La structure

La direction et la recherche

La planification des projets de défense et l’application des directives gouvernementales reviennent au ministère de la défense. Il est dirigé par le secrétaire d’état à la défense qui coordonne les activités des autres départements et les services des trois forces armées. Ce ministère est composé de quatre branches :

– Le Département de la défense (Department of Defence, DoD)[1]https://mod.gov.in/dod/,
– Le Département de production de la défense (Department of Defence Production,DDP)[2]https://ddpmod.gov.in/,
– Le Département de recherche-développement de la défense (Defence Research & Development Organisation, DRDO)[3]https://drdo.gov.in/,
– Le Département en charge des retraites (Department of Ex-Servicemen Welfare & Finance Division)[4]http://desw.gov.in/.

Le DoD est responsable du budget de la défense, de l’élaboration des doctrines, des relations avec le parlement sur les questions relatives au secteur et de la coopération avec les pays étrangers. Quand au Département de production de la défense (DDP), il a été créé à la fin de l’année 1962 après la désastreuse guerre contre la Chine dans le but de développer une capacité de production indigène d’armes et d’équipements qui donnerait plus d’indépendance au pays. En 1965, le Département d’équipement de la défense (DODS) fut créé pour lier les industries civiles et les unités de production de cette industrie. Les deux départements fusionnèrent en décembre 1984 pour donner le département d’équipement et de production de la défense (Department of Defence Production and Supplies, DDPS) dont le nom changea à nouveau en 2004 pour revenir à Department of Defence Production.

– Direction générale de vérification de la qualité (Directorate General of Quality Assurance, DGQA),
– Direction générale de vérification de la qualité aéronautique (Directorate General of Aeronautical Quality Assurance, DGAQA),
– Département de la standardisation (Directorate of Standardisation),
– Département du plan et de la coordination (Directorate of Planning and Coordination),
– Organisation des expositions de la défense (Defence Exhibition Organisation, DEO).

L’Inde possède également une structure de recherche-développement, le Département de recherche-développement de la défense (Defence Research & Development Organisation, DRDO). Le DRDO trouve ses racines dans les Technical Development Establishment (TDE) formés durant la seconde guerre mondiale. Les TDE furent regroupés en 1958 pour former le Defence Science Organisation (DSO) qui fut à son tour regroupé avec le Defence Science Services la même année pour former le DRDO. Ses effectifs en 2002 étaient de 30000 employés (dont 6000 scientifiques et 10000 techniciens), engagés dans la recherche et le développement et liés avec 51 laboratoires dans tous le pays ainsi qu’avec les DPSUs.

Il coopère avec plus de 70 institutions de recherches, 50 centres de technologies et quelques compagnies du secteur privé[5]https://drdo.gov.in/drdo/. Il est dirigé par un secrétaire qui est aussi le conseiller scientifique du ministre de la défense. Ces responsabilités sont de prévoir les recherches et d’informer le ministre sur les aspects scientifiques des équipements militaires. L’organisation devient vraiment indépendante dans les années 1980 sous la direction d’Abdul Kalam, qui sera président de l’Union Indienne de 2002 à 2007, quand un grand nombre de programmes sont lancés comme l’Integrated Guided Missile Development Project (IGMDP, en 1983), Light Combat Aircraft (LCA, en 1983), Advanced light Helicopter (ALH, en 1984), le tank Arjun (première conception en 1974) et d’autres projets plus restreints comme le Pinaka, un lance-roquettes. Les succès de la recherche-développement indienne sont mitigés en dépit de profondes réformes entreprises depuis le début des années 90.

La plupart des programmes commencés dans les années 1980 connaissent des retards ou des dépassements de budget, quelques exemples :
– IGMDP : Prithvi et Agni, Nag Antitank Missile, Akash et Trishul (Missiles Air-Air, Sol-Air, Sol-Sol et Torpilles). Ces programmes ont connu des succès récemment mais aucun n’est purement indigène, 5 à 10 % de la technologie seraient importés.
– Arjun : Ce tank devait rentrer en service en 1985 mais le programme a connu de nombreux retards, désormais il est entré en phase de production mais l’armée
indienne a drastiquement réduit le nombre de tanks commandés.
– LCA : histoire comparable au tank Arjun. Commencé en 1983, le programme a connu de multiples retards et le budget dépassé.

