Les tensions sino-indiennes

La Forward Policy et la militarisation de la frontière

La mise en place de la Forward Policy Au début de 1961, Nehru nomma le général Kaul à la tête de l’état-major, mais il refusa d’accroître les dépenses militaires et de se préparer à la guerre. Les Indiens avaient déjà considérablement augmenté les patrouilles dans les régions disputées ce qui avait entraîné l’augmentation des incidents et la détérioration des relations bilatérales. Un large corridor vide séparait les avant-postes indiens des avant-postes chinois, mais les Chinois occupaient de plus en plus de cet espace vide aussi les forces indiennes reçurent l’ordre de faire ce même et d’aller toujours plus en avant, c’est la Forward Policy. Le but de cette politique était de créer des avant-postes derrière les positions chinoises pour perturber leur approvisionnement, les forcer à se replier et finalement les expulser des territoires contestés. Le fait que l’APL recula au début poussa les Indiens à accélérer le mouvement. En août

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Le dessous des cartes

Les influences étrangères En dehors des discussions sino-indiennes, d’autres facteurs interviennent durant cette période. Tout d’abord, les tensions deviennent de plus en plus fortes entre l’Union soviétique et la République populaire de Chine. Des différents frontaliers, hérités de l’expansion mandchoue qui s’opposait à l’expansion russe au 19ème siècle, persistent. Mais au milieu des années 1950, le Pakistan se rapproche des États-Unis et commence à recevoir de l’aide militaire américaine. Cela poussa Nehru à alléger sa politique de non-alignement et à chercher l’aide de l’URSS. Malgré le refroidissement des relations indo-soviétiques en 1956, consécutif aux événements de Hongrie, l’Inde continua de courtiser l’Union soviétique pour recevoir une aide militaire. Lors du conflit sino-indien en 1962, la Chine se heurtera à de l’équipement soviétique. Pendant la rencontre entre Mao Tsé-toung et Khrouchtchev à Pékin le 2 octobre 1959, Khrouchtchev l’aurait désigné comme le responsable des événements du Tibet. Au milieu de l’année

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Les premiers accrochages

L’insurrection tibétaine et la relation sino-indienne Après l’insurrection tibétaine de mars 1959 et l’arrivée du Dalaï-lama en Inde le 3 avril, l’APL se lance dans une guerre totale contre les rebelles. La priorité des Chinois était d’écraser la révolte, peu importe le Panchsheel, et d’être sûrs que Nehru comprenne qu’il était futile de partir en guerre contre la Chine pour une poignée de rebelles. De plus l’Inde n’était pas militairement capable d’arrêter la répression chinoise. La Chine a longtemps suspecté l’Inde d’aider les rebelles tibétains et la détérioration de la situation au Tibet n’a fait qu’empirer la situation des frontières. Dans le même temps, un nombre important de membres de la tribu Khamba étaient arrivés au Népal et en Inde ou ils se sont armés pour repartir au Tibet. La Chine décida de fermer la frontière pour éviter que les rebelles tibétains ne puissent s’équiper. Les Chinois continuaient de déclarer

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Le problème de frontière selon le droit

Le cas sino-indien Ce différend sino-indien rappelle celui qui a opposé le Cambodge et la Thaïlande à propos de l’affaire du temple de Preah Vihear[1]Temple situé à la frontière du Cambodge et de la Thaïlande qui a changé plusieurs fois de nationalité. Le 15 juin 1962, la cour internationale de justice a attribué le temple au Cambodge.. Cependant, il se distingue sensiblement des autres conflits frontaliers, car les contestations territoriales ne se limitent pas, comme à l’ordinaire, à une région déterminée, mais affectent pratiquement toute l’étendue des frontières. D’est en ouest, les limites entre les deux pays partent du col de Karakoram, au nord-ouest du Cachemire, rejoignent le Népal et les royaumes du Sikkim et du Bhoutan pour se terminer dans la zone orientale de la NEFA à la jonction de la Birmanie, de l’Inde et de la Chine. S’étalant ainsi sur plus de 4000 km, la frontière traverse les

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L’historique du tracé sino-indien

Secteur occidental de la frontière sino-indienne La fixation des frontières dans ce secteur concerne principalement les régions du Ladakh et de l’Aksaï Chin ou l’Inde affirme exercer sa compétence souveraine depuis longtemps. Jusqu’au 19ème siècle, les hautes terres désolées de l’Aksaï Chin étaient peu peuplées et rarement explorées, peu d’invasions ou de migrations étaient passées par les cols des montagnes de Karakoram. Traditionnellement, ces cols marquaient la frontière entre la Chine et le Tibet, mais aucune démarcation précise ne fut établie. La chronique des rois du Ladakh au 10ème siècle fait déjà état d’une frontière traditionnelle bien connue, de nombreux documents étayant cette prétention. L’Inde évoque notamment les cartes tirées d’oeuvres chinoises connues telles le Nei Fu Yu Tu (1760) ou le Hsin Chiang tu Chih (1911) indiquant clairement comme relevant de la compétence indienne la zone du plateau d’Aksaï Chin et les plaines de Lingzhi Tang. L’Inde souligne le

