Relations bilatérales

Siegfried et le Dragon, la situation sur la frontière sino-indienne

Le 21 septembre, une rencontre bilatérale près de Chushul avait débouché sur l’engagement des deux parties à ne plus envoyer de troupes à proximité de la frontière disputée. Il s’agissait avant toute chose de stabiliser la situation pour envisager un retour au statu quo qui prévalait avant le printemps. Néanmoins, le sentiment de la partie indienne est que les négociateurs chinois ne cessent de poser de nouvelles conditions dès que les précédentes sont, éventuellement, remplies. Et les évènements survenus de la nuit du 29 au 30 aout avec l’occupation par l’armée indienne des hauteurs de la rive sud du lac Pangong Tso sont un exemple concret des blocages rencontrés par les deux parties au sujet de la Line of Actual Control. Après l’installation de troupes de l’APL au nord du lac, l’occupation des hauteurs par l’armée indienne était une action préventive afin d’éviter que l’APL n’occupe également la rive sud,

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Inde et Chine en Europe

Les « nouvelles routes de la soie » s’effilochent en Europe de l’Est…

Relais de la Belt Road Initiative sur le territoire européen, le groupe de coopération 17+1 créé en 2012 et regroupant 17 pays de l’Est européens (dont 12 États membres de l’UE) n’a pu se réunir cette année en raison du coronavirus. Devant se dérouler à Pékin, cela aurait permis à la Chine de relancer une initiative qui peine à convaincre désormais, et ce, pour plusieurs raisons. En premier lieu, de nombreux projets d’investissements promis par la Chine sont retardés ou encore en discussion malgré les 10 milliards de dollars que Pékin prévoyait d’investir dans la construction d’autoroute, de ponts, de lignes de chemin de fer, etc… On y retrouve tous les travaux qui forment l’ossature de la Belt Road Initiative de par le monde. Par exemple, le projet phare du « 17+1 », l’autoroute entre Budapest et Belgrade n’est toujours pas commencé tandis que la Roumanie, qui comptait sur Pékin pour trois

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Inde et Chine au Moyen-Orient

L’Iran et les relations sino-indiennes

Deux articles du Southasiaanalysis, mis en parallèle et analysés, permettent de mettre en lumière la place de l’Iran et du Moyen-Orient dans les relations sino-indiennes. Tout d’abord, le partenariat entre l’Iran et la Chine ne résulte-t-il que des circonstances ? Entre un Iran isolé par les sanctions internationales et dont l’économie est en difficulté et une Chine qui, diplomatiquement, est soupçonnée d’avoir dissimulé l’impact du Covid et, surtout, sa propagation. Pour la Chine, un Iran affaiblit par les sanctions, mais aussi par la baisse du prix des hydrocarbures peut être un nouveau Sri Lanka ou Pakistan vu ses besoins en financement extérieur, et que seule la Chine peut à ce jour lui fournir. De plus, les deux pays étant en délicatesse diplomatique avec les États-Unis, l’accélération dans leur rapprochement semblerait cohérente. Le projet d’accord de partenariat dont certains éléments ont fuité début septembre prévoit que la Chine investisse 400 milliards de

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Inde et Chine en Amérique

Élection américaine, quels enjeux pour l’Inde si Joe Biden gagne ?

Sous l’ère de Georges W. Bush, Joe Biden dirigeait le Comité du Sénat sur les Affaires étrangères, il a ainsi joué un rôle important dans l’accord sur le nucléaire civil[1]Senate Approves India Nuclear Treaty, https://www.nytimes.com/2008/10/02/washington/02nuke.html  qui a permis à l’Inde de bénéficier de transfert de technologie nucléaire sans être membre du TNP. C’est aussi sous la supervision de Joe Biden que le Sénat américain a adopté le Naval Vessels Transfer Act[2]Naval Vessels Transfer Act of 2005, https://www.congress.gov/bill/109th-congress/senate-bill/1886 en décembre 2005, ce dernier permettant à un pays tiers d’acquérir des navires de l’US Navy. Dans le cas de l’Inde, ce fut le navire amphibie Trenton. Ainsi, avant d’être vice-président, Joe Biden avait déjà eu un rôle à jouer dans la relation entre les États-Unis et l’Inde. Depuis l’élection de Trump, les relations sont plutôt cordiales amenant même à une certaine confusion lorsque le gouvernement de Modi, cherchant à se rallier les

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Relations bilatérales

Tensions au Ladakh, le face-à-face s’inscrit dans la durée

Le lac Pangong Tso qui fut le témoin de manœuvres dans la nuit du 29 au 30 août a vu les tensions s’accroître sur ses rives. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, des tirs de sommation ont retenti, l’APL accuse l’Indian Army et inversement. Pour le Colonel Zhang Shulli de l’APL, ce sont les Indiens qui ont tiré en l’air à l’approche d’une patrouille chinoise qui venait parlementer alors que pour la partie indienne, ce sont les forces de l’APL qui, se rapprochant des positions du 30 août, ont tiré en l’air. Cependant, savoir qui est responsable des coups de feu ne compte pas autant que l’occupation par l’armée indienne de positions stratégiques afin de limiter, puis interdire, les incursions chinoises au-delà de « sa vision » de la Line of Actual Control. D’où les frictions de plus en plus fréquentes depuis le printemps. Tenir le sud du lac et

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Forces armées asiatiques

Indra Navy 2020, un message pour la Chine ?

