Questions de sécurité régionale

Le QUAD et l’Indopacifique, une division du travail entre Inde/France et États-Unis ?

Du 4 au 7 avril 2021, dans le cadre de la mission « Jeanne d’Arc 2021 », la marine française a organisé et dirigé un exercice naval avec les marines indienne, américaine, australienne et japonaise, soit les membres du QUAD. Arrivés au port de Kochi fin mars, le PHA Tonnerre et la frégate Surcouf ont assuré la coordination pour l’exercice « La Pérouse » avec différents types de navire du QUAD, ainsi que des avions de patrouilles maritimes P-8I de la marine indienne. Plus qu’une nouvelle étape dans la coopération entre et la France et l’Inde, il se dessine un « QUAD Plus » dans lequel la France et d’autres nations européennes (comme le Royaume-Uni) démontrent leur intérêt pour la région Indopacifique, tout comme l’UE qui souhaite définir une stratégie commune sur ce thème. Aussi, quel est l’état de la coopération franco-indienne ? Quelle place revendique la nouvelle administration américaine dans la promotion

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Questions de sécurité régionale

L’ASEAN et ses partenaires en Asie, une « centralité » bancale

Du fait des tensions récurrentes entre les États-Unis et la Chine, le rôle que peut jouer l’ASEAN en Asie est étudié de près. En effet, l’association doit composer avec le renforcement du concept d’indopacifique défendue par Washington et ses alliés tandis que la Chine, partenaire commercial indispensable pour l’ASEAN, y voit une forme d’endiguement dirigée contre elle. Ayant profité du premier sommet de l’East Asia Summit en 2005 pour définir son rôle comme central en Asie, elle risque de se retrouver prise au piège de deux pôles de puissance bien distincts. La centralité de l’ASEAN, définition En fait, il y en a deux, celle revendiquée par l’ASEAN qui veut garder un rôle central dans l’évolution et la définition d’une architecture régionale en Asie du Sud-est, comme elle l’a rappelé dans son rapport, Asean Outlook on the Indo-Pacific. Et une autre, la centralité de l’ASEAN qui se situerait elle au cœur

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Inde et Chine en Asie du Sud-Est

Hong Kong et Macao, deux RAS aux parcours différents

Chaque année, l’Union européenne dresse, à travers deux rapports, le bilan du principe « Un pays, deux systèmes » et du respect de l’application des « Lois fondamentales » à Hong Kong et Macao, et ce, depuis leur rétrocession à la Chine, respectivement en 1997 et 1999. Si, malgré quelques craintes, l’accord de rétrocession est globalement respecté à Macao, ce n’est pas le cas à Hong Kong. L’entrée en vigueur le 30 juin 2020 de la Loi sur la sécurité nationale et la réforme récente du système électoral confirme la volonté de la part de Pékin de ne pas attendre 2047 pour effacer l’autonomie de Hong Kong. La rétrocession de Hong Kong et Macao, un peu d’histoire Pour les institutions européennes, et en particulier le Parlement européen, le respect des statuts de Hong Kong et Macao en tant que « Région Administrative Spéciale » devait être surveillé, d’où la volonté de publier régulièrement un rapport sur

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La politique de sécurité et de défense commune

Les relations entre l’UE et la Russie, la fin de l’Histoire ?

  Le déplacement de Josep Borrell à Moscou en février 2021 l’a une nouvelle fois rappelé, les relations entre l’Union européenne et la Russie restent tendues bien que certains États membres mènent leur propre agenda avec la Russie. Alors qu’un Conseil européen doit se tenir les 25 et 26 mars afin d’aborder, entre autres, les relations avec la Russie, ou en sont-ils ? Car l’enjeu pour l’UE et la Russie dépasse leur simple relation, il s’agit de ne pas être seulement considéré comme un « junior Partner » de leur allié dans le cadre des tensions sino-américaines, la Russie pour la Chine, l’UE pour les États-Unis. Mais baser une politique reposant sur la perspective d’un affaiblissement de la Russie, comme tend à le pratiquer parfois l’Occident et sa « strategic patience », n’est pas non plus une stratégie viable à moyen terme. La relation UE-Russie post guerre froide, un peu d’histoire La perspective

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Relations bilatérales

Le LaC qui cache la forêt

Il aura fallu attendre la neuvième rencontre, le 24 janvier, pour qu’un plan de désengagement soit défini, ceci afin de diminuer les tensions autour du Lac Pangong Tso et de mettre un terme à la plus grave confrontation sino-indienne depuis 50 ans. Néanmoins, le désengagement concerne principalement ce qui est désigné comme des « fingers » autour de la partie nord du lac, des saillies montagneuses proches de la Line of Actual Control. Une question de doigté Dans cette zone, l’Inde situe la LAC au niveau du finger 8 tandis que la Chine situe la sienne au niveau du finger 2. L’été dernier, la construction par l’APL d’une route reliant le finger 4 au finger 8 sera une des causes du déclenchement de l’affrontement en 2020, son achèvement aurait de facto déplacé la LAC au niveau du finger 4, empêchant toutes patrouilles indiennes au-delà de ce point. Afin de reprendre l’initiative, des

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Espace et balistique

En l’absence d’un droit spatial, un risque accru d’un « big bang orbital »