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Chronologie du Tibet entre Inde et Chine de 1950 à 1959

L’irruption du Tibet dans la relation sino-indienne Le retrait des Britanniques et l’émergence de nouveaux régimes en Inde et en Chine amenèrent un changement dans l’équilibre en Asie. La nouvelle République indienne ne fit guère attention aux problèmes frontaliers avec la Chine durant les deux premières années de son existence, car elle était occupée par le Pakistan et la question du Cachemire[1]En 1947, des troubles dans la population musulmane s’y manifestèrent et le maharajah requit l’aide de l’Inde. L’Inde envoya des troupes et le Pakistan fit de même, des combats … Continue reading. En 1950, l’attention de l’Inde se porta sur la Chine, deux événements importants allaient l’y pousser. Premièrement, le 7 octobre l’APL traversa la frontière sino-tibétaine et avança sur Chamdo, à environ 500 km à l’est de Lhassa, où les troupes tibétaines furent défaites. Le gouvernement indien protesta contre ce qu’il voyait comme une utilisation abusive et inutile de

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Le Tibet entre Inde et Chine

  Figure 3.1[1]Sénat français, http://www.senat.fr/ga/ga77/ga774.gif Le Tibet jusqu’en 1950, entre Britanniques, Chinois et Russes. Le Tibet tient une place importante dans le contentieux entre les deux géants asiatiques. Du fait de sa localisation stratégique, coincé entre la Chine et l’Inde, mais aussi proche de l’Afghanistan et de l’influence russe, cette région fut un des centres d’attention de l’Asie pendant plusieurs siècles. Il fut sous domination mongole pendant le règne de la dynastie Ming (1368-1644) et les liens entre les guerriers mongols et les chefs spirituels tibétains étaient alors très importants. C’est un des conquérants mongols, Altan Khan (1507-1582), qui donna le titre de Dalaï-lama aux chefs de l’école bouddhiste des Gelupka en 1578. Lors de la chute de la dynastie Ming et l’avènement de la dynastie Qing (1644-1911), d’origine mandchoue, de nombreuses tribus mongoles ne reconnaissaient pas l’autorité impériale et se révoltèrent, en particulier au Tibet en 1717. En 1720,

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Les tensions sino-indiennes

Les tensions sino-indiennes et l’affrontement de 1962

Les contacts entre les deux civilisations remontent à l’antiquité ou il y avait de nombreux échanges commerciaux entre le sous-continent indien et la Chine. Les marchands indiens et chinois voyageaient entre ces deux contrées et la Route de la Soie assurait au nord de l’Inde une certaine prospérité économique grâce à l’exportation d’épices et de pierres précieuses jusqu’en Syrie. Avant 1962, l’Inde et la Chine se sont rarement affrontées, la seule mention historique d’un conflit opposant Chinois et Indiens se trouve dans la campagne que menait le général Ban Chao en 91 apr. J.-C., de la dynastie Han, pour contrer l’invasion de territoires chinois par le royaume Kouchan qui dominait alors le nord du sous-continent, mais aussi les territoires actuels du Pakistan et de l’Afghanistan. Durant l’époque médiévale et l’Époque moderne, les problèmes de politique intérieure ont mobilisé l’énergie de leurs gouvernants, ensuite vint l’occupation de l’Inde par les Britanniques

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Industrie de défense

Le poids de l’industrie chinoise au niveau national et international

Depuis la fin des années 1970, de profondes modifications touchent ce secteur, la priorité n’étant plus donnée aux applications militaires, mais aux applications civiles. Quasiment inexistantes jusqu’en 1978, ces dernières représentaient vingt ans plus tard environ 75 % de la production du complexe militaro-industriel. Au début des années 1980, la Chine a connu une croissance soutenue de sa production de biens de consommation courante et beaucoup d’entreprises militaires se lancèrent dans la fabrication de motocyclettes, de machines à laver, de pièces détachées ou de réfrigérateurs. Peu familières aux lois du marché, cela s’est traduit par une surproduction de biens de qualité variable. Les jungong qiye Concernant l’industrie nucléaire, la part des produits à usage civil est passée de 4,9% de la production en 1980 à plus de 80% en 1998. La Chine connaît une forte croissance dans la construction de centrale, en grande partie grâce à la conversion de l’industrie

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Char APL
Industrie de défense

Les réformes du secteur chinois

La diversification L’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978 après la disparition de Mao Tsé-toung deux ans plus tôt est marquée par le début des réformes économiques et de l’économie socialiste de marché. Les sites militaro-industriels étaient encouragés à explorer les possibilités de produire dans leurs usines des biens à destination du secteur civil. Dès lors, l’armée et l’industrie de défense ont développé leurs activités économiques « civiles », disposant de terrains, de main-d’œuvre et de privilèges. De cette volonté naquit une dualité dans le secteur des industries de défense, d’un côté les entreprises publiques dirigées par des civils et subordonnées au gouvernement et de l’autre les entreprises détenues et dirigées par les militaires subordonnées à la Commission militaire centrale. Aujourd’hui, ce secteur est en pleine réforme, mais cette dualité est encore présente, entre les jungong qiye et les entreprises issues des rangs de l’APL. Cette conversion s’est donc

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