Tensions sino-indiennes

Sur la frontière sino-indienne, les pourparlers n’empêchent pas l’aggravation des tensions

Début septembre, et bien que les relations entre la Chine et la France d’une part et la Chine et l’Inde d’autre part soient différentes, un Think tank indien (Law and Society Alliance) avait, comme l’IRSEM, publié un rapport qui recensait les « opérations d’influences » chinoises en territoire indien, déclenchant la aussi l’ire de Pékin. Cependant, à la différence du cas français, et malgré des rencontres plus ou moins régulières, le contentieux frontalier sino-indien est toujours vivace et il tend à s’aggraver de nouveau ces dernières semaines. Cela, dans une certaine indifférence en occident alors que, pour Pékin, si le premier front d’un conflit se situe dans les mers de Chine (méridionale et orientale), le second front, c’est l’Himalaya. Outre Paris, peu de capitales européennes ont clairement condamné les mouvements de troupes de l’APL dans les territoires revendiqués par l’Inde. Pourtant, alors que l’UE cherche à définir sa stratégie pour l’Indopacifique, il n’est pas fait mention des tensions

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Entre Inde et Chine, quelles politiques étrangères pour le Népal et le Bhoutan ?

L’affrontement de Galwan en juin 2020 et les tensions récurrentes sur la frontière sino-indienne nous rappellent que l’Himalaya est, comme la mer de Chine méridionale ou Taiwan, une région où persiste des contentieux hérités de l’Histoire. C’est le cas du tracé de la ligne Mac-Mahon qui séparait l’Inde britannique et le Tibet, mais ce n’est pas le seul. S’il est important de maintenir la stabilité dans une région qui connecte l’Asie du Sud, l’Asie centrale, l’Asie du Nord-est et l’Asie du Sud-Est, la compétition entre l’Inde et la Chine a souvent pesé sur la politique des États himalayens, Népal et Bhoutan en premier lieu. Sur ce thème, l’IDSA publie une monographie de Nihar Nayak qui retrace les grandes orientations de la politique étrangère de ces deux États « tampons ». Leur proximité avec l’Inde et la Chine a eu une grande influence sur leur politique intérieure, leur laissant très peu d’options pour

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La politique étrangère et de sécurité commune

L’AUKUS n’est qu’une des perceptions de l’Indopacifique parmi d’autres

Une semaine après l’annonce de la création de l’AUKUS par les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, l’Inde a profité d’une rencontre du QUAD à Washington pour faire connaitre sa position sur la question et, malgré sa proximité avec ses partenaires du QUAD, clairement s’en démarquer. Une semaine auparavant, c’était également le discours sur l’Etat de l’Union et la présentation de la stratégie européenne pour l’Indopacifique, deux textes qui pourraient grandement contribuer à crédibiliser l’action extérieure de l’Union européenne. En effet, il existe plusieurs perceptions de l’Indopacifique, l’AUKUS n’est que l’une d’entre elles. L’UE et l’Inde ont-elles les moyens, et la volonté, de proposer une alternative pour l’Indopacifique ? La position indienne se démarque de l’AUKUS Pour sa première réponse officielle à l’émergence de l’alliance AUKUS, l’Inde a, par la voie de son secrétaire des affaires étrangères, pris garde de bien différencier le QUAD et l’AUKUS. Harsh Shringla, lors d’une rencontre

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En quête d’une communauté cyber idéale ? L’EUISS se penche sur la question

L’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne a publié un rapport plutôt complet sur le renforcement des capacités cyber (cyber capacity building, CCB) dans différents domaines, les tendances et différents scénarii qui peuvent découler de ces tendances. Ce qui est intéressant dans ce travail, c’est l’étude non seulement des capacités et de l’utilisation du cyberespace par les États dans le domaine de la défense, mais également dans celui d’autres secteurs comme la justice, le secteur privé ou les ONGs. L’étude s’intéresse aux projets développés dans le cadre du renforcement des capacités cyber, à la résilience que ces derniers apportent aux États, institutions ou organismes qui les mettent en œuvre, mais aussi aux campagnes de sensibilisation à destination du public et des décideurs sur la cybercriminalité. Quatre tendances sont mises en lumière et étudiées : 1 – Le nombre de projets dans le domaine du cyber est en constante augmentation, tout comme

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Carte de l'Océan indien
Inde et Chine en Asie du Sud

L’Inde et l’Océan indien, y renforcer son influence et contenir la Chine. 1 – Les Maldives

L’Inde cherche à recréer des liens plus étroits avec les pays de l’Océan indien, des liens qui ont pu être ébranlés ces dernières années, et pas seulement par le renforcement de la présence chinoise dans cette région. En effet, la relation entre Delhi, Malè et Colombo dépend également de la politique intérieure des Maldives ou du Sri Lanka. Afin de séduire à nouveau, l’Inde développe une stratégie qui repose sur deux axes, la coopération en matière de sécurité maritime et la construction d’infrastructures selon un modèle qui se veut différent des projets de la Belt Road Initiative. Mais qu’en est-il pour les Maldives ? Et quelles conséquences pour la politique indienne dans la région de l’Océan indien ? Entre l’Inde et les Maldives, une relation fluctuante Depuis l’élection d’Ibrahim Mohamed Solih, la relation entre les deux pays est plus apaisée. C’est à la fois une conséquence de la politique de bon voisinage

