En Asie du Sud

L’Himalaya, plus qu’une chaîne de montagnes

Le « toit du monde » occupe une place particulière dans les relations entre le sous-continent et le monde chinois. L’évolution récente du Népal, le rapprochement sino-bhoutanais et le Tibet sont autant de facteurs à prendre en compte pour évaluer l’impact de la région himalayenne sur l’environnement sécuritaire de la Chine et de l’Inde. De plus, ces dernières années, avec le développement des infrastructures de part et d’autre, l’Himalaya représente encore moins qu’en 1962 une barrière naturelle infranchissable. Priorité des autorités chinoises, la relance du commerce transfrontalier n’a pas atteint les objectifs fixés dans une zone où 3800 km de frontières sino-indiennes ne sont pas définis et seulement trois cols sont ouverts, aussi, 70 % du commerce sino-himalayen se fait avec le Népal. Le Bhoutan L’Inde et le Bhoutan signèrent leur premier traité d’amitié en 1865 et il fut le premier à reconnaître l’indépendance de l’Inde. Le traité fut révisé

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En Asie du Sud

La baie du Bengale

La baie du Bengale est d’un intérêt stratégique pour l’Inde. Elle y est présente avec les îles Andaman-et-Nicobar et entretient avec les pays de la région des relations en dent de scie. Pourtant, cette zone est une charnière entre l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-est et l’Inde avait tout à gagner en entretenant de bonnes relations avec son voisinage. Cependant, l’intervention au Pakistan oriental se retournera contre elle, son idéalisme politique perturbera ses relations avec la Birmanie et sa politique interventionniste au Sri Lanka aura des conséquences désastreuses. Traditionnellement un espace où les intérêts indiens étaient les mieux gardés, l’océan indien voit depuis les années 1970 l’incursion de la RPC, l’Inde réagissant dans les années 1990 avec la Look East Policy. Cependant, l’impact de la Belt Road Initiative tend à faire pencher la balance en faveur de la RPC dont l’influence aux Maldives et au Sri Lanka devient prépondérante.

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En Asie du Sud

L’AfPak, Pakistan et Afghanistan

Pakistan L’Inde et le Pakistan Les politiques extérieures menées par l’Inde ou le Pakistan se définissent souvent l’une en fonction de l’autre avec en toile de fond un antagonisme qui trouve son origine dans la formation des deux pays. Outre la partition et la zone marécageuse de « Sir Creek » à l’extrémité sud de la frontière, le problème du Cachemire dans le contentieux indo-pakistanais tient une place centrale. Il fut la source des deux premières guerres indo-pakistanaises de 1948 et 1965 ainsi que du conflit du Kargil à l’été 1999. Cette région, située à cheval sur la frontière, est importante pour l’Inde, car son abandon accentuerait la vulnérabilité des plaines du Pendjab, de l’Haryana et des voies de communication qui conduisent vers le Ladakh. Pour le Pakistan, en plus de la proportion importante de musulmans présente, le Cachemire est la source de l’Indus et de nombreuses rivières qui sont

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En Asie du Sud

En Asie du Sud

Le sous-continent et la baie du Bengale sont au cœur du système de sécurité indien tandis que l’Himalaya fait figure de frontière naturelle entre les mondes indiens et chinois. La décolonisation, la guerre froide et les troubles que connaîtra la région depuis l’indépendance de l’Inde et la constitution de la République populaire de Chine en feront le premier sous-ensemble ou les influences indienne et chinoise entreront en concurrence. L’Asie du Sud et sa périphérie sont à la fois une région marquée par des antagonismes persistants, mais aussi une aire géographique disposant d’un potentiel de développement impressionnant, postée sur des lignes maritimes parmi les plus fréquentées, non dénuée de ressources et une porte d’entrée vers d’autres régions en pleine expansion, l’Asie du Sud-Est et l’Asie orientale. Cependant, l’Inde et la Chine sont ici très attentives quant à leurs avancées respectives. L’Himalaya est à la fois une zone frontalière où ils cohabitent,

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Leurs politiques étrangères

… et de l’Union indienne

L’ambition de l’Inde, dès son indépendance, a été de sortir de son environnement immédiat, du panasiatisme au Mouvement des non-alignés, Nehru n’a eu de cesse de donner à son pays les spécificités d’une grande puissance porteuse d’un projet international universaliste. Cependant, le début de la guerre froide coïncide avec l’indépendance et seul le désintérêt initial et relatif des États-Unis ou de l’URSS à son égard lui offre une certaine marche de manœuvre. Dans le pays, le souvenir de la domination coloniale contribua à forger le désir d’une certaine autonomie nationale. C’est pourquoi l’Inde indépendante choisit de maintenir le plus de distance possible avec les deux blocs en formation, tous les partis politiques indiens se retrouvaient dans cette idée qui prendra l’appellation de « non-alignement ». C’est une conception différente du neutralisme, l’Inde n’adopte pas le statut de pays neutre et s’implique dans les questions internationales relevant de son intérêt ou

