Relations bilatérales

« It’s all about economy … » ?, le commerce dans les tensions sino-indiennes

Malgré l’affrontement sanglant de Galwan, la Chine est redevenue le principal partenaire commercial de l’Inde, devant les États-Unis qui occupaient cette place depuis 2018. L’état du commerce bilatéral sino-indien Pour l’année 2020, il s’est élevé à 77.7 milliards de dollars. Cependant, il faut mettre ces chiffres en perspective par rapport aux années précédentes. En 2019, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Chine était de 92.7 milliards de dollars, en baisse par rapport à 2018, mais toujours marqué par un important déficit de la balance commerciale pour l’Inde avec près de 57 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine pour l’année 2019. Dans une tribune du Think tank chinois, Shanghai Institutes for International Studies, il est mis en avant que, malgré le blocage des investissements chinois en territoire indien ou l’interdiction de plusieurs applications chinoises, la part de produits chinois dans certains secteurs ne cesse de croitre. À l’exemple

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Inde et Chine en Europe

Les relations entre l’Inde et la Russie, à l’ombre de Washington et de Pékin ?

  En décembre 2020, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, avait évoqué lors d’une conférence de presse, la politique étrangère indienne. Tout en rappelant le partenariat privilégié existant entre la Russie et l’Inde, il condamnait publiquement les prises de positions indiennes sur différentes questions, en particulier sur sa promotion de l’indopacifique. Pour Moscou, par sa participation au QUAD et son attachement aux stratégies indopacifiques, l’Inde ne serait qu’un pion aux mains des « pays occidentaux » et de leurs positions antichinoises, l’objectif pour les Américains étant de briser le partenariat indorusse. Ce qui serait un sérieux revers pour la Russie qui a pu compter sur la volonté d’indépendance, qui caractérise la politique étrangère indienne, pour en faire un pilier de sa diplomatie. Et malgré les difficultés des années 1990, l’esprit du traité d’amitié et de coopération signé en 1971 se retrouve dans la déclaration de partenariat stratégique en octobre 2020.

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Dans les organisations

L’Inde et le multilatéralisme, vers une nouvelle approche ?

L’Inde dispose pendant deux ans d’un siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies et elle assurera la présidence du G20 en 2023. Alors que le système de Bretton Woods fait peu de cas de l’évolution du monde et que Delhi est de plus en plus critique envers l’absence de représentativité du Conseil de sécurité, qu’elle cherche des solutions parallèles, où en est le rapport de l’Inde avec le multilatéralisme ? Une relation complexe La relation que l’Inde entretient avec l’idée du multilatéralisme fut marquée dès ses débuts par la déconvenue sur la question du cachemire. La première fois que l’Inde a fait appel à l’ONU, c’était en 1948 pour que l’organisation tranche sur la question de la souveraineté sur le Cachemire, ce qui a conduit à un statu quo inacceptable pour New Delhi. Bien qu’adhérant aux principes de l’ONU, elle ne pouvait accepter que le principe du Conseil de sécurité soit

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États membres et Asie

Le triangle France-Inde-Émirats arabes unis, genèse d’une alliance de raison ?

Delhi et Paris partagent la vision d’une indopacifique libre et ouverte, un constat régulièrement mis en avant lors de leur échange diplomatique. Mais la notion même d’indopacifique est très large, s’étendant géographiquement jusqu’aux abords du golfe persique. Et dans cette région, la France et l’Inde ont tissé de solides relations avec un pays, les Émirats arabes unis. Alors que le conflit autour du Qatar s’est adouci, qu’Israël est diplomatiquement plus proche d’une partie du monde arabe, il reste en suspend la question du nucléaire iranien et du rôle de Téhéran dans le golfe ainsi qu’en Afghanistan. La coopération entre l’Inde et la France Dans le contexte des tensions sino-indiennes et du soutien apporté à l’Inde par la France, c’est la coopération dans le domaine de la défense qui peut être mis en avant. Les deux pays sont de grandes démocraties, mais le rapprochement franco-indien est aussi dû à des intérêts

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et la baie du Bengale, entre BIMSTEC et Myanmar

Dans le contexte du coup d’État au Myanmar, quelle est la place de l’Inde dans le tissu multilatéral régional, en particulier au sein du BIMSTEC qui regroupe tous les pays de la baie du Bengale ainsi que le Bhutan et le Népal ? Le renforcement du partenariat entre l’Inde et le Japon peut-il aider Delhi à s’affirmer dans son voisinage ? La Bay of Bengal Initiative for MultiSectoral Technical and Economic Cooperation en 2021 Traditionnellement, l’Inde peut montrer quelques réticences à s’engager dans le multilatéralisme régional et lui préfère le bilatéralisme. Si l’échec de la SAARC peut être imputé aux tensions indopakistanaises, le BIMSTEC, créé en 1997, aurait pu servir la Look East Policy initiée par Narasimha Rao en 1991, mais c’est sous l’ère de Narendra Modi et son Act East Policy que ce groupement pourrait servir la politique étrangère indienne. Concentré autour de la baie du Bengale, le BIMSTEC peut lui

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Afghanistan et le Népal dans le jeu des puissances régionales

