La Chine et l’Europe

Les Européens étaient présents sur les cotes chinoises à Macao (Portugal), Hong Kong (Royaume-Uni) et Kouang-Tchéou-Wan (France) depuis le XIXe siècle. Aussi, à la fin de la Seconde Guerre mondiale et après le départ des Japonais se posait le problème de la présence de ces territoires. Ce fut la France qui résolut le plus rapidement le contentieux, elle rétrocéda son enclave en 1946 à la République de Chine tandis qu’avec la proclamation de la RPC, les statuts de Macao et de Hong Kong restaient à définir. Pour préserver le statut d’Hong Kong, le Royaume-Uni, alors en lutte contre la guérilla communiste en Malaisie, reconnut la RPC en janvier 1950. Aussi, jusqu’au début du rapprochement sino-américain, la situation restera figée entre l’Europe et la Chine populaire. Avec les discussions engagées entre Pékin et Washington, les normalisations diplomatiques se succédèrent à partir de 1971.

Les États européens qui avaient reconnu la RPC avant cette date échangèrent des ambassadeurs et fermèrent leurs consulats à Taiwan tandis que les autres établirent des relations diplomatiques avec elle et rompirent avec Taiwan. En 1972, le gouvernement chinois entretenait des relations avec la quasi-totalité des États ouest-européens, restaient l’Irlande et le Portugal qui normaliseraient leurs relations en 1979[1] Joyaux François, La tentation impériale. Politique extérieure de la Chine depuis 1949, Paris, Imprimerie nationale, 1994, p. 59.. C’était le début de la politique européenne de la RPC alors qu’elle avait critiqué la naissance de la CEE, assimilée à une « construction du capitalisme international ». Une direction d’Europe fut créée au sein du ministère des Affaires étrangères chinois, les relations diplomatiques furent établies en 1975, un accord commercial signé en 1978 et depuis 1985, un Accord Cadre de Partenariat et de Coopération régit les rapports entre la RPC et la CEE. L’amélioration des relations permit de régler la question de Hong Kong et de Macao.

La vision européenne de la Chine

Un partenariat stratégique UE-Chine fut signé en 2003, et un sommet UE-Chine eut lieu à Londres en 1998. Depuis, des rencontres annuelles sont organisées entre le Premier ministre chinois et les hauts représentants européens. Lors du dernier sommet en octobre 2010, le treizième, les discussions tournèrent autour de la situation internationale, des problèmes climatiques et énergétiques et de la gouvernance mondiale. Les objectifs définis par l’Union européenne vis-à-vis de la Chine sont :

– Faciliter l’intégration internationale de la Chine à travers un dialogue politique constant,

– Encourager la Chine à une transition vers une société plus ouverte basée sur le respect des droits humains,

– Faciliter l’intégration économique de la Chine dans l’économie mondiale,

– Améliorer l’image de l’Europe en Chine.

La vision chinoise de l’Union européenne

Les Chinois gardèrent longtemps les yeux fixés sur l’Amérique et voyaient l’UE comme une simple extension économique des États-Unis. Cependant, avec le développement que connaît la Chine et la stratégie de Pékin, elle s’attache non seulement à renforcer ses relations bilatérales avec tous les pays européens, mais veille aussi à entretenir des liens plus étroits avec l’Union européenne. Néanmoins, les Européens ne s’entendent pas assez pour peser et l’interventionnisme européen en Lybie va à l’encontre des principes de la RPC. De plus, c’est au moment ou le crédit de l’Union européenne s’affirmait en Chine que la France et les Pays-Bas n’ont pas ratifié le Traité établissant une constitution pour l’Europe. Cet événement a eu un impact négatif sur la perception de l’Europe par la Chine. Toutefois, elle s’intéresse à l’Europe des 27, mais elle est également soucieuse de plaire aux États-Unis et, comme pour les Indiens, même si les diplomates chinois ont du mal à cerner sa place, l’Europe est très importante pour elle, ne serait-ce que commercialement. La politique chinoise envers elle poursuit trois principes[2]Chongguo Cai, Chine : l’envers de la puissance, Paris, Mango, 2005, p. 133. :

– Promouvoir les échanges commerciaux, financiers et techniques,

– Obtenir au minimum la neutralité des capitales européennes au sein des institutions internationales,

– Atténuer les critiques qu’elle pourrait formuler sur les droits de l’homme en Chine.

La France et la Chine

Les rapports franco-chinois ne sont pas simples. Si la position française pendant la guerre d’Irak a été appréciée par les Chinois, ils estiment que la France défend parfois des points de vue qu’elle n’a pas les moyens de suivre. Les deux pays ont établi en mai 1997 un partenariat global stratégique, deuxième partenariat de ce genre que la Chine a mis en œuvre après celui avec la Russie en 1996, mais le commerce et les investissements tardent à décoller. L’affaire du parcours de la flamme olympique, perturbé par un manifestant en 2008, envenimera les relations et la rencontre entre le Dalaï-lama et le président français la même année entraînera l’annulation du sommet UE-Chine par Pékin. Cependant, le dialogue est rouvert et la huitième session du dialogue stratégique franco-chinois s’est tenue à Pékin en septembre 2010.

References

1 Joyaux François, La tentation impériale. Politique extérieure de la Chine depuis 1949, Paris, Imprimerie nationale, 1994, p. 59.
2 Chongguo Cai, Chine : l’envers de la puissance, Paris, Mango, 2005, p. 133.
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