Inde et Chine en Asie du Sud

La stabilité de l’Afghanistan au cœur des enjeux régionaux

Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, la mainmise des talibans sur une vaste zone du pays tandis que le contrôle de plus de 200 districts est disputé entre les forces gouvernementales, les talibans et d’autres factions fait craindre que le pays sombre à nouveau dans la guerre. Source d’instabilité pour les pays de la région, Chine, Inde et Russie en tête alors que le Pakistan risquerait de se retrouver prisonnier des enjeux géopolitiques de la politique intérieure afghane, quelles sont les positions des principaux acteurs, mais aussi de l’Union européenne ? Les conditions du retrait américain Pressée de mettre fin au plus long conflit de l’histoire américaine, l’administration américaine avait signé en février 2020 un accord avec les talibans. Prévoyant un retrait sous 14 mois en échange de l’arrêt des attaques, des attentats et l’ouverture de pourparlers avec le gouvernement de Kaboul, il faisait également des talibans la principale force politique

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Asie du Sud, au cœur des luttes d’influences

Les tensions autour de la notion de l’Indopacifique entre la Chine et certains pays ne se concentrent pas qu’en mer de Chine, cette question est également l’objet de débats au sein des pays de l’Océan indien et plus particulièrement de la baie du Bengale. En effet, Washington cherche à convaincre des pays comme le Bangladesh de rejoindre son Indo-Pacific Strategy (IPS) américaine. Si l’IPS n’est pas le QUAD, elle en partage quelques notions essentielles, comme la défense du droit international et la liberté de navigation. Aussi, afin de peser dans ce débat, Pékin, comme Washington, s’emploient à convaincre les gouvernements de la région à s’engager dans des partenariats avec eux. On l’a vu récemment avec les déclarations de l’ambassadeur chinois à Dacca mais cette lutte d’influence se fait également sur d’autres terrains, comme à l’ONU. Contre le QUAD, une mise en garde de la Chine Lors d’un évènement organisé par

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

Hong Kong et Macao, deux RAS aux parcours différents

Chaque année, l’Union européenne dresse, à travers deux rapports, le bilan du principe « Un pays, deux systèmes » et du respect de l’application des « Lois fondamentales » à Hong Kong et Macao, et ce, depuis leur rétrocession à la Chine, respectivement en 1997 et 1999. Si, malgré quelques craintes, l’accord de rétrocession est globalement respecté à Macao, ce n’est pas le cas à Hong Kong. L’entrée en vigueur le 30 juin 2020 de la Loi sur la sécurité nationale et la réforme récente du système électoral confirme la volonté de la part de Pékin de ne pas attendre 2047 pour effacer l’autonomie de Hong Kong. La rétrocession de Hong Kong et Macao, un peu d’histoire Pour les institutions européennes, et en particulier le Parlement européen, le respect des statuts de Hong Kong et Macao en tant que « Région Administrative Spéciale » devait être surveillé, d’où la volonté de publier régulièrement un rapport sur

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Relations bilatérales

Le LaC qui cache la forêt

Il aura fallu attendre la neuvième rencontre, le 24 janvier, pour qu’un plan de désengagement soit défini, ceci afin de diminuer les tensions autour du Lac Pangong Tso et de mettre un terme à la plus grave confrontation sino-indienne depuis 50 ans. Néanmoins, le désengagement concerne principalement ce qui est désigné comme des « fingers » autour de la partie nord du lac, des saillies montagneuses proches de la Line of Actual Control. Une question de doigté Dans cette zone, l’Inde situe la LAC au niveau du finger 8 tandis que la Chine situe la sienne au niveau du finger 2. L’été dernier, la construction par l’APL d’une route reliant le finger 4 au finger 8 sera une des causes du déclenchement de l’affrontement en 2020, son achèvement aurait de facto déplacé la LAC au niveau du finger 4, empêchant toutes patrouilles indiennes au-delà de ce point. Afin de reprendre l’initiative, des

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Relations bilatérales

« It’s all about economy … » ?, le commerce dans les tensions sino-indiennes

Malgré l’affrontement sanglant de Galwan, la Chine est redevenue le principal partenaire commercial de l’Inde, devant les États-Unis qui occupaient cette place depuis 2018. L’état du commerce bilatéral sino-indien Pour l’année 2020, il s’est élevé à 77.7 milliards de dollars. Cependant, il faut mettre ces chiffres en perspective par rapport aux années précédentes. En 2019, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Chine était de 92.7 milliards de dollars, en baisse par rapport à 2018, mais toujours marqué par un important déficit de la balance commerciale pour l’Inde avec près de 57 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine pour l’année 2019. Dans une tribune du Think tank chinois, Shanghai Institutes for International Studies, il est mis en avant que, malgré le blocage des investissements chinois en territoire indien ou l’interdiction de plusieurs applications chinoises, la part de produits chinois dans certains secteurs ne cesse de croitre. À l’exemple

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Inde et Chine en Europe

Les relations entre l’Inde et la Russie, à l’ombre de Washington et de Pékin ?

