Relations bilatérales

Siegfried et le Dragon, la situation sur la frontière sino-indienne

Le 21 septembre, une rencontre bilatérale près de Chushul avait débouché sur l’engagement des deux parties à ne plus envoyer de troupes à proximité de la frontière disputée. Il s’agissait avant toute chose de stabiliser la situation pour envisager un retour au statu quo qui prévalait avant le printemps. Néanmoins, le sentiment de la partie indienne est que les négociateurs chinois ne cessent de poser de nouvelles conditions dès que les précédentes sont, éventuellement, remplies. Et les évènements survenus de la nuit du 29 au 30 aout avec l’occupation par l’armée indienne des hauteurs de la rive sud du lac Pangong Tso sont un exemple concret des blocages rencontrés par les deux parties au sujet de la Line of Actual Control. Après l’installation de troupes de l’APL au nord du lac, l’occupation des hauteurs par l’armée indienne était une action préventive afin d’éviter que l’APL n’occupe également la rive sud,

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États membres et Asie

L’Indo-Pacifique, deuxième acte de l’Asienkonzept pour Berlin

Tandis qu’elle occupe la présidence du Conseil de l’Union européenne, l’Allemagne expose de nouveau une politique asiatique ambitieuse en épousant le concept d’Indo-Pacifique. Le 22 septembre 1993, le gouvernement fédéral allemand avait présenté son approche de la région asiatique et les bénéfices que le pays pourrait retirer d’un renforcement des relations entre l’Allemagne et la région asiatique. Avant tout, cette politique visait à l’accroissement du commerce bilatéral et des débouchés pour l’industrie allemande, mais aussi au renforcement de la coopération internationale et le développement d’une relation politique. Les grandes lignes de cet AsienKonzept se retrouveront dans l’esprit de la « Nouvelle stratégie asiatique » que le Conseil européen adoptera en juillet 1994, alors que l’Allemagne assurait, là encore, la Présidence du Conseil. Dans son document paru en septembre 2020, “Germany-Europe-Asia : Shaping the 21st century together – Policy guidelines for the Indo-Pacific”, le ministère fédéral liste les principes et intérêts que l’Allemagne doit

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Forces armées asiatiques

Vers une privatisation des Ordnance Factory indiennes ?

En février 2019, l’explosion d’une munition destinée à un canon antiaérien avait blessé 5 militaires, dont un, grièvement. Auparavant importées de Suède, ces munitions étaient désormais produites par l’industrie de défense indienne, mais ni la qualité, ni la sécurité, n’étaient pas encore optimales. Plutôt que remettre en question la chaine de production des OFs et le contrôle qualité, ce seront les militaires qui, accusés de mauvaise manipulation, seront désignés comme les responsables de l’accident. Le problème est que désormais, les servants des batteries antiaériennes se méfient de ces munitions et sont extrêmement prudents, donc plus lents, ce qui dans la défense antiaérienne est un sérieux désavantage. Dès le début des années 2000, plusieurs commissions avaient suggéré un changement dans l’organisation des OFs. Ainsi, en 2000, le rapport T.K.A Nair proposait la conversion de l’Ordnance Factory Board en Ordnance Factory Corporation Limited. En 2004, le Dr Vijay Kelkar pointait le fait

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États membres et Asie

L’émergence du minilatéralisme militaire, l’exemple de la France

      Afin de défendre ce qu’ils considèrent comme leurs intérêts stratégiques, et en prenant l’exemple du domaine économique, les États se réunissent également sous la forme de sommets avec peu de participants pour évoquer des questions spécifiques, c’est le cas de la France, de l’Inde et de l’Australie. En effet, le 9 septembre s’est tenu, par visioconférence, le premier sommet Australie-France-Inde entre des représentants des ministères des Affaires étrangères des trois pays. Il s’agit avant tout de renforcer leur coopération dans la région Indo-Pacifique et de mettre en place une consultation régulière sur certains sujets, en particulier dans le domaine maritime. À l’origine de ce sommet, l’initiative de trois Think tanks, la Carnegie India, le National Security College of the Australian National University et la Fondation pour la recherche stratégique qui, en mai 2018, ont mis en avant les convergences de vues de Paris, Delhi et Canberra dans

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Services de renseignement

La nébuleuse chinoise du renseignement

Dans le contexte des tensions sino-indiennes, l’ORF dresse un tableau succinct des activités que mène la République populaire de Chine dans le domaine du renseignement, et spécifiquement sur le territoire indien. Gonganbu et Guoanbu ne sont pas les seuls organes qui permettent à la RPC de surveiller son territoire, l’État central a mis en place au cours des dernières décennies une nébuleuse volontairement difficile à identifier et quantifier. Après les réformes du service extérieur menées par Xu Yongyue dans les années 1990 puis la multiplication des institutions chargées de collecter l’information (know how pour l’espionnage industriel dès 1984, l’Institut des relations internationales pour la formation des attachés militaires, etc..) et la montée en puissance du renseignement militaire des bureaux de l’APL, la Chine est devenue un acteur majeur dans l’espionnage. Ainsi, l’ORF évoque la théorie des « mille grains de sable », la collecte d’informations par des civils travaillant dans le monde : entrepreneurs,

