Des racines anciennes

Les deux pays ont tous les deux subi une occupation étrangère, de caractère semi-colonial pour la Chine et colonial pour l’Inde. Après la répression de la révolte des Sepoys, le fossé s’accentuera entre Britanniques et Indiens, mais aussi entre hindous et musulmans avec la montée du nationalisme. L’Inde deviendra indépendante le 15 août 1947 dans les conditions dramatiques de la partition et des affrontements entre communautés. Quant à la Chine, après les « traités inégaux » qui ont permis, entre autres, la création d’enclaves occidentales sur le littoral chinois et l’annexion de territoires, la présence des « diables blancs » entraînera un profond sentiment xénophobe qui éclatera lors du soulèvement des Boxers contre les légations étrangères au début du XXe siècle. De plus, lors de la guerre russo-japonaise de 1905, elle a dû rester neutre dans le conflit qui avait pourtant comme enjeu l’une de ses provinces, la Mandchourie, d’où la dynastie était originaire. La proclamation de la République en 1911 par Sun Yat-sen renverse le système impérial et la dynastie Qing. Élu à deux reprises président de la République chinoise, en 1912 et en 1921, il échoue à stabiliser la Chine et meurt en 1925, laissant le pouvoir à son beau-frère, Chiang Kai-shek. Le PCC, constitué à Shanghai le 1er juillet 1921, organise dès 1922 la première manifestation du 1er mai en Chine. Au moment où meurt Sun Yat-sen, son parti se scinde en deux entre d’une part les radicaux et, d’autre part, les modérés conduits par Chiang Kai-shek. La rupture se produit après que ce dernier lance en 1926 l’expédition du Nord (Beifa) afin de réunifier la Chine, Mao Tsé-toung et ses partisans se réfugient dans les zones rurales avant de se lancer dans la « Longue marche » en 1934.

La guerre civile s’atténue quelque peu pendant l’invasion japonaise, mais le régime du Guomindang ne peut se défaire de la corruption face à un Parti communiste qui cultive l’image d’un pouvoir intègre dans les zones rurales qu’il contrôle. Après le départ des Japonais, les nationalistes, vaincus, doivent se retirer à Formose tandis que le 1er octobre 1949, Mao Tsé-toung proclame à Pékin la République populaire de Chine.

Aussi, les conditions d’accession à l’indépendance sont différentes pour les deux pays. Le Parti du Congrès a négocié avec les Britanniques tandis que dans le cas chinois, elle résulte d’une guerre civile. En matière d’héritage politique, la grande différence lors de l’arrivée au pouvoir de Mao Tsé-toung et de Nehru porte sur le degré de conscience démocratique. La tenue d’élections locales dans une Inde sous domination britannique avait permis un timide apprentissage de la démocratie alors que cette idée en Chine souffrait de la période autoritaire de Chiang Kai-shek pendant la « décennie de Nankin » (1927-1937). Cependant, le Parti du Congrès possédait l’expérience de l’exercice du pouvoir, car il dirigeait la majorité des provinces de l’Inde anglaise avant la Seconde Guerre mondiale, comme ce fut le cas pour le Parti communiste chinois qui s’exerçait depuis ses « bases rouges ». Les deux dirigeants disposaient d’un prestige important tandis que leurs oppositions internes étaient évacuées du territoire. Sur le plan démographique, la croissance posait le problème de la soudure alimentaire et sur le plan économique, ils étaient confrontés à un sous-développement qu’ils tenteront de résorber par des investissements massifs dans l’économie, en particulier dans l’industrie lourde, tout en tentant de préserver leur indépendance.

Données de 2012, mise à jour en cours.

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