1971, quand les États-Unis pressaient la Chine d’agir contre l’Inde…

En effet, dans le climat particulier de la troisième guerre indo-pakistanaise et de la guerre froide, Washington n’était pas aussi bien disposé envers l’Inde et cela, pour des raisons assez simples, l’Inde avait signé en aout de la même année un « Traité de paix, d’amitié et de coopération » avec l’URSS tandis que Washington cherchait, par la « diplomatie du Ping-Pong », à se rapprocher de Pékin et profiter du schisme sino-soviétique. C’est après la mort de Staline que l’Inde se rapprochera d’une URSS en quête d’appuis extérieurs. La visite de Khrouchtchev à New Delhi en 1955 lança la voie d’une coopération indo-soviétique de grande ampleur. Le dirigeant soviétique visita le Cachemire indien, apportant son soutien à l’Inde sur cette épineuse question, tandis que New Delhi ne votait pas la résolution des Nations Unies demandant le départ des troupes soviétiques lors des événements de Hongrie. Quant aux relations sino-soviétiques, si elles ont connu

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L’EUISS, la définition du Strategic Compass et des capacités de l’UE

Dans le dernier rapport Chaillot, l’EUISS apporte sa contribution aux réflexions sur l’ébauche d’une « boussole stratégique » qui doit clarifier les orientations stratégiques de la PSDC. Le 15 novembre 2021, le Haut représentant avait présenté les grands axes de cette boussole devant les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des États membres. Le texte devrait être adopté en mars 2022, durant la présidence française de l’UE, soit six ans après un document similaire publié par Federica Mogherini en novembre 2016. En complément, outre les contributions de 11 spécialistes des questions liées à la PSDC, l’EUISS présente les résultats d’un sondage réalisé auprès d’une centaine de personnalités (membres de gouvernements, de Think tanks, etc.), illustrant les grands thèmes abordés dans le document. Ces derniers sont au nombre de quatre, formant le cœur de la PSDC, : la gestion de crises, la résilience, les capacités et les partenariats avec des tiers. Le

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Malgré l’approche de l’ASEM13, le dialogue reste peu visible

Le 25 et 26 novembre se tiendra le 13ème sommet de l’ASEM à Phnom Penh, au Cambodge. Déjà repoussé d’un an en espérant que la situation sanitaire permette un sommet en présentiel, il se déroulera finalement en visioconférence. Pour les 25 ans de l’existence du Dialogue Asie Europe, le thème central du sommet est le « renforcement du multilatéralisme pour une croissance partagée » avec comme thématiques abordées, le multilatéralisme, la croissance, le développement durable et la prospérité. Malgré son potentiel et la rencontre High-Level Policy Dialogue en juin 2021 à Hanoi (voir Les vecteurs de l’UE pour promouvoir sa stratégie pour l’Indopacifique), l’ASEM souffre toujours d’un manque de visibilité, le sommet qui a lieu dans moins d’une semaine est quasiment éclipsé par l’actualité internationale. Si le contexte a changé depuis sa création, les rencontres de l’ASEM et les différents forums qui accompagnent le processus, grâce au soutien indispensable de l’Asia Europe Fondation, permettent

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Le renforcement des capacités logistiques de l’APL, une menace pour l’Inde ?

Mise en lumière par son rôle dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 sur le sol chinois, la Joint Logistic Support Force doit avant tout servir de support logistique aux déploiements de l’APL, sur le territoire, mais aussi dans ses opérations extérieures, par exemple dans l’éventualité d’une intervention contre Taiwan. Un rapport de l’ORF, rédigé par Kartik Bommakanti, s’interroge sur le défi posé par la JLSF aux forces indiennes chargées de défendre les frontières. 1 – Les réformes de Xi Avant d’aborder le contenu du rapport, il faut rappeler les grandes lignes des réformes entreprises par le dirigeant chinois. L’affaire Bo Xilai avait démontré que certains s’opposaient à l’accession au pouvoir de Xi Jinping en 2012. Ce dernier ne l’a pas oublié et a décidé de reprendre en main fermement à la fois la direction du PCC, mais aussi la CMC. À partir de 2015, il a donc réformé

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Le Yearbook of European security, la boussole diplomatique et stratégique de l’UE ?

Le Yearbook of European security, la boussole diplomatique et stratégique de l’UE ? L’EUISS a mis en ligne la version 2021 de cette publication qui reprend les grand axes de l’action extérieure de l’Union européenne, que ce soit dans un cadre diplomatique ou en matière de sécurité et de défense. Sans surprise, le YES 2021 revient sur l’impact que la pandémie a eu sur la population mondiale, mais également sur le fonctionnement des institutions européennes et les citoyens européens, dont 600000 ont dû être rapatriés en urgence. Pour Josep Borrell, la pandémie a mis en lumière l’action extérieure de l’UE qui s’est mobilisée pour apporter une aide aux pays émergents alors que l’Europe était encore plongée dans la crise. (Pour l’impact sur les opérations de la PSDC, voir ici) L’autre aspect à retenir, c’est la multiplication des campagnes de désinformation, mais aussi l’impact que la pénurie de masques a eu

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Entre Inde et Chine, quelles politiques étrangères pour le Népal et le Bhoutan ?