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La sureté et la sécurité nucléaire en Inde, les acteurs et les défis

Un rapport de l’ORF s’intéresse aux procédures et aux mécanismes chargés d’assurer la sureté et la sécurité nucléaire en Inde. Après être revenu brièvement sur la définition de ces deux termes et la prise de conscience au niveau international du risque nucléaire avec la tenue du premier Nuclear Security Summit en 2010, le rapport s’intéresse aux différentes mesures prises afin d’accroitre la sureté et diminuer les risques pesant sur la sécurité. Garantir la sureté nucléaire, c’est assurer le bon fonctionnement, la prévention des accidents et leur gestion tandis que prévenir toutes menaces contre des installations nucléaires et empêcher l’utilisation de matériel nucléaire par des criminels relèvent de la sécurité nucléaire. Alors que 443 réacteurs nucléaires sont en fonction dans le monde et que 52 sont en construction, principalement en Chine, Inde et Russie, l’Incident and Trafficking Database de l’International Atomic Energy Agency relève que pour la seule année 2019, 189

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La politique de sécurité et de défense commune

La PSDC en temps de Covid

L’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne a publié début septembre un rapport sur l’impact que peut avoir la pandémie sur les opérations de la PSDC, et plus particulièrement sur les retours d’expériences qui pourraient enrichir la conduite de celle-ci. En effet, alors qu’en l’espace de huit semaines (à partir de mars 2020) la moitié du personnel déployé dans les OPEX de la PSDC a dû être évacué, toutes les missions, civiles ou militaires, n’ont pas été affectées de la même manière. Et, malgré la tragédie, l’observation de la conduite d’une PSDC confrontée à une crise majeure devrait grandement améliorer sa coordination et son fonctionnement. La communication au début de la crise Sans surprise, il en ressort que la pandémie a eu un fort impact sur la transmission d’informations entre la Civilian Planning and Conduct Capability (CPCC), qui coordonne les missions civiles, le Military Planning and Conduct Capability (MPCC), qui

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Le Xinjiang et les relations de Pékin avec les pays musulmans

Le Think tank indien Oberver Research Fondation a publié un rapport questionnant l’impact que pourrait avoir la répression contre les Ouïghours sur les relations diplomatiques de Pékin avec les pays musulmans. Alliée du Pakistan, proche de la Turquie, mais également membre fondatrice de l’Organisation de Coopération de Shanghai, la Chine a décidé en 2014 de mettre au pas la minorité musulmane dans sa province du Xinjiang, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour lutter contre toute forme de séparatisme qui pourrait nuire à l’unité du pays, mais également, car cette province est au cœur des nouvelles routes de la soie et de la Belt Road Initiative. Trois des six principaux projets empruntent cette région pour rejoindre le Pakistan (China Pakistan Economic Corridor) ou l’Asie centrale, la Russie avec au bout du chemin, l’Europe. Si les pays occidentaux ont condamné les actions de Pékin, les États-Unis de Trump allant jusqu’à

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Dans les organisations

Le Conseil de Sécurité des Nations unies dans la politique étrangère indienne

Depuis le 1er janvier 2021, l’Inde siège en tant que membre non permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies (CSNU). Depuis son indépendance, c’est la huitième fois qu’elle occupe ce poste au sein d’une organisation avec qui les rapports n’ont pas toujours été constructifs. De la déconvenue en 1948 sur la question du cachemire à l’absence de réformes de l’institution alors que l’Inde est candidate à un siège permanent, retour sur l’expérience de l’Inde en tant que membre non permanent et comme Président du Conseil de sécurité comme c’est le cas pour le mois d’aout 2021. L’Inde au Conseil de sécurité  La dernière fois que l’Inde a été élue au CSNU pour un mandat de deux ans, c’était pour la période 2011-2012. Avant ce mandat, l’Inde a assuré la présidence du CNSU à neuf reprises, mais, tout comme en 2011-2012, elle occupera ce poste deux fois pour la période

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Un autre contentieux maritime en Asie, les iles Senkaku/Diaoyu

Même si elles n’ont d’iles que le nom (leur taille étant limitée) les tensions maritimes en mer de Chine méridionale ne doivent pas masquer celles autour des iles Senkaku (Japon), Diaoyu (République populaire de Chine) ou Diaoyutai (Taiwan). Situées en mer de Chine orientale, un seul des ilots, le plus grand, fut habité par des Japonais jusqu’à dans les années 1930, celui d’Uotsuri et elles ont changé de maitres au fil des traités du 19ème et du 20ème siècle. En particulier celui de Shimonoseki en avril 1895 qui força Pékin à céder l’ile de Formose au Japon suite à sa défaite dans la guerre sino-japonaise (1894-1895). Le fait que les ilots n’étaient pas mentionnés dans le traité, le Japon considérant que ce territoire lui appartenait déjà, sera à la base du contentieux qui sera ravivé par les revendications de Pékin et de Taipei en 1971. À la différence des Spratleys

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