… et de l’Union indienne

L’ambition de l’Inde, dès son indépendance, a été de sortir de son environnement immédiat, du panasiatisme au Mouvement des non-alignés, Nehru n’a eu de cesse de donner à son pays les spécificités d’une grande puissance porteuse d’un projet international universaliste. Cependant, le début de la guerre froide coïncide avec l’indépendance et seul le désintérêt initial et relatif des États-Unis ou de l’URSS à son égard lui offre une certaine marche de manœuvre. Dans le pays, le souvenir de la domination coloniale contribua à forger le désir d’une certaine autonomie nationale. C’est pourquoi l’Inde indépendante choisit de maintenir le plus de distance possible avec les deux blocs en formation, tous les partis politiques indiens se retrouvaient dans cette idée qui prendra l’appellation de « non-alignement ». C’est une conception différente du neutralisme, l’Inde n’adopte pas le statut de pays neutre et s’implique dans les questions internationales relevant de son intérêt ou

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Les grandes lignes de la politique étrangère de la RPC

En 1949, Mao Tsé-toung contrôle le cœur de l’ancien empire tandis que les provinces du Tibet, de Mongolie et du Xinjiang avaient profité de la guerre civile pour prendre leur distance avec l’autorité centrale. Or, comme Sun Yat-sen avant lui et Chiang Kai-shek qui affirmaient que « Le territoire de l’État chinois [était] délimité par les besoins de son existence et par les bornes de sa culture »[1]Joyaux François, Géopolitique de l’Extrême-Orient. Tome 1 – Espaces et politiques, Bruxelles, Éditions Complexe, 1991, p. 91., Mao Tsé-toung pensait que la restauration de la grandeur historique de la Chine exigeait la mise sous tutelle des territoires ayant été dominés auparavant par la dynastie Qing, il fallait alors restaurer le « système tributaire impérial ». Ce système était basé sur trois points essentiels : – La Chine se considère comme le « cœur central » de la région, – La Chine a besoin

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Des racines anciennes

Les deux pays ont tous les deux subi une occupation étrangère, de caractère semi-colonial pour la Chine et colonial pour l’Inde. Après la répression de la révolte des Sepoys, le fossé s’accentuera entre Britanniques et Indiens, mais aussi entre hindous et musulmans avec la montée du nationalisme. L’Inde deviendra indépendante le 15 août 1947 dans les conditions dramatiques de la partition et des affrontements entre communautés. Quant à la Chine, après les « traités inégaux » qui ont permis, entre autres, la création d’enclaves occidentales sur le littoral chinois et l’annexion de territoires, la présence des « diables blancs » entraînera un profond sentiment xénophobe qui éclatera lors du soulèvement des Boxers contre les légations étrangères au début du XXe siècle. De plus, lors de la guerre russo-japonaise de 1905, elle a dû rester neutre dans le conflit qui avait pourtant comme enjeu l’une de ses provinces, la Mandchourie, d’où

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Leurs politiques étrangères

Leurs politiques étrangères

Les politiques étrangères regroupent les décisions prises par les détenteurs du pouvoir exécutif concernant la conduite des relations extérieures, elles sont mises en œuvre au travers de ministères dédiés. L’Inde et la politique étrangère L’Inde dispose d’un ministère des Affaires étrangères, Minister of External Affairs[1]Minister of External Affairs, http://meaindia.nic.in/, dont le ministre de tutelle, Subrahmanyam Jaishankar, a pour mission de représenter l’Inde et son gouvernement dans la communauté internationale. On peut noter que dans l’histoire de l’Union indienne, le détenteur du pouvoir exécutif, le Premier ministre, a parfois occupé dans le même temps le poste de ministre des Affaires étrangères. Ce fut le cas par exemple pour Nehru (1947 à 1964), Indira Gandhi, Rajiv Gandhi, mais aussi pour I.K. Gujral et pour l’ancien premier ministre, Manmohan Singh qui occupa ce poste de novembre 2005 à octobre 2006[2]Jaffrelot Christophe (Dir.), New Delhi et le monde. Une puissance émergente entre realpolitik et

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