  En décembre 2020, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, avait évoqué lors d’une conférence de presse, la politique étrangère indienne. Tout en rappelant le partenariat privilégié existant entre la Russie et l’Inde, il condamnait publiquement les prises de positions indiennes sur différentes questions, en particulier sur sa promotion de l’indopacifique. Pour Moscou, par sa participation au QUAD et son attachement aux stratégies indopacifiques, l’Inde ne serait qu’un pion aux mains des « pays occidentaux » et de leurs positions antichinoises, l’objectif pour les Américains étant de briser le partenariat indorusse. Ce qui serait un sérieux revers pour la Russie qui a pu compter sur la volonté d’indépendance, qui caractérise la politique étrangère indienne, pour en faire un pilier de sa diplomatie. Et malgré les difficultés des années 1990, l’esprit du traité d’amitié et de coopération signé en 1971 se retrouve dans la déclaration de partenariat stratégique en octobre 2020.

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Dans les organisations

L’Inde et le multilatéralisme, vers une nouvelle approche ?

L’Inde dispose pendant deux ans d’un siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies et elle assurera la présidence du G20 en 2023. Alors que le système de Bretton Woods fait peu de cas de l’évolution du monde et que Delhi est de plus en plus critique envers l’absence de représentativité du Conseil de sécurité, qu’elle cherche des solutions parallèles, où en est le rapport de l’Inde avec le multilatéralisme ? Une relation complexe La relation que l’Inde entretient avec l’idée du multilatéralisme fut marquée dès ses débuts par la déconvenue sur la question du cachemire. La première fois que l’Inde a fait appel à l’ONU, c’était en 1948 pour que l’organisation tranche sur la question de la souveraineté sur le Cachemire, ce qui a conduit à un statu quo inacceptable pour New Delhi. Bien qu’adhérant aux principes de l’ONU, elle ne pouvait accepter que le principe du Conseil de sécurité soit

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États membres et Asie

Le triangle France-Inde-Émirats arabes unis, genèse d’une alliance de raison ?

Delhi et Paris partagent la vision d’une indopacifique libre et ouverte, un constat régulièrement mis en avant lors de leur échange diplomatique. Mais la notion même d’indopacifique est très large, s’étendant géographiquement jusqu’aux abords du golfe persique. Et dans cette région, la France et l’Inde ont tissé de solides relations avec un pays, les Émirats arabes unis. Alors que le conflit autour du Qatar s’est adouci, qu’Israël est diplomatiquement plus proche d’une partie du monde arabe, il reste en suspend la question du nucléaire iranien et du rôle de Téhéran dans le golfe ainsi qu’en Afghanistan. La coopération entre l’Inde et la France Dans le contexte des tensions sino-indiennes et du soutien apporté à l’Inde par la France, c’est la coopération dans le domaine de la défense qui peut être mis en avant. Les deux pays sont de grandes démocraties, mais le rapprochement franco-indien est aussi dû à des intérêts

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et la baie du Bengale, entre BIMSTEC et Myanmar

Dans le contexte du coup d’État au Myanmar, quelle est la place de l’Inde dans le tissu multilatéral régional, en particulier au sein du BIMSTEC qui regroupe tous les pays de la baie du Bengale ainsi que le Bhutan et le Népal ? Le renforcement du partenariat entre l’Inde et le Japon peut-il aider Delhi à s’affirmer dans son voisinage ? La Bay of Bengal Initiative for MultiSectoral Technical and Economic Cooperation en 2021 Traditionnellement, l’Inde peut montrer quelques réticences à s’engager dans le multilatéralisme régional et lui préfère le bilatéralisme. Si l’échec de la SAARC peut être imputé aux tensions indopakistanaises, le BIMSTEC, créé en 1997, aurait pu servir la Look East Policy initiée par Narasimha Rao en 1991, mais c’est sous l’ère de Narendra Modi et son Act East Policy que ce groupement pourrait servir la politique étrangère indienne. Concentré autour de la baie du Bengale, le BIMSTEC peut lui

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Afghanistan et le Népal dans le jeu des puissances régionales

Tandis qu’une affaire d’espionnage sème le trouble sur la politique afghane de Pékin, le Népal doit également composer avec ses voisins. Kaboul, nid d’espions Le 10 décembre 2020, 10 ressortissants chinois ont été arrêtés à Kaboul par le service de renseignement afghan, le National Directorate of Security. Accusés d’espionnage, ils seront rapatriés en Chine le 4 janvier après 23 jours de détention et, semble-t-il, des excuses en privé de la part du gouvernement chinois. Dans l’intérêt des relations entre Pékin et Kaboul, peu de détails ont fuité, mais l’affaire fut assez importante pour que le Président afghan, Ashraf Ghani, charge son vice-président, un ancien du NDS, de superviser les investigations. Une fausse cellule, un véritable objectif Ce qu’il en ressort, c’est que les ressortissants chinois seraient membres du Ministry of State Security, qu’ils ont été appréhendés à Kart-e-Char (banlieue ouest de Kaboul) en possession d’armes et d’explosifs et qu’au moins

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