L’Organisation de Coopération de Shanghai

Dans le processus d’intégration asiatique, une organisation plus récente a vu le jour. Elle regroupe des États d’Asie centrale ainsi que la République populaire de Chine et la Russie. C’est le 26 avril 1996 que se réunissent, à l’invitation de la Chine les dirigeants du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Russie et du Tadjikistan pour former le « Groupe de Shanghai ». Le but premier était d’établir un cadre pour des discussions sur les questions territoriales et de frontières héritées de la dislocation de l’URSS. En 1997, des accords seront signés à la fois pour limiter la militarisation des espaces frontaliers et pour établir des consultations régulières afin de garantir un climat de confiance entre les membres, c’est donc au départ une organisation sécuritaire. C’est l’alliance de pays ayant une longue tradition d’inimitié, mais qui se sentent concernés par des problèmes communs, en particulier la stabilité de la région en

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La SAARC

Organisation de pays d’Asie du Sud créée à l’initiative du Bangladesh en décembre 1985 et dédiée à la coopération économique, culturelle et technologique, la South Asian Association for Regional Cooperation regroupait à l’origine, le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, les Maldives, le Népal, le Pakistan et le Sri Lanka, l’Afghanistan la rejoignant en 2005. Cette association a du mal à fonctionner, essentiellement dû aux frictions indo-pakistanaises et en dépit des déclarations d’intentions, l’accord de libre-échange signé en 2004 entre les pays de la SAARC n’est toujours pas appliqué, notamment en raison des réticences du Pakistan et du Bangladesh à libéraliser leurs échanges avec l’Inde. De plus, l’arrivée de la Chine en tant qu’observateur en 2006 a provoqué quelques tensions. Pour l’Inde, cela constituait une intrusion dans son pré carré, elle a ainsi soutenu l’octroi du statut d’observateur au Japon. L’Union européenne, les États-Unis et la Corée du Sud ont reçu en

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L’ASEAN

L’Association des Nations du Sud-Est Asiatique s’est constituée en août 1967 en s’appuyant sur une précédente organisation, l’Association de l’Asie du Sud-Est. À l’origine composée de cinq membres fondateurs (Indonésie, Philippines, Singapour, Malaisie et Thaïlande), elle avait pour objectif de promouvoir le développement économique et la stabilité dans une région marquée par la guerre du Vietnam, la peur de la propagation du communisme et de la Révolution culturelle. Elle regroupe aujourd’hui dix pays, suite à l’adhésion de Brunei en 1984, du Vietnam en 1995, de la Birmanie et du Laos en 1997 ainsi que du Cambodge en 1999. L’Inde voyait dans cette association un outil de la stratégie américaine de containment, chargée de contrer l’expansion du communisme et de la RPC, alors que New Delhi était plus favorable à Moscou tandis que la RPC, en pleine Révolution culturelle, s’en méfiait. De plus, Pékin n’entretenait de relations diplomatiques avec aucun d’entre

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Au sein des organisations

Au sein des organisations

La République populaire de Chine depuis 1978, comme l’Inde depuis la chute du mur, pratique une politique de rapprochement avec les organisations régionales créées pendant la Guerre froide. Elles ont toutes deux besoin d’un environnement régional stable et pacifique pour promouvoir leur développement et les rapports bilatéraux ont longtemps été la méthode privilégiée pour régler les questions économiques ou sécuritaires avec les pays de la région. Désormais, sans oublier les contacts bilatéraux, l’Inde et la Chine intègrent les organisations régionales, tremplin pour promouvoir leur diplomatie de pays émergents. Ces « îlots de paix au sein du système international » selon Joseph Nye se fixent des buts bien particuliers à atteindre, une intégration économique, comme l’ASEAN et la SAARC, la coopération dans certains domaines, comme l’OCS, ou une plateforme pour des revendications d’ordre mondiale, comme c’est le cas avec les BRICs, organisation que nous étudierons dans la troisième partie. L’ASEAN La

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Vers une démocratisation des relations internationales ?

Le MNA n’a pas complètement disparu, un sommet s’est tenu à Charm-el-cheikh en 2009, mais son idéologie prend une nouvelle forme et les multiples forums entre pays du Sud participent à une revitalisation des revendications en faveur de la multipolarité et du multilatéralisme, deux notions différentes. La première appelle à un monde composé de plusieurs pôles de puissance, comme au XIXe siècle, la seconde se préoccupant davantage d’équité internationale, prônant un pouvoir accru aux organisations comme l’ONU, seule à détenir une légitimité qui se réfère à un intérêt collectif international commun capable de faire entendre la voix de tous. Cette prolifération des forums s’inscrit également dans le cadre d’une dynamisation de la coopération politique et économique Sud-Sud et d’une diversification des partenaires économiques dans un contexte où les marchés traditionnels de ces pays émergents, notamment les États-Unis et l’Union européenne, sont affectés par la crise financière. Au-delà des différences qui

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L’internationalisme tiers-mondiste et la fin des deux blocs

