L’Inde et l’Afrique

Comme la Chine, et dès 1947, l’Inde apporta son soutien aux mouvements indépendantistes dont certains dirigeants s’inspirèrent de la lutte indienne et elle fut la première à saisir l’ONU sur la question de l’apartheid en Afrique du Sud. Tout au long de la décolonisation, l’Inde intervint dans les forums internationaux en appelant au dialogue entre les pays colonisateurs et les mouvements de libération nationale. Elle ne voulait pas se brouiller avec l’Europe, en particulier avec la France et l’Angleterre, aussi elle adopta une politique prudente qui la poussa à ne pas s’impliquer dans un processus de décolonisation dès que la lutte prenait un tour violent. Elle profita du MNA pour accroître son influence, mais quand ce mouvement sera paralysé par des querelles idéologiques, la présence indienne va s’amenuiser, et ce malgré une assistance continue au développement, mais la lutte entre l’Occident, l’Union soviétique et la Chine lui laissa peu de place pour exister.

Trois autres facteurs viendront perturber encore plus les relations indo-africaines, le refus de New Delhi de livrer des armes aux différents mouvements révolutionnaires éparpillés sur le continent, l’expulsion des Indiens d’Ouganda et de Tanzanie qui s’accompagne de la spoliation de leurs biens et le conflit indo-pakistanais qui aura raison de ses liens avec la plupart des pays musulmans, dont l’Égypte. Sa prudence et son idéalisme des années 1960 et 1970 entachèrent son crédit, elle ne pouvait à la fois soutenir les pays africains et ne pas vouloir se brouiller avec l’Occident. En dépit de ces multiples projets, sa politique africaine est donc marquée par de nombreuses déconvenues, aggravées par le fait que, par rapport à la Chine, les moyens financiers dont dispose New Delhi sont plus limités et qu’elle n’a pas de siège au CSNU. Malgré cela, et dans le cadre du Commonwealth, l’Inde participe aux programmes de développement de 18 pays africains anglophones et elle possède l’avantage d’avoir des communautés d’origine indienne qui peuvent servir d’intermédiaires pour ses entreprises souhaitant investir dans la région.

Dans les années 1980, elle réoriente sa politique vers d’autres régions africaines. Auparavant la majeure partie du commerce indo-africain s’effectuait avec l’Afrique du Nord, de l’Est et Australe, l’Inde pénètre désormais en Afrique centrale et de l’Ouest, plus particulièrement au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Le commerce bilatéral prend un nouvel essor au début des années 2000 avec la création de forums économiques comme Focus Africa, qui regroupe 24 pays, ou Team-9, qui visent à coordonner l’action des chambres de commerce et des banques indiennes afin d’accroître les investissements. En 2007, la visite de Manmohan Singh au Nigeria fut la première visite d’un chef de gouvernement indien en Afrique depuis celle de Nehru en 1962 et, comme la Chine, mais plus tardivement, elle a mis en place un forum Inde-Afrique en 2008 dont la première édition a eu lieu à New Delhi et la deuxième à Addis-Abeba en mai 2011. Des groupes privés comme Tata, des opérateurs mobiles ou de l’industrie sidérurgique représentent le fer-de-lance des investissements indiens sur le continent qui se montent à 16 milliards de dollars entre 2005 et 2010, sans oublier ceux dans le pétrole, parfois en partenariat avec la Chine.

Le commerce est passé de 7 milliards de dollars en 1997 à 51 milliards en 2007. Cet engagement sur le continent noir demeure dans l’esprit de coopération du Mouvement des non-alignés, dont la plupart des pays africains sont membres, et la politique africaine de l’Inde entend s’inscrire dans une véritable continuité historique et idéologique. Néanmoins, même si c’est le discours officiel, elle ne peut se défaire des intérêts nationaux qui doivent passer avant toutes considérations idéalistes, elle investit aussi en Afrique pour fournir à son économie les moyens de se développer. Même si le lien avec l’Afrique du Sud semble historiquement réaliste, les relations bilatérales en pleine expansion qu’elle entretient avec le Zimbabwe ou le Soudan semblent sortir de sa politique traditionnelle et une présence accrue en Afrique de l’Est lui permet de contrôler l’autre façade de l’océan Indien, tout conflit dans cette zone menaçant sa zone de sécurité.

Données de 2012, mise à jour en cours.

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