Dans le contexte des tensions sino-indiennes, la diplomatie indienne s’active en Russie, profitant du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai pour discuter avec tous les membres. Une rencontre entre le ministre des affaires étrangères indien et le ministre chinois de la Défense y est même prévue. Parallèlement, un exercice naval bilatéral s’est déroulé le 4 et le 5 septembre au large des îles Andaman et Nicobar, point d’accès au détroit de Malacca. Mené par les marines indienne et russe, l’exercice Indra Navy a lieu depuis 2003, mais celui-ci se déroule dans un climat particulier. En plus des tensions au Ladakh, l’Inde a également mené un exercice avec l’US Navy en juillet. Elle navigue ainsi entre les États-Unis et la Russie, cette dernière alliée de circonstance avec Pékin. Cependant, les liens entre la Russie et l’Inde restent forts. Après les difficultés rencontrées dans les années 1990, l’esprit du traité de

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Inde et Chine au Moyen-Orient

L’Inde peut profiter des tensions au sein de l’Organisation de la coopération islamique

Récemment, le Pakistan, par la voix de son ministre des affaires étrangères, a vivement critiqué l’Arabie saoudite pour son incapacité à organiser une conférence de l’OCI pour aborder la situation au Cachemire, voir condamner la mesure prise par les autorités indiennes en août de 2019 d’abroger l’autonomie relative accordée à cet État. Pourtant en bons termes, la rupture entre les deux pays a débuté par l’invitation de l’Inde en mars 2019 en tant qu’invité d’honneur à une réunion de l’OCI. Voulue par l’Arabie saoudite et combattue par le Pakistan, cette invitation avait poussé le Pakistan à former un groupe parallèle avec la Turquie, la Malaisie et l’Iran. En réaction à cette démarche, l’Arabie saoudite a demandé à Islamabad de régler ses dettes et suspendu les négociations en cours sur la fourniture d’hydrocarbures. Combiné aux changements que connait le Moyen-Orient, aux déclarations pakistanaises affirmant que son alliance avec la Chine rendrait

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

IPOI et la Chine au menu d’une rencontre entre le Vietnam et l’Inde

Le partenariat bilatéral entre deux pays historiquement proches se renforce avec des discussions approfondies dans deux domaines particuliers, la défense et l’économie. Au sein de l’Indo-pacific Oceans initiative (IPOI) lancée par l’Inde en novembre 2019, la coopération va se renforcer dans un des sept piliers qui composent l’initiative : maritime security maritime ecology maritime resources capacity building and resource sharing disaster risk reduction and management science, technology, and academic cooperation trade connectivity and maritime transport Vu le contexte dans la région du Vietnam, la Chine était au menu des discussions, le Vietnam saluant l’attitude ferme de l’Inde face à ce qui est dénoncé comme une posture agressive de la part de la Chine quant à ses prétentions territoriales, mais aussi dans sa prospection de ressources naturelles. C’est une des raisons qui a poussé le Vietnam à autoriser l’Inde à mener des opérations de prospection dans ce qu’Hanoi définit comme sa zone

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Inde et Chine en Afrique

Belt Road Initiative, une Chinafrique 2.0 ?

La présence de la Chine en Afrique engendre de nombreux débats et elle n’est pas nouvelle. Cependant, ces quatre dernières années, avec la Belt Road Initiative, la dette africaine envers la Chine a doublé, passant de 70 milliards à 143 milliards de dollars. Les projets de la BRI sont présents dans 52 des 54 états africains, dont 49 avec qui la Chine a signé des accords de coopération. Cela n’empêche pas la chine d’investir dans les cinq pays restants comme c’est le cas en Érythrée dans les mines d’or ou au Bénin, la Chine y a remplacé une entreprise locale et une entreprise française dans la construction d’une voie de chemin de fer. Sur le continent africain, seul l’état de l’Eswatini repousse les propositions chinoises d’investissements, c’est aussi le dernier état africain qui reconnait Taiwan, refusant la « One China policy ». Selon l’étude de l’ORF, cinq tendances se dégagent sur la

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Inde et Chine en Asie du Sud

Dette chinoise ou indienne pour les Maldives ?

Aux Maldives, le changement de gouvernement en 2018 a initié un rééquilibrage des relations avec le voisin indien. Alors que le président Abdulla Yameen avait lancé un vaste programme de développement d’infrastructures, et contracté une importante dette avec la Chine, son successeur, Ibrahim Solih, s’est rapproché de Delhi afin d’obtenir des lignes de crédit ainsi qu’une aide d’urgence pour lutter contre le coronavirus. Pour l’Inde, il s’agit de ne pas laisser à Pékin une trop grande latitude pour s’implanter définitivement dans la région. Les Maldives et le Sri Lanka sont déjà fortement endettés auprès de la Chine, mais elles se trouvent aussi sur la principale voie commerciale est-ouest, les infrastructures portuaires financées par la Belt Road Initiative font donc partie intégrante de la Maritime Silk Road. L’intérêt de la Chine est donc évident, mais pour l’Inde ne fait pas que contrer la Chine, il s’agit aussi d’entretenir des relations de

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