Paradoxalement, la dissolution de l’URSS ne signifia pas la fin de l’idéologie du non- alignement et du tiers-mondisme. Tout d’abord, de nombreux pays restaient sous-développés et partageaient des caractéristiques communes comme un faible niveau de vie par habitant et une dépendance économique envers les pays industrialisés, ce qui donnait au Tiers-monde l’image d’un ensemble vague, mais présent. Après la croissance économique des NPI, ce fut au tour des pays émergents de prendre le même chemin, comme le Brésil, le Mexique, la Chine ou l’Inde. La théorie de Gerschenkron, late comers, pouvait expliquer ce phénomène. Un retard initial signifiait pour les pays une potentialité de modernisation accélérée dès lors qu’ils avaient accès à la frontière technique des pays leaders, l’apport des IDE et la diffusion du savoir grâce aux technologies de l’information participant à ce développement. La solidarité du Sud s’en trouvait affaiblie au niveau politique, mais elle pouvait encore s’exercer dans

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Le mouvement des non-alignés

Monde des anciens pays colonisés, de ce siècle pour l’Afrique et l’Asie et du siècle dernier pour l’Amérique latine, qualifiés de Tiers-monde par opposition aux pays industrialisés, ces pays manquaient d’unité et de cohérence pour se faire entendre. À l’initiative de l’Inde, et après les conférences de Bruxelles (1927) et New Delhi (1947), une nouvelle réunion des pays asiatiques fut organisée en 1949 à New Delhi à laquelle se joignent pour la première fois des pays africains, l’Égypte et l’Éthiopie. C’est la naissance d’un mouvement afro-asiatique, composant du Tiers-monde d’Alfred Sauvy, qui prendra corps à la conférence de Bandung de 1955 à l’initiative de l’Inde et de l’Indonésie ou la Chine populaire ne sera qu’invitée. Depuis la fondation de la RPC, Pékin avait considéré les pays en voie de développement comme des amis traditionnels et s’était présentée comme un pays du Tiers-monde, victime du colonialisme et de l’impérialisme comme les

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L'idée de Tiers-mondisme

L’idée de Tiers-mondisme

Cinquante ans après Bandung, le sommet Afrique-Asie qui s’est tenu à Jakarta en avril 2005 a été le signe symbolique d’un renouveau des relations entre ces deux régions. Entre-temps, l’Inde et la Chine tenteront de constituer un troisième bloc de pays s’opposant à la division du monde de l’après-guerre. Partageant une vision commune, les tensions sino-indiennes pèseront sur cet idéal avant qu’une vision moderne de cet internationalisme tiers-mondiste ne se forme sous l’égide des pays émergents au travers de revendications communes et de forums de rencontres. D’un idéalisme Nehruvien s’attachant au non-alignement, le développement économique de l’Asie ne sera pas non plus étranger à une stratification de ce que nous appelons aujourd’hui le « Sud ». Cette alliance de pays en voie de développement devra évoluer entre l’Ouest et l’Est tout en tentant de s’accorder sur des thèmes communs alors que la géographie, l’histoire et plus encore, leurs dirigeants devront

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Au Moyen-Orient

Au Moyen-Orient

Israël Ce pays fut le premier de la région à reconnaître la République populaire de Chine, dès janvier 1950, bien que l’initiative ne fût pas suivie par l’établissement de relations diplomatiques, il faudra attendre 1992 pour cela. Seule porte d’entrée au Moyen-Orient pour la RPC, les relations furent troublées dès le déclenchement de la guerre de Corée, Tel-Aviv s’alignant sur les positions américaines. En 1954, des négociations étaient entamées pour qu’une relation commerciale s’établisse, mais malgré le bon vouloir de Pékin, et sous les pressions américaines et soviétiques, elles n’aboutirent jamais. Les États-Unis ne voulant pas qu’Israël ait des liens trop étroits avec la RPC tandis que la politique arabe de l’Union soviétique contraignait Pékin à suivre les positions soviétiques. Aussi, la RPC dénoncera régulièrement « la politique d’agression de Tel-Aviv » dans la région. Le schisme sino- soviétique et la politique des « quatre modernisations » inversèrent la tendance

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En Amérique latine

En Amérique latine

Avant 1971, Pékin avait entretenu quelques rapports avec les mouvements révolutionnaires de la région ainsi que des relations diplomatiques, conflictuelles, avec Cuba, mais elle n’avait porté qu’un intérêt limité à l’Amérique latine. Le développement du conflit sino-soviétique et la volonté chinoise de contrecarrer systématiquement la politique soviétique au sein du mouvement communiste international avaient très tôt obligé le gouvernement chinois à se tourner vers l’Amérique latine. Mais ce fut la détente sino-américaine qui ouvrit à la Chine populaire les portes de l’Amérique latine et de ses États. En trois ans, entre 1971 et 1974, elle allait nouer des relations diplomatiques avec la plupart d’entre eux. Cette région comptait des pays importants, Brésil et Mexique en particulier, qui pouvaient constituer des partenaires économiques de poids et elle ne pouvait prétendre être une puissance mondiale sans être présente dans cette région aux portes des États-Unis alors que ceux-ci étaient présents en Extrême-Orient,

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