Si l’exploration de Mars est au cœur de l’actualité spatiale récente, la multiplication des missions scientifiques vers la planète rouge, ainsi que vers la lune, démontre le renouveau de l’intérêt pour l’espace extra-atmosphérique. Intérêt scientifique, voir économique, pour les corps célestes, mais également plus stratégiques pour l’espace extra-atmosphérique à proximité immédiate de la terre. L’espace est plus ou moins réglementé par des traités qui datent des années 1960 et 1970 tandis que les acteurs spatiaux rencontrent aujourd’hui des difficultés pour définir les bases d’un droit spatial, ce qui alimente une délicate compétition entre eux. Brève histoire de la régulation spatiale…. Malgré la volonté des Nations unies qui, par la résolution PAROS (Prevention of an Arms Race in Outer Space) votée en 1981, cherchaient à redéfinir les traités qui encadrent encore aujourd’hui la conduite des activités humaines dans l’espace extra-atmosphérique, ou celle de l’Union européenne et de son code de conduite

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Relations bilatérales

« It’s all about economy … » ?, le commerce dans les tensions sino-indiennes

Malgré l’affrontement sanglant de Galwan, la Chine est redevenue le principal partenaire commercial de l’Inde, devant les États-Unis qui occupaient cette place depuis 2018. L’état du commerce bilatéral sino-indien Pour l’année 2020, il s’est élevé à 77.7 milliards de dollars. Cependant, il faut mettre ces chiffres en perspective par rapport aux années précédentes. En 2019, le commerce bilatéral entre l’Inde et la Chine était de 92.7 milliards de dollars, en baisse par rapport à 2018, mais toujours marqué par un important déficit de la balance commerciale pour l’Inde avec près de 57 milliards de dollars d’importations en provenance de Chine pour l’année 2019. Dans une tribune du Think tank chinois, Shanghai Institutes for International Studies, il est mis en avant que, malgré le blocage des investissements chinois en territoire indien ou l’interdiction de plusieurs applications chinoises, la part de produits chinois dans certains secteurs ne cesse de croitre. À l’exemple

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Inde et Chine en Europe

Les relations entre l’Inde et la Russie, à l’ombre de Washington et de Pékin ?

  En décembre 2020, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, avait évoqué lors d’une conférence de presse, la politique étrangère indienne. Tout en rappelant le partenariat privilégié existant entre la Russie et l’Inde, il condamnait publiquement les prises de positions indiennes sur différentes questions, en particulier sur sa promotion de l’indopacifique. Pour Moscou, par sa participation au QUAD et son attachement aux stratégies indopacifiques, l’Inde ne serait qu’un pion aux mains des « pays occidentaux » et de leurs positions antichinoises, l’objectif pour les Américains étant de briser le partenariat indorusse. Ce qui serait un sérieux revers pour la Russie qui a pu compter sur la volonté d’indépendance, qui caractérise la politique étrangère indienne, pour en faire un pilier de sa diplomatie. Et malgré les difficultés des années 1990, l’esprit du traité d’amitié et de coopération signé en 1971 se retrouve dans la déclaration de partenariat stratégique en octobre 2020.

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États membres et Asie

Le Royaume-Uni et l’indopacifique, le retour à l’est de Suez

L’Observer Research Foundation publie un rapport sur la stratégie britannique dans la région indopacifique. En se basant sur les orientations de politique étrangère définies par Londres en mars 2020, le rapport de l’ORF présente les trois éléments qui ont poussé le Royaume-Uni à définir, lui aussi, une nouvelle stratégie pour l’indopacifique : la Chine, l’impact économique du Brexit et les liens entre Londres et Washington. Cependant, on peut également s’interroger sur les positions indienne et japonaise quant à la volonté affichée des Britanniques de revenir « au-delà de Suez ». Le FOIP, Free and Open Indo Pacific à l’européenne Bien que cette notion d’indopacifique reste à définir plus clairement, la référence à l’action de la Chine (non-respect de l’intégrité territoriale et posture économique qualifiée d’agressive) est le dénominateur commun sous-entendu de toutes les stratégiques définies jusque-là. Il est probable que, sous l’action des États membres, l’Union européenne présente elle aussi une telle stratégie.

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Dans les organisations

L’Inde et le multilatéralisme, vers une nouvelle approche ?

L’Inde dispose pendant deux ans d’un siège au Conseil de sécurité des Nations-Unies et elle assurera la présidence du G20 en 2023. Alors que le système de Bretton Woods fait peu de cas de l’évolution du monde et que Delhi est de plus en plus critique envers l’absence de représentativité du Conseil de sécurité, qu’elle cherche des solutions parallèles, où en est le rapport de l’Inde avec le multilatéralisme ? Une relation complexe La relation que l’Inde entretient avec l’idée du multilatéralisme fut marquée dès ses débuts par la déconvenue sur la question du cachemire. La première fois que l’Inde a fait appel à l’ONU, c’était en 1948 pour que l’organisation tranche sur la question de la souveraineté sur le Cachemire, ce qui a conduit à un statu quo inacceptable pour New Delhi. Bien qu’adhérant aux principes de l’ONU, elle ne pouvait accepter que le principe du Conseil de sécurité soit

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