Le programme indien

Vecteurs aériens de bombardement

L’armée de l’air indienne dispose de Jaguar, de Mirage 2000, de Mig 23 et Mig 27 ainsi que de Su-30 récemment entrés en service opérationnel. Pour être utilisable comme bombardier nucléaire, un avion doit présenter plusieurs caractéristiques dont une capacité d’emport suffisante, avoir un rayon d’action important, posséder des instruments de navigation tout temps et se faire détecter le plus tard possible. Le Jaguar est un vieil appareil que les Indiens ont tenté d’utiliser comme porteur d’un engin nucléaire mais la tentative aurait été abandonnée vers 1985-86. En revanche, le mirage 2000 aurait servi de vecteur de remplacement pour le bombardement nucléaire et un test de largage aurait eu lieu en mai 1994. Quand au Mig-27 qui était un des bombardiers nucléaires de l’URSS, il semble disposer des capacités requises pour remplir avec succès une mission de bombardement nucléaire. Le Su-30, dont est en train de s’équiper l’armée de l’air indienne, est lui un appareil très récent, dérivé du Su-27, qui possède toutes les caractéristiques requises.

Vecteurs balistiques

Le Prithvi : L’Integrated Guided Missile Defense Program établi en 1983 pour remplacer les anciens programmes de recherche, a procédé dés 1988 à l’essai du Prithvi, qui signifie « terre », d’une portée de 150 Km pour un emport d’une tonne. C’est un missile mono-étage, long de neuf mètres, d’un diamètre de 1,1 m pour une masse totale de 4 tonnes. Le plein des comburants doit être effectué peu de temps avant le lancement, ce qui constitue une limitation opérationnelle. Il existe deux versions désormais, l’une a une portée de 150 km avec une charge d’une tonne pour l’armée de terre et l’autre à une portée de 250 Km pour une charge réduite à 500-700 kg pour l’armée de l’air. Une troisième version d’une portée de 350 km a été évoquée pour la marine. La conversion à la propulsion solide du Prithvi serait en cours de réalisation, ce Prithvi-3 aurait une portée étendue à 500-600 km et pourrait même être tiré depuis un sous-marin. Le Prithvi est déployé dans deux groupes de missiles, le 333 et le 335 et serait stocké près des frontières du Pendjab et du Cachemire.

L’Agni : En 1989 et 1992, l’Inde a testé son missile Agni, qui signifie « feu », d’une portée déclarée de 1500 à 2500 km pour un emport d’une tonne. L’Agni-1 est un missile à portée intermédiaire d’une longueur de 18,4 m, d’un diamètre de 1,3 mètres et d’une masse de 14 tonnes. Le premier essai date de 1989 et une première version aurait atteint une portée de 800 km, la seconde dépassant 1200 km aux essais alors que 1500 km étaient attendus. L’Agni-2 vise à étendre la portée opérationnelle, le premier essai du 11 avril 1999 aurait atteint 2300 km, le second, le 17 janvier 2001 depuis un lanceur mobile, 2200 km. Bi-étage à propulseurs solides, pesant 16 tonnes, il serait capable d’emporter à 2500 km une charge d’une tonne, conventionnelle ou nucléaire. Grâce au GPS, il aurait atteint sa cible avec une précision de 100 mètres. L’Agni-1 et l’Agni-2 seraient tous deux déployés au sein du groupe de missile 334 depuis 2004 avec 36 missiles de chaque type opérationnels mais plus vraisemblablement seulement quelques exemplaires sont opérationnels.

L’Agni-3 ou Surya (« soleil ») : Composée de deux étages solides, il mesure 16 m de long. La charge utile serait comprise entre 600 et 1800 kg pour une portée théorique de 3500 à 4000 km. Un premier tir devait avoir lieu au début de l’année 2006 mais il a été repoussé devant les inquiétudes internationales. En effet, en cas de succès, non seulement la seconde frappe contre le Pakistan serait assurée, mais la dissuasion envers la Chine serait bien plus efficace. Le tir a finalement eu lieu le 7 juillet 2006 mais il s’est soldé par un échec, deux autres essais en avril 2007 et en mai 2008 se sont déroulés normalement. Cet Agni-3 tirerait parti des développements du lanceur PSLV développé pour l’orbite polaire, et destiné au lancement de satellites d’observation. Les capacités réelles de l’Agni-3 resteront inconnues jusqu’à l’observation d’un éventuel essai à portée maximale.

En plus des missiles de conception indienne, l’armée de terre est toujours équipée de missiles sol-air d’origine russe, principalement des SA-16 (plus de 2000) et des SA-7 (600).

Développement d’un missile de croisière

L’Inde et la Russie ont développé ensemble un prototype, le missile antinavire supersonique Brahmos (du nom des deux fleuves : le Brahmapoutre et la Moskova). L’essai permettant l’entrée en service a eu lieu le 15 avril 2005 et un missile antinavire peut servir d’étape pour la réalisation d’un missile de croisière. En tirant partie de l’expérience du Brahmos, l’Inde développe deux versions d’un missile de croisière. La première, le Sagarika (océanique), est destinée à la future flotte de SNLE indiens. Il a été tiré avec succès pour la première fois à partir d’une plateforme immergée en février 2008, aurait une portée de 700 km pour une charge de 600 kilos. Une version pour l’armée de terre, le Shourya (courage) a été testée en novembre 2008 avec succès, il a une capacité de charge de 500 kilos pour une portée de 600 km. Ces programmes sont retardés par le Missile Technology Control Regime, un accord entre certains pays qui limite l’exportation de technologie faisant que les missiles ne peuvent pas dépasser un emport de 500 kg ou une portée de 300 km.

Défense antimissile balistique

La défense aérienne de l’Inde s’est d’abord préoccupée des vecteurs aériens classiques mis en jeu par le Pakistan. Elle doit désormais être élargie pour traiter l’ensemble des menaces nouvelles même si les performances publiées des missiles pakistanais sont probablement exagérées. Il n’en reste pas moins que les Ghauri et Shaheen pakistanais semblent désormais capables de menacer une partie de l’Inde en en particulier New Delhi. Aussi l’Inde désire élargir sa défense aérienne par l’achat de systèmes antimissiles. Après s’être intéressée au S-300 russe, l’Inde a acquis deux radars Green Pine fabriqués par Elta Electronic d’Israel Aircraft Industry et elle espère pouvoir intégrer ses missiles sol-air autochtones Akash (ciel), d’une portée de 27 km, à ce système radar.

Données de 2012, mise à jour en cours.

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