Tensions sino-indiennes

Sur la frontière sino-indienne, les pourparlers n’empêchent pas l’aggravation des tensions

Début septembre, et bien que les relations entre la Chine et la France d’une part et la Chine et l’Inde d’autre part soient différentes, un Think tank indien (Law and Society Alliance) avait, comme l’IRSEM, publié un rapport qui recensait les « opérations d’influences » chinoises en territoire indien, déclenchant la aussi l’ire de Pékin. Cependant, à la différence du cas français, et malgré des rencontres plus ou moins régulières, le contentieux frontalier sino-indien est toujours vivace et il tend à s’aggraver de nouveau ces dernières semaines. Cela, dans une certaine indifférence en occident alors que, pour Pékin, si le premier front d’un conflit se situe dans les mers de Chine (méridionale et orientale), le second front, c’est l’Himalaya. Outre Paris, peu de capitales européennes ont clairement condamné les mouvements de troupes de l’APL dans les territoires revendiqués par l’Inde. Pourtant, alors que l’UE cherche à définir sa stratégie pour l’Indopacifique, il n’est pas fait mention des tensions

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La politique étrangère et de sécurité commune

L’AUKUS n’est qu’une des perceptions de l’Indopacifique parmi d’autres

Une semaine après l’annonce de la création de l’AUKUS par les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, l’Inde a profité d’une rencontre du QUAD à Washington pour faire connaitre sa position sur la question et, malgré sa proximité avec ses partenaires du QUAD, clairement s’en démarquer. Une semaine auparavant, c’était également le discours sur l’Etat de l’Union et la présentation de la stratégie européenne pour l’Indopacifique, deux textes qui pourraient grandement contribuer à crédibiliser l’action extérieure de l’Union européenne. En effet, il existe plusieurs perceptions de l’Indopacifique, l’AUKUS n’est que l’une d’entre elles. L’UE et l’Inde ont-elles les moyens, et la volonté, de proposer une alternative pour l’Indopacifique ? La position indienne se démarque de l’AUKUS Pour sa première réponse officielle à l’émergence de l’alliance AUKUS, l’Inde a, par la voie de son secrétaire des affaires étrangères, pris garde de bien différencier le QUAD et l’AUKUS. Harsh Shringla, lors d’une rencontre

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Inde et Chine en Asie du Sud

Promouvoir la coopération en matière de sécurité, la voie de l’Inde pour contenir la Chine dans l’Océan indien ? 1- Les Maldives

Promouvoir la coopération en matière de sécurité, la voie de l’Inde pour contenir la Chine dans l’Océan indien ? 1- Les Maldives L’Inde cherche à recréer des liens plus étroits avec les pays de l’Océan indien, des liens qui ont pu être ébranlés ces dernières années, et pas seulement par le renforcement de la présence chinoise dans cette région. En effet, la relation entre Delhi, Malè et Colombo dépend également de la politique intérieure des Maldives ou du Sri Lanka. Afin de séduire à nouveau, l’Inde développe une stratégie qui repose sur deux axes, la coopération en matière de sécurité maritime et la construction d’infrastructures selon un modèle qui se veut différent des projets de la Belt Road Initiative. Mais qu’en est-il pour les Maldives ? Et quelles conséquences pour la politique indienne dans la région de l’Océan indien ? Entre l’Inde et les Maldives, une relation fluctuante Depuis l’élection d’Ibrahim Mohamed Solih,

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La politique de sécurité et de défense commune

La PSDC en temps de Covid

L’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne a publié début septembre un rapport sur l’impact que peut avoir la pandémie sur les opérations de la PSDC, et plus particulièrement sur les retours d’expériences qui pourraient enrichir la conduite de celle-ci. En effet, alors qu’en l’espace de huit semaines (à partir de mars 2020) la moitié du personnel déployé dans les OPEX de la PSDC a dû être évacué, toutes les missions, civiles ou militaires, n’ont pas été affectées de la même manière. Et, malgré la tragédie, l’observation de la conduite d’une PSDC confrontée à une crise majeure devrait grandement améliorer sa coordination et son fonctionnement. La communication au début de la crise Sans surprise, il en ressort que la pandémie a eu un fort impact sur la transmission d’informations entre la Civilian Planning and Conduct Capability (CPCC), qui coordonne les missions civiles, le Military Planning and Conduct Capability (MPCC), qui

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Dans les organisations

Le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la politique étrangère indienne

Depuis le 1er janvier 2021, l’Inde siège en tant que membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU). Depuis son indépendance, c’est la huitième fois qu’elle occupe ce poste au sein d’une organisation avec qui les rapports n’ont pas toujours été constructifs. De la déconvenue en 1948 sur la question du cachemire à l’absence de réformes de l’institution alors que l’Inde est candidate à un siège permanent, retour sur l’expérience de l’Inde en tant que membre non permanent et comme Président du Conseil de sécurité comme c’est le cas pour le mois d’aout 2021. L’Inde au Conseil de sécurité  La dernière fois que l’Inde a été élue au CSNU pour un mandat de deux ans, c’était pour la période 2011-2012. Avant ce mandat, l’Inde a assuré la présidence du CNSU à neuf reprises, mais, tout comme en 2011-2012, elle occupera ce poste deux fois pour la période

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Tensions sino-indiennes

Vers une Forward policy 2.0 sur la frontière sino-indienne ?

