L’Organisation de Coopération de Shanghai

Dans le processus d’intégration asiatique, une organisation plus récente a vu le jour. Elle regroupe des États d’Asie centrale ainsi que la République populaire de Chine et la Russie. C’est le 26 avril 1996 que se réunissent, à l’invitation de la Chine les dirigeants du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Russie et du Tadjikistan pour former le « Groupe de Shanghai ». Le but premier était d’établir un cadre pour des discussions sur les questions territoriales et de frontières héritées de la dislocation de l’URSS. En 1997, des accords seront signés à la fois pour limiter la militarisation des espaces frontaliers et pour établir des consultations régulières afin de garantir un climat de confiance entre les membres, c’est donc au départ une organisation sécuritaire.

C’est l’alliance de pays ayant une longue tradition d’inimitié, mais qui se sentent concernés par des problèmes communs, en particulier la stabilité de la région en proie à des troubles comme la guerre civile au Tadjikistan, le terrorisme transfrontalier et qui ne souhaite pas laisser le champ libre aux États-Unis dans leur propre pré carré. Elle rentre dans le cadre de multiples consultations et constructions régionales qui s’établissent à la chute du mur et a vu le jour dans un contexte de tension entre les États-Unis et la Russie sur la question de l’élargissement de l’OTAN, mais également sur des tensions sino-américaines dans le détroit de Taïwan.

L’arrivée au pouvoir des Talibans à Kaboul en septembre 1996 renforcera les craintes des membres du groupe quant à la montée de l’extrémisme dans la région. La menace du terrorisme islamiste est une caractéristique commune à la Russie, avec le conflit en Tchétchénie, à la Chine concernée par le séparatisme ouïgour dans sa province du Xinjiang et pour les pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan qui a dû affronter le Mouvement Islamique de l’Ouzbékistan. C’est également le moyen de rappeler pour ses membres leur opposition à l’intervention au Kosovo ou à l’ingérence des pays occidentaux dans les Balkans ainsi qu’aux critiques sur le conflit tchétchène, mais aussi sur d’autres points comme l’exigence du respect des dispositions du traité ABM, ou de son opposition à toute intervention sans l’aval de l’ONU, position rappelée dans la déclaration de Douchanbé en 2000. En plus d’être une plateforme régionale de discussion, c’était le moyen de promouvoir les axes de politique extérieure des deux membres les plus importants, la RPC et la Russie.

Le simple forum des cinq sera transformé en véritable organisation en juin 2001, avec l’arrivée de l’Ouzbékistan. Le secrétariat général de l’OCS sera installé à Pékin et un autre chargé de la lutte antiterroriste à Tachkent. Les chefs d’État des pays membres se réuniront une fois par an et dans l’intervalle sont prévues d’autres réunions des ministres dans différents domaines, dont les Affaires étrangères, l’Économie ou la Culture. Avec l’arrivée de la Mongolie en juin 2004, en tant qu’observateur, et du Pakistan, de l’Inde et de l’Iran en 2005, on assiste à un renforcement de l’organisation. Cela permet à la fois à un Iran ostracisé en raison de son programme nucléaire de trouver un forum international pour se faire entendre, mais aussi de procéder à des tractations diplomatiques comme l’échange de statuts entre le Pakistan, qui participe à l’OCS avec l’appui de la Chine, et celle-ci, qui devient observatrice à la SAARC en janvier 2006. Le Sri Lanka et la Biélorussie deviendront « partenaires de dialogue » en 2009.

Les événements du 11 septembre auront d’importantes conséquences sur la région. Outre le fait qu’une organisation à but sécuritaire ne soit pas capable d’intervenir de manière coordonnée et rapide dans un pays qui leur est pourtant frontalier, l’arrivée à l’automne de forces américaines dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale provoquera des tensions dans l’organisation, Pékin y voyant un des éléments de la stratégie américaine d’encerclement de son territoire. L’Afghanistan demeurant instable malgré la présence des forces américaines dans la région, Moscou et les États d’Asie centrale se montrent moins sereins. C’est pourquoi l’OCS se rapprochera de l’Afghanistan en novembre 2005 avec la signature d’un protocole portant sur la création d’un groupe de contact OCS-Afghanistan afin de contribuer à la paix et à la stabilité de ce pays.

La Chine constitue le principal moteur de la réorientation économique de l’OCS et dès 2002, Pékin a proposé de faire de l’OCS une zone de libre-échange et a même proposé de nombreux prêts à ses partenaires d’Asie centrale pour atténuer le différentiel de développement. Elle est particulièrement proche du Kirghizistan à qui elle fournit de l’équipement et de l’assistance. Pour l’Inde, le statut d’observateur permet d’échapper aux obligations découlant du respect d’un traité, mais n’engage pas moins et marque un tournant dans la politique étrangère suivie depuis son indépendance. Elle voit dans l’OCS une autre structure pour se faire entendre sur la scène internationale ainsi qu’un nouveau cadre pour dialoguer avec la Chine. En tant qu’observateur, New Delhi et Islamabad pourraient trouver un cadre institutionnel leur permettant de négocier, mais l’OCS répugne à arbitrer le conflit du Cachemire.

En juin 2009, lors du sommet d’Iekaterinbourg, les six États de l’OCS ont exprimé leur intention de créer une monnaie de référence mondiale qui ne soit contrôlée par aucun État particulier. C’est une des étapes vers la diversification du système monétaire international. L’OCS a tout de même permis d’atténuer les tensions historiques entre la Russie et la RPC et d’établir un discours commun sur les menaces auxquelles les États de la région s’estiment soumis. Cependant, l’apparente entente entre États membres ne doit pas laisser dupe, la Russie et la Chine sont bien en concurrence pour la maîtrise des ressources énergétiques centre-asiatiques, là encore, l’Inde n’est pas absente de l’équation.

Données de 2012, mise à jour en cours.

Au sein des organisations

Au sein des organisations

La République populaire de Chine depuis 1978, comme l’Inde depuis la chute du mur, pratique une politique de rapprochement avec les organisations régionales

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L’ASEAN

L’Association des Nations du Sud-Est Asiatique s’est constituée en août 1967 en s’appuyant sur une précédente organisation, l’Association de l’Asie du Sud-Est. À

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La SAARC

Organisation de pays d’Asie du Sud créée à l’initiative du Bangladesh en décembre 1985 et dédiée à la coopération économique, culturelle et technologique,

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