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Leurs politiques étrangères

Les grandes lignes de la politique étrangère de la RPC

En 1949, Mao Tsé-toung contrôle le cœur de l’ancien empire tandis que les provinces du Tibet, de Mongolie et du Xinjiang avaient profité de la guerre civile pour prendre leur distance avec l’autorité centrale. Or, comme Sun Yat-sen avant lui et Chiang Kai-shek qui affirmaient que « Le territoire de l’État chinois [était] délimité par les besoins de son existence et par les bornes de sa culture »[1]Joyaux François, Géopolitique de l’Extrême-Orient. Tome 1 – Espaces et politiques, Bruxelles, Éditions Complexe, 1991, p. 91., Mao Tsé-toung pensait que la restauration de la grandeur historique de la Chine exigeait la mise sous tutelle des territoires ayant été dominés auparavant par la dynastie Qing, il fallait alors restaurer le « système tributaire impérial ». Ce système était basé sur trois points essentiels : – La Chine se considère comme le « cœur central » de la région, – La Chine a besoin

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Leurs politiques étrangères

Des racines anciennes

Les deux pays ont tous les deux subi une occupation étrangère, de caractère semi colonial pour la Chine et colonial pour l’Inde. Après la répression de la révolte des Sepoys, le fossé s’accentuera entre Britanniques et Indiens, mais aussi entre hindous et musulmans avec la montée du nationalisme. L’Inde deviendra indépendante le 15 août 1947 dans les conditions dramatiques de la partition et des affrontements entre communautés. Quant à la Chine, après les « traités inégaux » qui ont permis, entre autres, la création d’enclaves occidentales sur le littoral chinois et l’annexion de territoires, la présence des « diables blancs » entraînera un profond sentiment xénophobe qui éclatera lors du soulèvement des Boxers contre les légations étrangères au début du XXe siècle. De plus, lors de la guerre russo-japonaise de 1905, elle a dû rester neutre dans le conflit qui avait pourtant comme enjeu l’une de ses provinces, la Mandchourie,

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Leurs politiques étrangères

Leurs politiques étrangères

Les politiques étrangères regroupent les décisions prises par les détenteurs du pouvoir exécutif concernant la conduite des relations extérieures, elles sont mises en œuvre au travers de ministères dédiés. L’Inde et la politique étrangère L’Inde dispose d’un ministère des Affaires étrangères, Minister of External Affairs[1]Minister of External Affairs, http://meaindia.nic.in/, dont le ministre de tutelle, Subrahmanyam Jaishankar, a pour mission de représenter l’Inde et son gouvernement dans la communauté internationale. On peut noter que dans l’histoire de l’Union indienne, le détenteur du pouvoir exécutif, le Premier ministre, a parfois occupé dans le même temps le poste de ministre des Affaires étrangères. Ce fut le cas par exemple pour Nehru (1947 à 1964), Indira Gandhi, Rajiv Gandhi, mais aussi pour I.K. Gujral et pour l’ancien premier ministre, Manmohan Singh qui occupa ce poste de novembre 2005 à octobre 2006[2]Jaffrelot Christophe (Dir.), New Delhi et le monde. Une puissance émergente entre realpolitik et

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Chindia

L’état des relations aujourd’hui

En octobre 2013, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, et son homologue chinois, Li Keqiang, signèrent à Pékin un accord de coopération concernant leurs frontières disputées. Le Border Defence Cooperation Agreement (BDCA)[1]Border Defence Cooperation Agreement between India and China, https://pib.gov.in/newsite/PrintRelease.aspx?relid=100178 avait pour objectif de faire baisser durablement la tension sur la Line of Actual Control (LoAC) définie en 1993. Sa signature faisait suite à l’incident de Daulat Beg Oldi et l’incursion de militaires chinois en territoire indien en avril-mai 2013. Accord en dix articles, outre la mise en place de mécanismes de coopération (articles 3, 4 et 5) c’est l’article deux qui pourrait contribuer à la pacification d’une région marquée par les trafics et la contrebande en raison de la porosité de la frontière nord-est. L’article 6 précise que les deux parties ne doivent pas organiser de patrouilles dans les zones où il n’y a pas d’accord clair sur le tracé

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Chindia

Ou compétition ?

Malgré des rencontres fréquentes, il reste des points controversés et des contentieux à régler entre les deux nations. Tout d’abord, le problème des frontières et des revendications territoriales. Il faut garder à l’esprit que très peu de commentaires sont faits sur les négociations en cours, la dernière rencontre des représentants politiques spéciaux sur ce sujet a eu lieu en novembre 2010, la quatorzième[1]Saalman Lora, Divergence, similarity and symmetry in sino-indian threat perceptions, 2011.. Cependant, depuis que ces rencontres ont été mises en place, nous avons déjà évoqué quelques déclarations qui avaient semé le trouble dans les relations sino-indiennes. Il n’y eut pas de rencontres de haut niveau en 2007, mais le Premier ministre indien se rendit à Pékin en janvier 2008 pour une courte visite de trois jours sans grands enjeux. Il insistera sur l’économie tandis que la chambre de commerce indienne s’inquiétait de plus en plus des secteurs du marché

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