association joue en Asie du Sud-est. En effet, les deux parties sont désormais les plus grands partenaires commerciaux, le développement de la Chine profitant ainsi aux deux parties. Par la promotion de la Belt Road Initiative et de la croissance économique chinoise, que l’adoption du 14ème plan quinquennal devrait renforcer, Pékin se place au centre de la reprise économique mondiale, sous-entendant ainsi à l’ASEAN qu’il est préférable de coopérer avec elle… Car le contentieux maritime reste présent dans les discussions, même s’il est abordé par une

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et le Myanmar, une main tendue teintée de realpolitik

Au début du mois d’octobre, un haut responsable du ministère des affaires étrangères indien, Harsh Vardhan Shringla, se rendit à Nay Pyi Taw afin d’inaugurer le bureau de liaison de l’ambassade indienne. Quelques semaines avant les élections générales, la délégation indienne rencontra la Conseillère spéciale de l’État, Aung San Suu Kyi, et le Commandant en chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing. La politique birmane de l’Inde Depuis les années 1990, après avoir soutenu l’opposition démocratique, l’Inde a choisi une approche plus pragmatique en renouant le contact avec la junte militaire et en favorisant une démocratisation émanant de l’intérieur du pays. Cela lui permit de maintenir le dialogue avec les autorités birmanes quel que soit le vainqueur des élections comme en 2010 lorsque l’Union Solidarity and Development Party soutenu par les militaires remporta le scrutin ou en 2016 lorsque la National League for Democracy d‘Aung San Suu Kyi lui

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Espace et balistique

La coopération spatiale franco-indienne, l’autre facette du partenariat

En mars 2018, l’Inde et la France avaient conclu un accord afin de renforcer leur coopération dans le domaine de l’exploration spatiale[1]India-France Joint Vision for Space Cooperation : https://mea.gov.in/bilateral-documents.htm?dtl/29597/IndiaFrance+Joint+Vision+for+Space+Cooperation+New+Delhi+10+March+2018. À cette occasion, Delhi et Paris ont pu échanger et présenter leur vision commune de l’espace et de toutes les questions s’y rattachant, y compris sécuritaires. Début octobre, la France a confirmé sa participation à la mission indienne qui doit étudier Venus[2]ISRO to carry first-ever French payload abroad Venus mission scheduled for 2025 : https://www.businessinsider.in/science/space/news/isro-to-launch-venus-mission-in-2025/articleshow/78420140.cms. Cette planète avait déjà été mentionnée comme un possible domaine de coopération, mais ce n’est pas le seul. L’ISRO et le CNES prévoient de coopérer dans le développement de rovers pour l’exploration de la Lune, Mars et d’autres planètes ainsi que de technologies de modélisation informatique pour préparer ces missions. La coopération scientifique franco-indienne C’est la première fois que la France va intégrer des instruments scientifiques

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

La Quadrilateral Initiative à la croisée des chemins

Auparavant, réunis en marge de la grande messe de l’Assemblée générale des Nations unies, les pays affiliés au QUAD ont répondu, au niveau ministériel, à l’invitation du ministre japonais des Affaires étrangères. Ainsi, ils se sont pour la première fois retrouvés le 6 octobre pour un sommet uniquement dédié aux affaires du QUAD. Pour marquer la naissance d’une coopération qui doit s’établir dans le long terme, il était même envisagé que ce sommet soit institutionnalisé, il n’en sera rien… Malgré son impact sur les affaires mondiales, le Covid-19 a été relégué au second plan (même si Mike Pompeo en a profité pour dénoncer une opération de dissimulation menée par Pékin afin de cacher la propagation du virus[1]Pompeo slams China’s ‘corruption, coercion’ at Tokyo talks,https://www.intellasia.net/pompeo-slams-chinas-corruption-coercion-at-tokyo-talks-819163), le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo préférant appeler à la mobilisation des démocraties contre « l’exploitation, la corruption et la coercition du Parti Communiste Chinois »[2]Mike

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Relations bilatérales

Siegfried et le Dragon, la situation sur la frontière sino-indienne

Le 21 septembre, une rencontre bilatérale près de Chushul avait débouché sur l’engagement des deux parties à ne plus envoyer de troupes à proximité de la frontière disputée. Il s’agissait avant toute chose de stabiliser la situation pour envisager un retour au statu quo qui prévalait avant le printemps. Néanmoins, le sentiment de la partie indienne est que les négociateurs chinois ne cessent de poser de nouvelles conditions dès que les précédentes sont, éventuellement, remplies. Et les évènements survenus de la nuit du 29 au 30 aout avec l’occupation par l’armée indienne des hauteurs de la rive sud du lac Pangong Tso sont un exemple concret des blocages rencontrés par les deux parties au sujet de la Line of Actual Control. Après l’installation de troupes de l’APL au nord du lac, l’occupation des hauteurs par l’armée indienne était une action préventive afin d’éviter que l’APL n’occupe également la rive sud,

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Inde et Chine en Europe

Les « nouvelles routes de la soie » s’effilochent en Europe de l’Est…

Relais de la Belt Road Initiative sur le territoire européen, le groupe de coopération 17+1 créé en 2012 et regroupant 17 pays de l’Est européens (dont 12 États membres de l’UE) n’a pu se réunir cette année en raison du coronavirus. Devant se dérouler à Pékin, cela aurait permis à la Chine de relancer une initiative qui peine à convaincre désormais, et ce, pour plusieurs raisons. En premier lieu, de nombreux projets d’investissements promis par la Chine sont retardés ou encore en discussion malgré les 10 milliards de dollars que Pékin prévoyait d’investir dans la construction d’autoroute, de ponts, de lignes de chemin de fer, etc… On y retrouve tous les travaux qui forment l’ossature de la Belt Road Initiative de par le monde. Par exemple, le projet phare du « 17+1 », l’autoroute entre Budapest et Belgrade n’est toujours pas commencé tandis que la Roumanie, qui comptait sur Pékin pour trois

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Inde et Chine au Moyen-Orient

L’Iran et les relations sino-indiennes

Deux articles du Southasiaanalysis, mis en parallèle et analysés, permettent de mettre en lumière la place de l’Iran et du Moyen-Orient dans les relations sino-indiennes. Tout d’abord, le partenariat entre l’Iran et la Chine ne résulte-t-il que des circonstances ? Entre un Iran isolé par les sanctions internationales et dont l’économie est en difficulté et une Chine qui, diplomatiquement, est soupçonnée d’avoir dissimulé l’impact du Covid et, surtout, sa propagation. Pour la Chine, un Iran affaiblit par les sanctions, mais aussi par la baisse du prix des hydrocarbures peut être un nouveau Sri Lanka ou Pakistan vu ses besoins en financement extérieur, et que seule la Chine peut à ce jour lui fournir. De plus, les deux pays étant en délicatesse diplomatique avec les États-Unis, l’accélération dans leur rapprochement semblerait cohérente. Le projet d’accord de partenariat dont certains éléments ont fuité début septembre prévoit que la Chine investisse 400 milliards de

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