Relations bilatérales

Le LaC qui cache la forêt

Il aura fallu attendre la neuvième rencontre, le 24 janvier, pour qu’un plan de désengagement soit défini, ceci afin de diminuer les tensions autour du Lac Pangong Tso et de mettre un terme à la plus grave confrontation sino-indienne depuis 50 ans. Néanmoins, le désengagement concerne principalement ce qui est désigné comme des « fingers » autour de la partie nord du lac, des saillies montagneuses proches de la Line of Actual Control. Une question de doigté Dans cette zone, l’Inde situe la LAC au niveau du finger 8 tandis que la Chine situe la sienne au niveau du finger 2. L’été dernier, la construction par l’APL d’une route reliant le finger 4 au finger 8 sera une des causes du déclenchement de l’affrontement en 2020, son achèvement aurait de facto déplacé la LAC au niveau du finger 4, empêchant toutes patrouilles indiennes au-delà de ce point. Afin de reprendre l’initiative, des

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Espace et balistique

En l’absence d’un droit spatial, un risque accru d’un « big bang orbital »

Si l’exploration de Mars est au cœur de l’actualité spatiale récente, la multiplication des missions scientifiques vers la planète rouge, ainsi que vers la lune, démontre le renouveau de l’intérêt pour l’espace extra-atmosphérique. Intérêt scientifique, voir économique, pour les corps célestes, mais également plus stratégiques pour l’espace extra-atmosphérique à proximité immédiate de la terre. L’espace est plus ou moins réglementé par des traités qui datent des années 1960 et 1970 tandis que les acteurs spatiaux rencontrent aujourd’hui des difficultés pour définir les bases d’un droit spatial, ce qui alimente une délicate compétition entre eux. Brève histoire de la régulation spatiale…. Malgré la volonté des Nations unies qui, par la résolution PAROS (Prevention of an Arms Race in Outer Space) votée en 1981, cherchaient à redéfinir les traités qui encadrent encore aujourd’hui la conduite des activités humaines dans l’espace extra-atmosphérique, ou celle de l’Union européenne et de son code de conduite

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Relations bilatérales

Malgré les négociations, les tensions persistent

Tandis qu’une nouvelle négociation, la neuvième depuis l’affrontement de Galwan, doit permettre une désescalade durable des tensions sur la frontière sino-indienne, plusieurs éléments peuvent tempérer l’optimisme. Bien qu’une majorité d’Indiens (57%) préfèrent que cette situation se règle par la négociation (alors qu’ils étaient 59% à envisager une guerre en aout 2020)[1]Mood of the Nation poll: Not war, Indians feel talks best way to end LAC dispute with China, … Continue reading, c’est l’ensemble de la frontière sino-indienne qui voit le contentieux se raviver. Il n’est plus seulement question du Ladakh, de la partie occupée du Cachemire et du Corridor économique Chine-Pakistan ou du projet de barrage chinois, des troubles auraient eu lieu au Sikkim tandis que la Chine aurait bâti des infrastructures en Arunachal Pradesh. Nouveau déploiement de troupes, espionnage et cartographie 3D de l’ensemble de la frontière par la Chine, cela sur fond de révélations américaines et de « communiqués » de

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États membres et Asie

L’Indopacifique, vecteur de rapprochement entre l’Inde et l’Europe ?

L’Indopacifique En novembre 2020, les Pays-Bas furent le troisième État membre à présenter un concept de stratégie pour la région Indopacifique, après la France en 2018 et l’Allemagne en septembre 2020(voir l’actualité). Au centre de ces stratégies, la relation avec l’Inde, la protection des routes commerciales et l’attitude à adopter face à la montée en puissance de la chine et de ses prétentions. D’autres états membres européens, comme l’Italie, ou un pays européen comme le Royaume-Uni sont en pleine réévaluation de leurs liens avec l’Inde, mais sans avoir à ce jour clairement accepté ce concept. Dans le cas du Royaume-Uni post-Brexit, le Premier ministre devait y effectuer son premier voyage officiel à l’occasion du Republic Day, l’aggravation de la pandémie ayant entrainé l’annulation de la visite. Cependant, un vaste accord commercial est en négociation. Avec l’Italie, les liens se resserrent entre Rome et Delhi, mais il ne faut pas perdre

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Questions de sécurité régionale

L’Inde renforce sa présence dans l’océan indien et au-delà…

Alors que le chef d’état-major de la marine indienne a déclaré qu’un troisième porte-avions était « absolument nécessaire » afin de protéger les cotes, l’Inde renforce sa coopération avec plusieurs pays, que ce soit par le renouveau du dialogue avec ses voisins et l’océan indien, mais aussi par des exercices militaires conjoints dans le cas du SITMEX. Le dialogue trilatéral Inde-Sri Lanka-Maldives En 2011, l’Inde et les Maldives ont débuté un dialogue sur le thème de la sécurité maritime afin de renforcer la coopération entre garde-côtes et lutter contre plusieurs menaces, dont le terrorisme, et différents trafics. Rejoints en 2012 par le Sri Lanka, ce dialogue fut reconduit en 2013 et 2014, mais il aura fallu attendre 2020 pour que la quatrième session ait lieu. Elle s’est tenue à Colombo la semaine passée avec la présence du Conseiller à la sécurité nationale indien, Ajit Doval et des ministres de la