L’affrontement de Galwan en juin 2020 et les tensions récurrentes sur la frontière sino-indienne nous rappellent que l’Himalaya est, comme la mer de Chine méridionale ou Taiwan, une région où persiste des contentieux hérités de l’Histoire. C’est le cas du tracé de la ligne Mac-Mahon qui séparait l’Inde britannique et le Tibet, mais ce n’est pas le seul. S’il est important de maintenir la stabilité dans une région qui connecte l’Asie du Sud, l’Asie centrale, l’Asie du Nord-est et l’Asie du Sud-Est, la compétition entre l’Inde et la Chine a souvent pesé sur la politique des États himalayens, Népal et Bhoutan en premier lieu. Sur ce thème, l’IDSA publie une monographie de Nihar Nayak qui retrace les grandes orientations de la politique étrangère de ces deux États « tampons ». Leur proximité avec l’Inde et la Chine a eu une grande influence sur leur politique intérieure, leur laissant très peu d’options pour

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En quête d’une communauté cyber idéale ? L’EUISS se penche sur la question

L’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne a publié un rapport plutôt complet sur le renforcement des capacités cyber (cyber capacity building, CCB) dans différents domaines, les tendances et différents scénarii qui peuvent découler de ces tendances. Ce qui est intéressant dans ce travail, c’est l’étude non seulement des capacités et de l’utilisation du cyberespace par les États dans le domaine de la défense, mais également dans celui d’autres secteurs comme la justice, le secteur privé ou les ONGs. L’étude s’intéresse aux projets développés dans le cadre du renforcement des capacités cyber, à la résilience que ces derniers apportent aux États, institutions ou organismes qui les mettent en œuvre, mais aussi aux campagnes de sensibilisation à destination du public et des décideurs sur la cybercriminalité. Quatre tendances sont mises en lumière et étudiées : 1 – Le nombre de projets dans le domaine du cyber est en constante augmentation, tout comme

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La sureté et la sécurité nucléaire en Inde, les acteurs et les défis

Un rapport de l’ORF s’intéresse aux procédures et aux mécanismes chargés d’assurer la sureté et la sécurité nucléaire en Inde. Après être revenu brièvement sur la définition de ces deux termes et la prise de conscience au niveau international du risque nucléaire avec la tenue du premier Nuclear Security Summit en 2010, le rapport s’intéresse aux différentes mesures prises afin d’accroitre la sureté et diminuer les risques pesant sur la sécurité. Garantir la sureté nucléaire, c’est assurer le bon fonctionnement, la prévention des accidents et leur gestion tandis que prévenir toutes menaces contre des installations nucléaires et empêcher l’utilisation de matériel nucléaire par des criminels relèvent de la sécurité nucléaire. Alors que 443 réacteurs nucléaires sont en fonction dans le monde et que 52 sont en construction, principalement en Chine, Inde et Russie, l’Incident and Trafficking Database de l’International Atomic Energy Agency relève que pour la seule année 2019, 189

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Le Xinjiang et les relations de Pékin avec les pays musulmans

Le Think tank indien Oberver Research Fondation a publié un rapport questionnant l’impact que pourrait avoir la répression contre les Ouïghours sur les relations diplomatiques de Pékin avec les pays musulmans. Alliée du Pakistan, proche de la Turquie, mais également membre fondatrice de l’Organisation de Coopération de Shanghai, la Chine a décidé en 2014 de mettre au pas la minorité musulmane dans sa province du Xinjiang, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, pour lutter contre toute forme de séparatisme qui pourrait nuire à l’unité du pays, mais également, car cette province est au cœur des nouvelles routes de la soie et de la Belt Road Initiative. Trois des six principaux projets empruntent cette région pour rejoindre le Pakistan (China Pakistan Economic Corridor) ou l’Asie centrale, la Russie avec au bout du chemin, l’Europe. Si les pays occidentaux ont condamné les actions de Pékin, les États-Unis de Trump allant jusqu’à

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Un autre contentieux maritime en Asie, les iles Senkaku/Diaoyu

Même si elles n’ont d’iles que le nom (leur taille étant limitée) les tensions maritimes en mer de Chine méridionale ne doivent pas masquer celles autour des iles Senkaku (Japon), Diaoyu (République populaire de Chine) ou Diaoyutai (Taiwan). Situées en mer de Chine orientale, un seul des ilots, le plus grand, fut habité par des Japonais jusqu’à dans les années 1930, celui d’Uotsuri et elles ont changé de maitres au fil des traités du 19ème et du 20ème siècle. En particulier celui de Shimonoseki en avril 1895 qui força Pékin à céder l’ile de Formose au Japon suite à sa défaite dans la guerre sino-japonaise (1894-1895). Le fait que les ilots n’étaient pas mentionnés dans le traité, le Japon considérant que ce territoire lui appartenait déjà, sera à la base du contentieux qui sera ravivé par les revendications de Pékin et de Taipei en 1971. À la différence des Spratleys

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