Mi-juin 2021, à l’approche du premier anniversaire de Galwan, des questions se posaient de part et d’autre de la frontière sino-indienne sur la capacité de l’Inde et de la Chine à dépasser les conséquences de l’affrontement alors que des tensions perdurent dans différents domaines. Malgré plusieurs rencontres entre militaires, le tracé de la Line of Actual Control reste, comme en 1962, flou. Tandis que des infrastructures sont bâties de part et d’autre, que des moyens supplémentaires y sont déployés, le sommet de l’OCS en juillet a permis aux ministres de la Défense indien et chinois d’échanger. Les relations sino-indiennes, de Wuhan à Wuhan Au début de l’année 2020, alors que la Chine faisait face à la propagation de la pandémie et que les autres pays n’étaient pas encore affectés aussi durement, le monde put constater sa dépendance aux exportations chinoises. Plusieurs pays, comme l’Inde, y virent une opportunité, celle de

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Nucléaire, chimique et bactériologique

Le désarmement nucléaire en Indopacifique, un idéal confronté à la Realpolitik

Le dernier rapport du SIPRI fait état d’une légère diminution du nombre d’armes nucléaires, mais en revanche, il constate la multiplication des vecteurs et la modernisation des engins. Si l’ASEAN et les iles du pacifique, comme la République des iles Marshall, militent pour un désarmement nucléaire (le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TPNW) étant entré en vigueur en janvier 2021) cet idéal doit composer avec les réalités géopolitiques de la région. La crainte des armes nucléaires Selon le SIPRI, neuf puissances nucléaires (déclarées ou non) possèdent plus de 13000 armes nucléaires dont 2000 seraient déployables rapidement. De plus, alors la menace de destruction mutuelle assurée, et d’autres facteurs, avaient permis la signature des accords START afin de réduire le nombre des armes stratégiques, ils n’impliquaient que les États-Unis et la Russie. Mais au 21ème siècle, c’est en Asie que le nombre d’armes nucléaires risque d’augmenter, tout comme les vecteurs qui

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Inde et Chine en Asie du Sud

La stabilité de l’Afghanistan au cœur des enjeux régionaux

Le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, la mainmise des talibans sur une vaste zone du pays tandis que le contrôle de plus de 200 districts est disputé entre les forces gouvernementales, les talibans et d’autres factions fait craindre que le pays sombre à nouveau dans la guerre. Source d’instabilité pour les pays de la région, Chine, Inde et Russie en tête alors que le Pakistan risquerait de se retrouver prisonnier des enjeux géopolitiques de la politique intérieure afghane, quelles sont les positions des principaux acteurs, mais aussi de l’Union européenne ? Les conditions du retrait américain Pressée de mettre fin au plus long conflit de l’histoire américaine, l’administration américaine avait signé en février 2020 un accord avec les talibans. Prévoyant un retrait sous 14 mois en échange de l’arrêt des attaques, des attentats et l’ouverture de pourparlers avec le gouvernement de Kaboul, il faisait également des talibans la principale force politique

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ASEM

Les vecteurs de l’UE pour promouvoir sa stratégie pour l’Indopacifique

Le mois de juin 2021 est propice au renforcement des relations entre l’Europe et l’Asie. Au début du mois, le Haut représentant (HR) s’est rendu en Indonésie afin d’y rencontrer les principaux dirigeants, mais également visiter le secrétariat de l’ASEAN situé à Jakarta. Lors d’un atelier organisé par un Think tank indonésien, Centre for Strategic and International Studies, le HR a évoqué les grandes lignes de la stratégie européenne pour l’Indopacifique, adoptées par le Conseil en avril 2021. Après l’Indonésie, un autre sommet sur les relations entre l’Europe et l’Asie s’est tenu le 22 juin 2021, la 25ème session du High Policy Dialogue du Dialogue Asie-Europe, l’ASEM. Cela sur fond d’un exercice naval conjoint anti piraterie entre l’Inde et l’UE dans le golfe d’Aden. L’Union européenne affiche ainsi son intérêt pour l’Asie, mais y-a-t’il un partenaire privilégié pour y renforcer sa présence. Tour d’horizon de ces rencontres… L’Indonésie au centre

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Asie du Sud, au cœur des luttes d’influences

Les tensions autour de la notion de l’Indopacifique entre la Chine et certains pays ne se concentrent pas qu’en mer de Chine, cette question est également l’objet de débats au sein des pays de l’Océan indien et plus particulièrement de la baie du Bengale. En effet, Washington cherche à convaincre des pays comme le Bangladesh de rejoindre son Indo-Pacific Strategy (IPS) américaine. Si l’IPS n’est pas le QUAD, elle en partage quelques notions essentielles, comme la défense du droit international et la liberté de navigation. Aussi, afin de peser dans ce débat, Pékin, comme Washington, s’emploient à convaincre les gouvernements de la région à s’engager dans des partenariats avec eux. On l’a vu récemment avec les déclarations de l’ambassadeur chinois à Dacca mais cette lutte d’influence se fait également sur d’autres terrains, comme à l’ONU. Contre le QUAD, une mise en garde de la Chine Lors d’un évènement organisé par

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