Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et la baie du Bengale, entre BIMSTEC et Myanmar

Dans le contexte du coup d’État au Myanmar, quelle est la place de l’Inde dans le tissu multilatéral régional, en particulier au sein du BIMSTEC qui regroupe tous les pays de la baie du Bengale ainsi que le Bhutan et le Népal ? Le renforcement du partenariat entre l’Inde et le Japon peut-il aider Delhi à s’affirmer dans son voisinage ? La Bay of Bengal Initiative for MultiSectoral Technical and Economic Cooperation en 2021 Traditionnellement, l’Inde peut montrer quelques réticences à s’engager dans le multilatéralisme régional et lui préfère le bilatéralisme. Si l’échec de la SAARC peut être imputé aux tensions indopakistanaises, le BIMSTEC, créé en 1997, aurait pu servir la Look East Policy initiée par Narasimha Rao en 1991, mais c’est sous l’ère de Narendra Modi et son Act East Policy que ce groupement pourrait servir la politique étrangère indienne. Concentré autour de la baie du Bengale, le BIMSTEC peut lui

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Afghanistan et le Népal dans le jeu des puissances régionales

Tandis qu’une affaire d’espionnage sème le trouble sur la politique afghane de Pékin, le Népal doit également composer avec ses voisins. Kaboul, nid d’espions Le 10 décembre 2020, 10 ressortissants chinois ont été arrêtés à Kaboul par le service de renseignement afghan, le National Directorate of Security. Accusés d’espionnage, ils seront rapatriés en Chine le 4 janvier après 23 jours de détention et, semble-t-il, des excuses en privé de la part du gouvernement chinois. Dans l’intérêt des relations entre Pékin et Kaboul, peu de détails ont fuité, mais l’affaire fut assez importante pour que le Président afghan, Ashraf Ghani, charge son vice-président, un ancien du NDS, de superviser les investigations. Une fausse cellule, un véritable objectif Ce qu’il en ressort, c’est que les ressortissants chinois seraient membres du Ministry of State Security, qu’ils ont été appréhendés à Kart-e-Char (banlieue ouest de Kaboul) en possession d’armes et d’explosifs et qu’au moins

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Relations bilatérales

Malgré les négociations, les tensions persistent

Tandis qu’une nouvelle négociation, la neuvième depuis l’affrontement de Galwan, doit permettre une désescalade durable des tensions sur la frontière sino-indienne, plusieurs éléments peuvent tempérer l’optimisme. Bien qu’une majorité d’Indiens (57%) préfèrent que cette situation se règle par la négociation (alors qu’ils étaient 59% à envisager une guerre en aout 2020)[1]Mood of the Nation poll: Not war, Indians feel talks best way to end LAC dispute with China, … Continue reading, c’est l’ensemble de la frontière sino-indienne qui voit le contentieux se raviver. Il n’est plus seulement question du Ladakh, de la partie occupée du Cachemire et du Corridor économique Chine-Pakistan ou du projet de barrage chinois, des troubles auraient eu lieu au Sikkim tandis que la Chine aurait bâti des infrastructures en Arunachal Pradesh. Nouveau déploiement de troupes, espionnage et cartographie 3D de l’ensemble de la frontière par la Chine, cela sur fond de révélations américaines et de « communiqués » de

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Dans les organisations

L’Inde et l’Organisation de coopération de Shanghai, difficultés en vue

Quand l’Inde et le Pakistan sont devenus membres à part entière de l’organisation de coopération de Shanghai en 2017, certains pensaient que l’intégration des deux frères ennemis allait leur permettre d’entamer un dialogue durable et normaliser leur relation. Après tout, la création même de l’ancêtre de l’OCS, le Shanghai Five, avait pour but de régler les contentieux frontaliers en Asie centrale que la dislocation brutale de l’URSS avait fait apparaitre. Aujourd’hui, alors que le contentieux frontalier entre l’Inde et la Chine provoque de vives tensions, quel rôle pour l’OCS dans la politique étrangère indienne ? Le statut de l’Organisation de Coopération de Shanghai Créée en 2001 pour accueillir l’Ouzbékistan, l’OCS regroupe aujourd’hui huit membres, quatre états d’Asie centrale, la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan ainsi que des États avec le statut d’observateur (comme l’Afghanistan depuis 2012) et des partenaires de discussion. Entre 1996 et 2001, la plupart des contentieux

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Inde et Chine en Asie du Sud

Inde, Chine et Bangladesh : la question de l’eau

L’Inde et le Bangladesh Depuis les années 1970, la volonté indienne de domestiquer le Gange est source de tension dans les relations indo-bangladaises. Afin d’assurer l’approvisionnement du Bengale occidental et le fonctionnement du port de Calcutta, l’Inde a construit en 1975 le barrage de Farakka, situé seulement à 11 km de la frontière. Plus que de l’eau, ce barrage retient les sédiments, ces derniers pouvant jouer un rôle essentiel pour protéger les terres de la montée des eaux, au Bangladesh, mais également dans l’état indien du Bihar. Une étude parue en 2017 estime que la quantité de sédiments transportée par l’ensemble Gange-Brahmapoutre-Meghna est passée d’environ deux milliards de tonnes par an en 1997 à 500 millions de tonnes en 2015. Selon l’étude, l’accumulation de sédiments favorise les inondations en amont du barrage tandis qu’en aval, cela peut accroitre la vulnérabilité du trait de côte. L’accord conclu en 1996 entre l’Inde et

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Inde et Chine en Asie du Sud

