La recherche de l’effective multilateralism, un défi pour l’Union européenne

Le Think Tank du Parlement européen a publié une analyse sur les difficultés rencontrées par l’esprit du multilatéralisme que la pandémie n’a fait qu’aggraver. Avant elle, les États-Unis s’étaient désengagés du Joint Comprehensive Plan of Action, le dialogue avec l’Iran au sujet de son programme nucléaire, mais aussi de l’Accord de Paris sur le climat, pour ne prendre que ces deux exemples. Le consensus devient difficile à trouver et le multilatéralisme doit compter avec la montée du protectionnisme qui ne cherche qu’à l’affaiblir.

Pour l’Union européenne qui fait de la défense du multilatéralisme une de ses valeurs essentielles, seul à même d’assurer l’existence d’une gouvernance globale régie par le droit et non par la force, l’enjeu est important. En tant qu’organisation multilatérale la plus aboutie, l’affrontement économique et stratégique sino-américain lui rappelle qu’elle forme un ilot dans un système international ou l’équilibre des forces et les politiques de puissance n’ont pas disparu.

La stratégie parue en 2016 (EU Global strategy) avait mis en avant la nécessité pour le système multilatéral de se reformer afin de relancer la coopération internationale dans une époque ou de nouveaux défis apparaissent, comme la cybersécurité. C’était d’ailleurs un des principaux objectifs de la nouvelle Commission européenne, faire de l’UE un acteur international, mais la pandémie a bouleversé l’agenda.

Selon l’EPRS, l’Union européenne devrait :

  • Trouver le juste milieu entre les États-Unis et la Chine afin d’avoir un dialogue constructif avec Washington, d’une part, et Pékin, d’autre part. Ceci avec l’objectif de défendre ses intérêts et ses valeurs tout en évitant de rentrer dans un modèle de compétition entre grandes puissances. Ainsi, malgré l’avoir désigné comme un « rival systémique et un concurrent économique » en 2019, la Commission voit toujours la Chine comme un partenaire. Tandis que les États-Unis restent, malgré des divergences, le partenaire stratégique clé de l’Union européenne.
  • Relancer au sein de l’ONU le débat sur l’attribution de l’Aide publique au développement qui tend à diminuer ces dernières années au sein du tissu multilatéral, mais augmenter de manière bilatérale, certains États utilisant l’attribution d’aides à des fins diplomatiques.
  • Redéfinir ses « partenariats stratégiques » de manière plus pragmatique et les étendre à tous les pays ou organisations qui, comme elle à l’ONU, défendent ses valeurs sans pour autant ostraciser ceux qui ne rentrent pas dans cette catégorie, comme la Chine ou la Russie. Tout en renforçant la coopération interrégionale, l’UE peut choisir entre des « Partenaires stratégiques » ou des « Associés stratégiques ».
  • Bâtir son autonomie stratégique (monétaire, sécuritaire, énergétique, etc…) et définir une vision stratégique avec les moyens de l’appliquer, par une réforme du processus de décision en matière de PESC afin de le rendre plus efficace par exemple.

Plus de détails au sein du document de l’EPRS (en anglais) :

The future of multilateralism and strategic partnerships

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