Tandis qu’une affaire d’espionnage sème le trouble sur la politique afghane de Pékin, le Népal doit également composer avec ses voisins. Kaboul, nid d’espions Le 10 décembre 2020, 10 ressortissants chinois ont été arrêtés à Kaboul par le service de renseignement afghan, le National Directorate of Security. Accusés d’espionnage, ils seront rapatriés en Chine le 4 janvier après 23 jours de détention et, semble-t-il, des excuses en privé de la part du gouvernement chinois. Dans l’intérêt des relations entre Pékin et Kaboul, peu de détails ont fuité, mais l’affaire fut assez importante pour que le Président afghan, Ashraf Ghani, charge son vice-président, un ancien du NDS, de superviser les investigations. Une fausse cellule, un véritable objectif Ce qu’il en ressort, c’est que les ressortissants chinois seraient membres du Ministry of State Security, qu’ils ont été appréhendés à Kart-e-Char (banlieue ouest de Kaboul) en possession d’armes et d’explosifs et qu’au moins

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Relations bilatérales

Journal des tensions sino-indiennes

Tandis qu’une nouvelle négociation, la neuvième depuis l’affrontement de Galwan, doit permettre une désescalade durable des tensions sur la frontière sino-indienne, plusieurs éléments peuvent tempérer l’optimisme. Bien qu’une majorité d’Indiens (57%) préfèrent que cette situation se règle par la négociation (alors qu’ils étaient 59% à envisager une guerre en aout 2020)[1]Mood of the Nation poll: Not war, Indians feel talks best way to end LAC dispute with China, … Continue reading, c’est l’ensemble de la frontière sino-indienne qui voit le contentieux se raviver. Il n’est plus seulement question du Ladakh, de la partie occupée du Cachemire et du Corridor économique Chine-Pakistan ou du projet de barrage chinois, des troubles auraient eu lieu au Sikkim tandis que la Chine aurait bâti des infrastructures en Arunachal Pradesh. Nouveau déploiement de troupes, espionnage et cartographie 3D de l’ensemble de la frontière par la Chine, cela sur fond de révélations américaines et de « communiqués » de

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Dans les organisations

L’Inde et l’Organisation de coopération de Shanghai, difficultés en vue

Quand l’Inde et le Pakistan sont devenus membres à part entière de l’organisation de coopération de Shanghai en 2017, certains pensaient que l’intégration des deux frères ennemis allait leur permettre d’entamer un dialogue durable et normaliser leur relation. Après tout, la création même de l’ancêtre de l’OCS, le Shanghai Five, avait pour but de régler les contentieux frontaliers en Asie centrale que la dislocation brutale de l’URSS avait fait apparaitre. Aujourd’hui, alors que le contentieux frontalier entre l’Inde et la Chine provoque de vives tensions, quel rôle pour l’OCS dans la politique étrangère indienne ? Le statut de l’Organisation de Coopération de Shanghai Créée en 2001 pour accueillir l’Ouzbékistan, l’OCS regroupe aujourd’hui huit membres, quatre états d’Asie centrale, la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan ainsi que des États avec le statut d’observateur (comme l’Afghanistan depuis 2012) et des partenaires de discussion. Entre 1996 et 2001, la plupart des contentieux

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Inde et Chine en Asie du Sud

Inde, Chine et Bangladesh : la question de l’eau

L’Inde et le Bangladesh Depuis les années 1970, la volonté indienne de domestiquer le Gange est source de tension dans les relations indo-bangladaises. Afin d’assurer l’approvisionnement du Bengale occidental et le fonctionnement du port de Calcutta, l’Inde a construit en 1975 le barrage de Farakka, situé seulement à 11 km de la frontière. Plus que de l’eau, ce barrage retient les sédiments, ces derniers pouvant jouer un rôle essentiel pour protéger les terres de la montée des eaux, au Bangladesh, mais également dans l’état indien du Bihar. Une étude parue en 2017 estime que la quantité de sédiments transportée par l’ensemble Gange-Brahmapoutre-Meghna est passée d’environ deux milliards de tonnes par an en 1997 à 500 millions de tonnes en 2015. Selon l’étude, l’accumulation de sédiments favorise les inondations en amont du barrage tandis qu’en aval, cela peut accroitre la vulnérabilité du trait de côte. L’accord conclu en 1996 entre l’Inde et

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Inde et Chine en Asie du Sud

Les frontières népalaises entre Inde et Chine

Fermées depuis le 24 mars après le déclenchement de l’épidémie de Covid-19, les frontières népalaises sont au centre des relations avec ses voisins. Avec l’Inde, une réouverture et le retour du libre passage sont d’une importance vitale pour les travailleurs népalais qui exercent en territoire indien, de six à huit millions de personnes, mais le Népal y reste opposé. Avec la Chine, la construction d’infrastructures en territoire népalais ravive le problème du tracé, en particulier autour d’une borne frontalière spécifique, la 57, érigée en 1962. Avec l’Inde, une frontière qui s’est militarisée La pandémie a mis à terre le principe de frontières ouvertes entre l’Inde et le Népal. Malgré des blocus pétroliers imposés par l’Inde, comme en 1989 ou 2015, ou lors d’élections, il n’est pas nécessaire de posséder un visa pour aller travailler en Inde, et vice-versa. Cependant, pour contrer la propagation du virus, les armées indienne et népalaise

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