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Relations bilatérales

Tensions au Ladakh, le face-à-face s’inscrit dans la durée

Le lac Pangong Tso qui fut le témoin de manœuvres dans la nuit du 29 au 30 août a vu les tensions s’accroître sur ses rives. Dans la nuit du 7 au 8 septembre, des tirs de sommation ont retenti, l’APL accuse l’Indian Army et inversement. Pour le Colonel Zhang Shulli de l’APL, ce sont les Indiens qui ont tiré en l’air à l’approche d’une patrouille chinoise qui venait parlementer alors que pour la partie indienne, ce sont les forces de l’APL qui, se rapprochant des positions du 30 août, ont tiré en l’air. Cependant, savoir qui est responsable des coups de feu ne compte pas autant que l’occupation par l’armée indienne de positions stratégiques afin de limiter, puis interdire, les incursions chinoises au-delà de « sa vision » de la Line of Actual Control. D’où les frictions de plus en plus fréquentes depuis le printemps. Tenir le sud du lac et

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Forces armées asiatiques

Indra Navy 2020, un message pour la Chine ?

Dans le contexte des tensions sino-indiennes, la diplomatie indienne s’active en Russie, profitant du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai pour discuter avec tous les membres. Une rencontre entre le ministre des affaires étrangères indien et le ministre chinois de la Défense y est même prévue. Parallèlement, un exercice naval bilatéral s’est déroulé le 4 et le 5 septembre au large des îles Andaman et Nicobar, point d’accès au détroit de Malacca. Mené par les marines indienne et russe, l’exercice Indra Navy a lieu depuis 2003, mais celui-ci se déroule dans un climat particulier. En plus des tensions au Ladakh, l’Inde a également mené un exercice avec l’US Navy en juillet. Elle navigue ainsi entre les États-Unis et la Russie, cette dernière alliée de circonstance avec Pékin. Cependant, les liens entre la Russie et l’Inde restent forts. Après les difficultés rencontrées dans les années 1990, l’esprit du traité de

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Services de renseignement

La valse autour de la Line of Actual Control se poursuit

Dans la nuit du 29 au 30 août, des troupes indiennes ont pris position sur la rive sud du lac Pangong Tso au Ladakh afin d’empêcher son occupation par l’APL. Selon l’armée indienne, il s’agit d’une action préventive pour éviter que les incidents du mois de mai se reproduisent. La zone reste disputée, la perception et l’interprétation du tracé de la LAC n’étant pas la même de part et d’autre, ce qui pousse les deux parties à tenter d’occuper les hauteurs, puis les berges. Ainsi, les campements provisoires se multiplient, avec parfois des face-à-face tendus. Cependant, dans ce cas, des éléments des Special Frontier Force ont participé à l’opération. Les SFF ne dépendent pas du commandement militaire, mais du Research & Analysis Wing (RAW), le service de renseignement extérieur indien. Malgré des pourparlers, dont la dernière session s’est tenu sur cette rive sud du lac Pangong Tso, le tracé de

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Forces armées asiatiques

Acquisition et diffusion de nouvelles technologies par le Pakistan, l’État-major indien inquiet

  Le Pakistan est soupçonné par l’armée indienne de faciliter la diffusion de technologie dite de « rupture » (Disruptive technologies) alors que l’axe Chine-Pakistan se renforce. Dans le même temps, le DRDO indien prévoit un plan de restructuration de ses 57 laboratoires de recherche afin d’améliorer la cohérence et éviter les redondances. Cette restructuration intervient dans une période ou l’Inde doit affronter de nombreux acteurs, étatiques ou non, et que des vulnérabilités qualifiées de stratégiques sont apparues. En prenant l’exemple de l’utilisation de drones pour attaquer des positions adverses, comme en Ukraine entre 2015 et 2017, ou d’autres drones qui seraient utilisés par les groupes au cachemire pour recevoir des armes, les exemples ne manquent pas. Mais cela peut également concerner l’utilisation des imprimantes 3D. Combinée à la décision du gouvernement Modi d’interdire l’importation de 101 systèmes d’armement et d’autoriser des FDI jusqu’à 74% dans les industries de défense, l’Inde relance

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Focus sur...

Focus sur …. L’espace extra-atmosphérique et l’Asie

Les programmes spatiaux en Asie Avec les programmes indien, chinois, japonais et la montée en puissance d’acteurs privés, l’Asie s’est elle aussi lancée dans la course à l’espace. Mais le principe même des activités spatiales implique que la région peut être affectée par des puissances lointaines. Après avoir été l’enjeu politique, technologie et scientifique, avoir profité des programmes balistiques, le rôle de l’espace a changé en quelques décennies. Avec la croissance de la population mondiale et le développement des nouvelles technologies, l’espace offre aux sociétés civiles et militaires des moyens de communication, de navigation satellitaire, d’exploration scientifique, mais aussi d’espionnage, de guidage balistique, etc.. L’espace est donc devenu un enjeu sécuritaire comme tout territoire terrestre, la surveillance spatiale (Space Situational Awareness, SSA et Space surveillance and tracking, SST), la surveillance du domaine maritime (Maritime Domain Awareness, MDA), le renseignement, la surveillance et la reconnaissance (Intelligence surveillance and reconnaissance, ISR) devant

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