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Inde et Chine en Asie du Sud

Inde, Chine et Bangladesh : la question de l’eau

L’Inde et le Bangladesh Depuis les années 1970, la volonté indienne de domestiquer le Gange est source de tension dans les relations indo-bangladaises. Afin d’assurer l’approvisionnement du Bengale occidental et le fonctionnement du port de Calcutta, l’Inde a construit en 1975 le barrage de Farakka, situé seulement à 11 km de la frontière. Plus que de l’eau, ce barrage retient les sédiments, ces derniers pouvant jouer un rôle essentiel pour protéger les terres de la montée des eaux, au Bangladesh, mais également dans l’état indien du Bihar. Une étude parue en 2017 estime que la quantité de sédiments transportée par l’ensemble Gange-Brahmapoutre-Meghna est passée d’environ deux milliards de tonnes par an en 1997 à 500 millions de tonnes en 2015. Selon l’étude, l’accumulation de sédiments favorise les inondations en amont du barrage tandis qu’en aval, cela peut accroitre la vulnérabilité du trait de côte. L’accord conclu en 1996 entre l’Inde et

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Questions de sécurité régionale

L’apport du cyber à la stratégie militaire chinoise

Le Think tank japonais National Institute for Defense Studies, affilié au ministère de la défense nippon sans qu’il exprime les positions officielles du gouvernement, publie le 11ème tome de son rapport annuel qui analyse le développement des capacités sécuritaires de la République populaire de Chine. Mettant en avant chaque année un thème particulier, le NDIS a choisi cette fois d’étudier en détail les capacités cyber de l’APL ainsi que celles qui concernent l’espace extra-atmosphérique. Divisé en quatre chapitres, chacun se concentre sur une question spécifique. Le premier chapitre s’intéresse à l’implémentation dans le domaine militaire des recherches scientifiques et technologiques menées par la RPC. Spécifiquement, ce sont les possibilités qu’offrent l’informatisation et le développement de l’intelligence artificielle dans la conduite de la guerre qui sont abordées dans ce chapitre. En lien avec le premier chapitre, le NDIS revient sur la création en 2015 du Strategic Support Force (SSF) qui a

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Tensions sino-indiennes

Les tensions sino-indiennes au Ladakh, l’arbre qui cache la forêt

Bien que la zone du Ladakh où se déroule actuellement les tensions sino-indiennes ne fasse pas partie du Jammu-et-Cachemire comme tend à le rappeler le gouvernement indien en avertissant Twitter, cet État n’est pas séparé seulement entre le Pakistan et l’Inde, la Chine en occupe également une partie. Depuis l’affrontement de juin, c’est bien la zone du Ladakh, le Ladakh Union Territory (LuT), qui est sur le devant de la scène. Malgré une nouvelle rencontre entre hauts gradés le 6 novembre, la huitième, la situation a peu évolué. La Chine ne reconnait toujours pas le LuT ni l’Arunachal Pradesh et elle demande à l’Inde de se retirer du mont Kailash ou elle avait préventivement pris position dans la nuit du 29 au 30 aout. Pékin accuse l’Inde d’avoir brisé le statu quo malgré le fait que ses propres troupes aient occupé peu de temps auparavant la rive nord du lac

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Questions de sécurité régionale

Si vis pacem…. La sécurité indienne pour la prochaine décennie

À l’occasion d’un webinaire qui s’est tenu début novembre, le ministre indien de la Défense, Shri Rajnat Singh, a précisé les orientations qui vont définir la sécurité nationale indienne pour les dix prochaines années. Et cela, sur fond de tension au Ladakh, la 8ème rencontre entre hauts gradés chinois et indiens du 8 novembre n’ayant débouché sur rien de concret, à part le maintien du statu quo et la programmation d’une prochaine réunion. Pour M. Singh, ce qu’il faut avant tout retenir des siècles passés et de la chute des civilisations, c’est qu’il ne suffit pas de désirer la paix pour l’obtenir, mais qu’il faut plutôt être assez fort pour dissuader un tiers de rechercher la guerre… Ainsi, pour M. Singh, dans un monde qui met en avant la sécurité, la défense de la souveraineté et des intérêts nationaux, il faut être conscient qu’il est difficile de bâtir un environnement

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Questions de sécurité régionale

Le Viêtnam, maillon fort de la coopération indo-japonaise ?

C’est une nouvelle fois au Viêtnam que le nouveau premier ministre japonais, Yoshihide Suga se rend pour son premier voyage à l’étranger. Marqué par quatre visites de Shinzo Abe pendant ses mandatures, le renforcement du partenariat entre le Viêtnam et le Japon est une des constantes de la politique étrangère nippone, et ce, depuis 1991. Les éléments de la coopération entre le Vietnam, le Japon et l’Inde  Coopération dans le domaine maritime, de la défense et dans le développement des infrastructures, le commerce bilatéral n’en est pas l’unique point d’orgue. Il s’agit également pour Hanoi et Tokyo de rappeler l’importance qu’ils attachent à la liberté de navigation et leur opposition aux revendications territoriales chinoises en mer de Chine (à la fois de Pékin et de Taipei, il ne faut pas l’oublier). La participation du Vietnam, et d’autres pays de l’ASEAN, au dialogue Quad est même envisagée, ce qui leur permettrait

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