Le poids de cette industrie au niveau national et international

Depuis la fin des années 1970, de profondes modifications touchent ce secteur, la priorité n’étant plus donnée aux applications militaires mais aux applications civiles. Quasiment inexistantes jusqu’en 1978, ces dernières représentaient vingt ans plus tard environ 75 % de la production du complexe militaro-industriel. Au début des années 1980 la Chine a connu une croissance soutenue de sa production de biens de consommation courante et beaucoup d’entreprises militaires se lancèrent dans la fabrication de motocyclettes, de machines à laver, de pièces détachées ou de réfrigérateurs. Peu familières aux lois du marché, cela s’est traduit par une surproduction de biens de qualité variable. Les jungong qiye Concernant l’industrie nucléaire, la part des produits à usage civil est passée de 4,9 % de la production en 1980 à plus de 80 % en 1998. La Chine connaît une forte croissance dans la construction de centrale, en grande partie grâce à la conversion

Lire la suite »

Les réformes du secteur

La diversification L’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978 après la disparition de Mao Tsé-toung deux ans plus tôt est marquée par le début des réformes économiques et de l’économie socialiste de marché. Les sites militaro-industriels étaient encouragés à explorer les possibilités de produire dans leurs usines des biens à destination du secteur civil. Dès lors, l’armée et l’industrie de défense ont développé leurs activités économiques « civiles », disposant de terrains, de main-d’oeuvre et de privilèges. De cette volonté naquit une dualité dans le secteur des industries de défense, d’un côté les entreprises publiques dirigées par des civils et subordonnées au gouvernement et de l’autre les entreprises détenues et dirigées par les militaires subordonnées à la Commission militaire centrale. Aujourd’hui, ce secteur est en pleine réforme mais cette dualité est encore présente, entre les jungong qiye et les entreprises issues des rangs de l’APL. Cette conversion s’est donc

Lire la suite »

Les origines et la structure

Les racines Après la victoire des communistes de Mao Tsé-toung sur les nationalistes de Chang Kaïchek en octobre 1949, le nouveau régime a considéré comme prioritaire la constitution d’une industrie de défense. Bâtie sur le modèle soviétique et très centralisée depuis le premier plan quinquennal, ce système jouait un rôle important en concentrant toutes les capacités de production d’une économie encore faible sur un objectif, le développement d’une industrie de défense, de ses capacités de recherche et de sa production. Les entreprises de défense détenues par l’État employaient de nombreux scientifiques et techniciens qualifiés, des équipements de haute technologie et des usines bien équipées. Mais en temps de paix, sans quotas de production, la productivité était faible et les besoins même minimums n’étaient pas couverts. Comme en URSS, la production de munitions était satisfaisante mais l’industrie civile était sacrifiée. La Chine a consacré ses efforts à développer la bombe A,

Lire la suite »

Le poids du complexe militaro-industriel dans la société

Diversification de la production L’idée reçue est que l’industrie de défense indienne n’est pas impliquée dans la production civile. De même, la conversion ou la diversification de l’industrie militaire dans une production civile a longtemps été perçue comme inutile dans des pays comme l’Inde ou le secteur des industries de défense est très fermé. Pendant la Guerre froide, la petite conversion tentée dans les pays occidentaux a rencontré de nombreux problèmes. Cela pouvait aller de problèmes techniques à détourner les usines militaires pour des productions civiles aux nombreux changements dans l’environnement politique et sécuritaire durant les années 1960 et 1970. Pour autant, il était assumé que le surplus de la capacité de production militaire pouvait rapidement et avec succès être converti pour satisfaire des besoins civils une fois le désarmement engagé. La seconde phase de conversion, démarrée par les principaux producteurs d’armements occidentaux, commença pendant et après la Guerre froide. On

Lire la suite »

L’échec d’une self-reliance et ses conséquences

L’échec d’une self-reliance Malgré les possibilités offertes par son industrie de défense, l’Inde a compris au début des années 2000 qu’une réforme était nécessaire pour passer de la production de munitions, de petits équipements et de systèmes d’armes sous licence à la capacité de concevoir et produire localement des systèmes d’armes sophistiquées, particulièrement à l’époque ou les pays occidentaux produisent de plus en plus d’armes à la pointe de la technologie. Les DPSUs représentent à elles seules 65 % de la production du secteur, et elles sont incapables de répondre aux besoins des forces armées indiennes qui doivent importer une grande partie de leur équipement. En 2007, l’Inde était le 11ème importateur mondial d’équipements militaires mais seulement le 41ème exportateur. Cela soulève de nombreuses questions quand à la capacité du secteur public de la défense de remplir ses obligations envers les trois armes. Au début de la décennie, le gouvernement

