Le rôle de l’UE au G5 Sahel

Deux études du Parlement européen dressent un tableau de la participation de l’UE dans la région du Sahel. Marquée une instabilité aggravée par le coup d’État au Mali en aout 2020, les pays du G5 doivent faire face à de nombreux défis et pas uniquement sécuritaires. La croissance de la population, la pauvreté et le changement climatique assombrissent les perspectives de développement pour des États dont le pouvoir central reste faible, avec une armée peu équipée et des frontières poreuses.

Après la création du G5 Sahel en 2014 et son aspect sécuritaire en 2017 afin de lutter contre le terrorisme, l’Union européenne s’était rapprochée du G5 en apportant une aide au développement ainsi qu’en déployant trois missions de la PSDC pour entrainer et conseiller les armées nationales.

Aux trois missions de l’UE s’ajoutent la mission des Nations unies (MINUSMA) présente au Mali depuis 2013, la mission française Barkhane qui a pris la relève de Serval en aout 2014 et, depuis mars 2020, 11 pays européens ont lancé la Takuba Task Force pour épauler la France dans sa lutte antiterroriste sur la frontière entre le Mali et le Niger.

Les opérations européennes ou onusiennes doivent assister une force G5-Sahel (FC-G5S) qui peine à prendre la relève des opérations en raison de problèmes d’entrainements, de financement, de relations avec la population locale et la délicate définition des groupes terroristes, qui l’est ? Qui ne l’est pas ?

Afin d’améliorer son efficacité, l’UE a renforcé la coordination entre ces trois missions en créant en février 2019 la Regional Advisory Coordination Cell, basée à Nouakchott en Mauritanie. La RACC doit faire le lien entre le G5, la mission de l’UE au Mali (EUTM Mali), l’EUCAP Sahel Niger et l’EUCAP Sahel Mali.

Ainsi, l’UE s’implique au Sahel, mais essentiellement dans des missions d’entrainement de forces armées tout en refusant de leur fournir de l’équipement léthal. Malgré sa volonté d’agir, elle se retrouve ainsi face à une Russie qui, elle, n’hésite pas à vendre tout type d’équipements militaires afin de reprendre pied dans la région. La présence de l’UE au Sahel est assez symptomatique de son action dans le domaine de la sécurité, une vision plutôt claire, mais des missions aux ambitions limitées du fait des divergences au sein des États membres, un constat qui ne renforce pas l’image de l’UE dans le monde.

Plus de détails sur (en anglais):

The G5 Sahel and the European Union: The challenges of security cooperation with a regional grouping

et sur la stratégie européenne au Sahel (en anglais):

Understanding the EU Strategy for the Sahel

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