Les frontières népalaises entre Inde et Chine

Fermées depuis le 24 mars après le déclenchement de l’épidémie de Covid-19, les frontières népalaises sont au centre des relations avec ses voisins. Avec l’Inde, une réouverture et le retour du libre passage sont d’une importance vitale pour les travailleurs népalais qui exercent en territoire indien, de six à huit millions de personnes, mais le Népal y reste opposé. Avec la Chine, la construction d’infrastructures en territoire népalais ravive le problème du tracé, en particulier autour d’une borne frontalière spécifique, la 57, érigée en 1962. Avec l’Inde, une frontière qui s’est militarisée La pandémie a mis à terre le principe de frontières ouvertes entre l’Inde et le Népal. Malgré des blocus pétroliers imposés par l’Inde, comme en 1989 ou 2015, ou lors d’élections, il n’est pas nécessaire de posséder un visa pour aller travailler en Inde, et vice-versa. Cependant, pour contrer la propagation du virus, les armées indienne et népalaise

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

ASEAN-Chine, la pandémie et le dépassement des contentieux

Rencontre ASEAN-Chine Le ministre chinois des Affaires étrangères a profité d’une rencontre avec les représentants des pays de l’ASEAN pour évoquer le renforcement de la coopération entre leurs pays et la Chine ces derniers mois. Mettant en avant la coopération dans la lutte contre la pandémie et la recherche d’un vaccin, Pékin rappelle son soutien au développement de l’ASEAN et au rôle central que l’association joue en Asie du Sud-est. En effet, les deux parties sont désormais les plus grands partenaires commerciaux, le développement de la Chine profitant ainsi aux deux parties. Par la promotion de la Belt Road Initiative et de la croissance économique chinoise, que l’adoption du 14ème plan quinquennal devrait renforcer, Pékin se place au centre de la reprise économique mondiale, sous-entendant ainsi à l’ASEAN qu’il est préférable de coopérer avec elle… Car le contentieux maritime reste présent dans les discussions, même s’il est abordé par une

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Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et le Myanmar, une main tendue teintée de realpolitik

Au début du mois d’octobre, un haut responsable du ministère des affaires étrangères indien, Harsh Vardhan Shringla, se rendit à Nay Pyi Taw afin d’inaugurer le bureau de liaison de l’ambassade indienne. Quelques semaines avant les élections générales, la délégation indienne rencontra la Conseillère spéciale de l’État, Aung San Suu Kyi, et le Commandant en chef de l’armée, le général Min Aung Hlaing. La politique birmane de l’Inde Depuis les années 1990, après avoir soutenu l’opposition démocratique, l’Inde a choisi une approche plus pragmatique en renouant le contact avec la junte militaire et en favorisant une démocratisation émanant de l’intérieur du pays. Cela lui permit de maintenir le dialogue avec les autorités birmanes quel que soit le vainqueur des élections comme en 2010 lorsque l’Union Solidarity and Development Party soutenu par les militaires remporta le scrutin ou en 2016 lorsque la National League for Democracy d‘Aung San Suu Kyi lui

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Espace et balistique

La coopération spatiale franco-indienne, l’autre facette du partenariat

En mars 2018, l’Inde et la France avaient conclu un accord afin de renforcer leur coopération dans le domaine de l’exploration spatiale[1]India-France Joint Vision for Space Cooperation : https://mea.gov.in/bilateral-documents.htm?dtl/29597/IndiaFrance+Joint+Vision+for+Space+Cooperation+New+Delhi+10+March+2018. À cette occasion, Delhi et Paris ont pu échanger et présenter leur vision commune de l’espace et de toutes les questions s’y rattachant, y compris sécuritaires. Début octobre, la France a confirmé sa participation à la mission indienne qui doit étudier Venus[2]ISRO to carry first-ever French payload abroad Venus mission scheduled for 2025 : https://www.businessinsider.in/science/space/news/isro-to-launch-venus-mission-in-2025/articleshow/78420140.cms. Cette planète avait déjà été mentionnée comme un possible domaine de coopération, mais ce n’est pas le seul. L’ISRO et le CNES prévoient de coopérer dans le développement de rovers pour l’exploration de la Lune, Mars et d’autres planètes ainsi que de technologies de modélisation informatique pour préparer ces missions. La coopération scientifique franco-indienne C’est la première fois que la France va intégrer des instruments scientifiques

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

La Quadrilateral Initiative à la croisée des chemins

Auparavant, réunis en marge de la grande messe de l’Assemblée générale des Nations unies, les pays affiliés au QUAD ont répondu, au niveau ministériel, à l’invitation du ministre japonais des Affaires étrangères. Ainsi, ils se sont pour la première fois retrouvés le 6 octobre pour un sommet uniquement dédié aux affaires du QUAD. Pour marquer la naissance d’une coopération qui doit s’établir dans le long terme, il était même envisagé que ce sommet soit institutionnalisé, il n’en sera rien… Malgré son impact sur les affaires mondiales, le Covid-19 a été relégué au second plan (même si Mike Pompeo en a profité pour dénoncer une opération de dissimulation menée par Pékin afin de cacher la propagation du virus[1]Pompeo slams China’s ‘corruption, coercion’ at Tokyo talks,https://www.intellasia.net/pompeo-slams-chinas-corruption-coercion-at-tokyo-talks-819163), le Secrétaire d’État américain Mike Pompeo préférant appeler à la mobilisation des démocraties contre « l’exploitation, la corruption et la coercition du Parti Communiste Chinois »[2]Mike

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