Lire la suite »

La structure

La direction et la recherche La planification des projets de défense et l’application des directives gouvernementales reviennent au ministère de la défense. Il est dirigé par le secrétaire d’état à la défense qui coordonne les activités des autres départements et les services des trois forces armées. Ce ministère est composé de quatre branches : – Le Département de la défense (Department of Defence, DoD)[1]https://mod.gov.in/dod/, – Le Département de production de la défense (Department of Defence Production,DDP)[2]https://ddpmod.gov.in/, – Le Département de recherche-développement de la défense (Defence Research & Development Organisation, DRDO)[3]https://drdo.gov.in/, – Le Département en charge des retraites (Department of Ex-Servicemen Welfare & Finance Division)[4]http://desw.gov.in/. Le DoD est responsable du budget de la défense, de l’élaboration des doctrines, des relations avec le parlement sur les questions relatives au secteur et de la coopération avec les pays étrangers. Quand au Département de production de la défense (DDP), il a été créé à

Lire la suite »

Les origines et son organisation

Cette industrie de défense s’est développée sur le sol indien durant la seconde guerre mondiale. Auparavant, les Britanniques étaient réticents à implanter des usines de production d’armements modernes dans le sous-continent mais le besoin de soutenir l’effort de guerre en Asie et au Moyen-Orient leur imposa la création d’une véritable industrie de défense qui ne se limitait plus seulement à la production de munitions. À la fin de la seconde guerre mondiale, cette industrie possédait 16 usines de production d’équipements (Ordnance Factories, OFs) ainsi qu’une usine aéronautique. Pendant les premières années de l’indépendance aucune nouvelle usine ne fut construite, mais à partir de 1958 les OFs furent agrandies et le rythme s’accéléra après le conflit contre la Chine à la fin de l’année 1962. La voie indienne pour le développement de son industrie de défense est proche de la voie qu’elle employait pour développer économiquement le pays. Une proportion significative

Lire la suite »
Industrie de défense

Industrie de défense

Propre à chaque Etat qui en définit le cadre légal et son rôle, l’industrie de défense, par son insertion dans la globalisation économique, tend aujourd’hui à s’en détacher. Cependant, elle a pu avoir un rôle important dans la structuration de l’économie nationale, particulièrement dans les États où l’armée est prépondérante, l’exemple de PLA Inc. étant le plus manifeste. L’industrie de défense indienne Les origines et son organisation La structure L’échec d’une self-reliance et ses conséquences Le poids du complexe militaro-industriel dans la société L’industrie de défense chinoise Les origines et la structure Les réformes du secteur Le poids de cette industrie au niveau national et international

Lire la suite »

Le cas de l’Inde

Pour l’Inde, les conflits qui peuvent affecter sa sécurité et sa stabilité sont des conflits limités et des guerres de frontières contre ses adversaires traditionnels. Les causes sont multiples, disputes territoriales suite à des frontières non établies, des violences sectaires ou le fondamentalisme religieux par exemple. Des doctrines indiennes existent dans le cas d’une guerre conventionnelle, voir nucléaire, mais elles doivent être reformulées pour intégrer les dernières technologies de combat digitalisé et acquérir la flexibilité nécessaire pour accomplir d’autres missions. De plus, l’Inde fait face à de nombreux défis internes qui résident dans des lourdeurs administratives et des problèmes de corruption. Il y a une volonté indienne de procéder à une RMA mais il manque pour l’instant les réformes structurelles nécessaires et les progrès technologiques sont lents. L’interopérabilité n’est pas un problème rencontré seulement par l’armée indienne mais par beaucoup d’autres dans les forces armées. En octobre 2004, l’armée indienne

Lire la suite »

Le cas de la RPC

La Chine utilise le terme de RMA bien que cela consiste, pour l’instant, à un vaste programme de modernisations, le plus ambitieux depuis les années 1960. Elle doit transformer une armée nombreuse bâtit sur les principes de Mao Tsé-toung, la « guerre du peuple » basée sur l’infanterie, en une armée plus réduite et équipée d’armements modernes. La doctrine actuelle de l’APL est de mener des combats limités à l’aide de technique de digitalisation et d’opérations conjointes. Elle est en phase d’acquisition d’armes de hautes technologies, de nouveaux systèmes de communication, d’avions de combats de quatrième génération, de munitions guidées de précision, de nouveaux sous-marins, d’avions ravitailleurs et de systèmes AWACS. Elle entraîne une force de réaction rapide d’une douzaine de divisions mais aussi des forces spéciales. Elle développe son réseau C4ISR en mettant des satellites sur orbite tandis qu’elle étend son réseau intégré de guerre électronique, un amalgame de

Lire la suite »