Vers une démocratisation des relations internationales ?

Le MNA n’a pas complètement disparu, un sommet s’est tenu à Charm-el-cheikh en 2009, mais son idéologie prend une nouvelle forme et les multiples forums entre pays du Sud participent à une revitalisation des revendications en faveur de la multipolarité et du multilatéralisme, deux notions différentes. La première appelle à un monde composé de plusieurs pôles de puissance, comme au XIXe siècle, la seconde se préoccupant davantage d’équité internationale, prônant un pouvoir accru aux organisations comme l’ONU, seule à détenir une légitimité qui se réfère à un intérêt collectif international commun capable de faire entendre la voix de tous. Cette prolifération des forums s’inscrit également dans le cadre d’une dynamisation de la coopération politique et économique Sud-Sud et d’une diversification des partenaires économiques dans un contexte où les marchés traditionnels de ces pays émergents, notamment les États-Unis et l’Union européenne, sont affectés par la crise financière. Au-delà des différences qui

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L’internationalisme tiers-mondiste et la fin des deux blocs

Paradoxalement, la dissolution de l’URSS ne signifia pas la fin de l’idéologie du non- alignement et du tiers-mondisme. Tout d’abord, de nombreux pays restaient sous-développés et partageaient des caractéristiques communes comme un faible niveau de vie par habitant et une dépendance économique envers les pays industrialisés, ce qui donnait au Tiers-monde l’image d’un ensemble vague, mais présent. Après la croissance économique des NPI, ce fut au tour des pays émergents de prendre le même chemin, comme le Brésil, le Mexique, la Chine ou l’Inde. La théorie de Gerschenkron, late comers, pouvait expliquer ce phénomène. Un retard initial signifiait pour les pays une potentialité de modernisation accélérée dès lors qu’ils avaient accès à la frontière technique des pays leaders, l’apport des IDE et la diffusion du savoir grâce aux technologies de l’information participant à ce développement. La solidarité du Sud s’en trouvait affaiblie au niveau politique, mais elle pouvait encore s’exercer dans

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Le mouvement des non-alignés

Monde des anciens pays colonisés, de ce siècle pour l’Afrique et l’Asie et du siècle dernier pour l’Amérique latine, qualifiés de Tiers-monde par opposition aux pays industrialisés, ces pays manquaient d’unité et de cohérence pour se faire entendre. À l’initiative de l’Inde, et après les conférences de Bruxelles (1927) et New Delhi (1947), une nouvelle réunion des pays asiatiques fut organisée en 1949 à New Delhi à laquelle se joignent pour la première fois des pays africains, l’Égypte et l’Éthiopie. C’est la naissance d’un mouvement afro-asiatique, composant du Tiers-monde d’Alfred Sauvy, qui prendra corps à la conférence de Bandung de 1955 à l’initiative de l’Inde et de l’Indonésie ou la Chine populaire ne sera qu’invitée. Depuis la fondation de la RPC, Pékin avait considéré les pays en voie de développement comme des amis traditionnels et s’était présentée comme un pays du Tiers-monde, victime du colonialisme et de l’impérialisme comme les

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L'idée de Tiers-mondisme

L’idée de Tiers-mondisme

Cinquante ans après Bandung, le sommet Afrique-Asie qui s’est tenu à Jakarta en avril 2005 a été le signe symbolique d’un renouveau des relations entre ces deux régions. Entre-temps, l’Inde et la Chine tenteront de constituer un troisième bloc de pays s’opposant à la division du monde de l’après-guerre. Partageant une vision commune, les tensions sino-indiennes pèseront sur cet idéal avant qu’une vision moderne de cet internationalisme tiers-mondiste ne se forme sous l’égide des pays émergents au travers de revendications communes et de forums de rencontres. D’un idéalisme Nehruvien s’attachant au non-alignement, le développement économique de l’Asie ne sera pas non plus étranger à une stratification de ce que nous appelons aujourd’hui le « Sud ». Cette alliance de pays en voie de développement devra évoluer entre l’Ouest et l’Est tout en tentant de s’accorder sur des thèmes communs alors que la géographie, l’histoire et plus encore, leurs dirigeants devront

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