Le climat au cœur de la coopération entre l’Union européenne et l’Inde

German Marshall Fund of the United States©

L’Inde et l’environnement

En 1972, alors que parait le rapport Meadows, The limit to growth, et qu’est fondé le Club de Rome, Indira Gandhi sera un des rares chefs de gouvernement à participer à la conférence des Nations unies sur l’environnement qui se déroule à Stockholm. En effet, la sauvegarde de l’environnement tient une place particulière dans la politique indienne. Dès les années 1970, Indira Gandhi prend des mesures pour la protection de l’environnement avec le renforcement de la législation sur les parcs nationaux. En 1978, selon la loi, avant tout projet industriel ou minier, une étude d’impact sur l’environnement doit être réalisée.

Ainsi, c’est avec les pays d’Europe du Nord que l’Inde va développer en premier lieu ses coopérations bilatérales et si le premier sujet des échanges entre l’UE et l’Inde sera au départ le commerce et la coopération sectorielle, un dialogue environnemental spécifique va apparaitre grâce aux sommets bilatéraux. C’est le cas en 2005 avec la définition d’un plan d’action conjoint sur le développement durable et le changement climatique.

L’action de l’Inde pour le climat

L’European Parliamentary Research Service publie un document retraçant les positions indiennes sur le climat et la coopération entre l’Inde et l’UE sur cette question.

Selon l’index Normandy, l’Inde est un des pays les plus vulnérables face au changement climatique, comme l’ont montré les fortes chaleurs relevées en 2018 et 2019. Il doit également prendre en compte l’impact de la croissance de ses villes qui ne s’accompagnent pas du développement des infrastructures nécessaires pour limiter la pollution des eaux et traiter les déchets.

Déjà, en 2008, le premier plan national de lutte contre le changement climatique avait été lancé par le Premier ministre avec l’objectif de faciliter l’accès au gaz de ville pour limiter la pollution atmosphérique (Pradhan Mantri Ujwala Yojana) ainsi qu’un projet de sauvegarde de l’eau potable (Jal Shakti Abhiyan). Afin de diminuer sa dépendance énergétique, le développement des énergies renouvelables faisait également partie des plans successifs de lutte contre le changement climatique. Après plusieurs actions en ce sens, le gouvernement a décidé en janvier 2019 que le pays devrait produire d’ici 2028 au moins 500 GW d’électricité issue du renouvelable, soit 40% de sa consommation.

La coopération entre l’UE et l’Inde

Avant le sommet de 2016 mentionné dans le document, et malgré les actions de Delhi en faveur du climat, les positions européenne et indienne sont proches, mais pas encore communes. Malgré les ambitions de réduction de ses émissions, l’Inde fait parfois usage d’un discours empreint de tiers-mondisme quand il s’agit de défendre ses positions face aux prétentions européennes. L’India-EU Initiative on Clean Development and Climate Change lancée après la réévaluation du Joint Action Plan en 2008 n’apportera pas les résultats escomptés, les objectifs restant très vagues.

Cependant, en mars 2016, l’Inde et l’Union européenne ont développé plusieurs partenariats, que ce soit dans l’énergie solaire ou dans la gestion de l’eau. Deux domaines qui font également l’objet de coopération entre certains États membres et l’Inde, c’est le cas avec la fondation par Delhi et Paris de l’Alliance Solaire internationale (International Solar Alliance) en mars 2018 ou du groupe de coopération sur l’eau piloté par l’Allemagne. En 2017 et 2019, d’autres coopérations ont vu le jour, sur l’urbanisation, l’énergie solaire ou éolienne d’où la place centrale que tenait la question climatique lors du sommet virtuel UE-Inde qui s’est tenu en juillet 2020.

Bien que l’UE et l’Inde fassent partie des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, ce sont aussi les premiers à lutter contre le changement climatique.

Plus de détails sur (en anglais) :

EU-India: Cooperation on climate

International Solar Alliance

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