L’échec de la plupart des programmes de recherche-développement indiens est confirmé par leur absence sur la liste MCTL (Military Critical Technologies List) du gouvernement des États-Unis. En ce qui concerne l’aéronautique, les chercheurs indiens connaissent de nombreuses difficultés à concevoir des moteurs d’avions. Ce sont les technologies balistiques qui sont les plus avancées, notamment pour la conception des ICBM et les missiles de croisière. Quant au département en charge des retraites, il a été créé en septembre 2004 pour s’occuper de la gestion des pensions des anciens militaires et des veuves. Dans le but de maintenir une armée dont l’âge moyen est jeune, plus de 60000 personnes sont mises à la retraite ou reversées dans la vie civile chaque année et une des missions de ce département est de les aider à s’intégrer et à trouver un nouvel emploi.

Les centres de production : Ordnance Factories et DPSUs

Depuis 1962, 24 nouvelles usines de production ont vu le jour. En 1970, leur nombre était de 31, 35 en 1980 et 39 en 2002, à ce jour il en existe 41[6]https://ofbindia.gov.in/index.php. En plus de ces OFs, l’Inde possède 8 DPSUs qui produisent une large gamme d’équipements comme des hélicoptères, des camions, des sous-marins, des destroyers, des frégates et de l’aéronautique. Tandis que les OFs fabriquent des équipements de faible technologie, les DPSUs prennent en charge les exigences stratégiques nécessaires à l’armée indienne. Le secteur privé est chargé de livrer des matières premières, des produits semi-finis, des pièces et des composants. Les OFs sont capables de produire une part importante des munitions nécessaires, de 1992 à 1998 l’Inde n’a du importer que 11 % de ses besoins en munitions. Les DPSUs, quand à elles, ont évolué dans les années 1980 et sont désormais des entreprises rentables. Mais ces deux éléments de l’industrie de défense indienne continuent de recevoir d’importantes sommes d’argent de la part du gouvernement sous forme de prêt et leur compétitivité est limitée. Elles emploient 300000 personnes et une partie de la production des DPSUs va au secteur civil comme une petite proportion de la production des OFs.

Pour les DPSUs, c’est la production d’équipement à destination du secteur civil qui est génératrice de profits. Quand à leur efficacité, il a fallu 12 ans à Garden Reach Shipbuilders pour construire l’INS Brahmaputra, 3 fois plus de temps qu’il n’en aurait fallu à un chantier russe. Très fréquemment, le prix d’achat d’un système d’armements provenant d’un DPSUs est plus important que si ce même système avait été importé. L’exemple de l’avion HS-78 construit sous licence en Inde est flagrant, le coût unitaire était estimé à 320000 dollars par unité mais au final, il sera de 1,5 million de dollars.

L’organisation des Ordnance Factories

C’est l’organisation la plus importante et la plus ancienne qui produit du matériel et des équipements pour la défense. Elles fonctionnent sous l’autorité du Department of Defense Production and Supplies, fabrique des armes, des munitions, des véhicules de transport blindés, des vêtements et divers équipements. En plus de fournir les forces armées, les OFs fournissent les forces paramilitaires, la police, le ministère des affaires intérieures et les marchés d’exportation. Les 41 OFs sont réparties sur 24 emplacements dont la plupart sont au Maharastra (10) ou en Uttar Pradesh (9). Elles sont divisées en 5 catégories :
– Munitions et explosifs
– Armes, Véhicules et équipements
– Matériels et composants
– Véhicules Blindés
– Équipement des usines

Au début des années 1990, elles produisaient plus de 1500 articles différents pour les forces armées. Avec un effectif de plus 175000 employés, elles ont été engagées dans la production de divers types d’armes pour l’armée de terre. L’établissement de l’usine de véhicule lourd d’Avadi dans l’état du Tamil Nadu (Avadi est l’acronyme pour Armoured Vehicles and Ammunition Depot of India) au début des années 1960 a été crucial pour la production de tanks et de véhicules de combat.

Les Defence Public Sector Undertakings

Hindustan Aeronautics Limited[7]http://www.Hal-India.com : Société créée en 1964 par la fusion d’Hindustan Aircraft Limited, d’Aeronautics India Limited et d’Aircraft Manufacturing Depot. Elle a pour mission de concevoir, développer, construire et assurer la maintenance des avions, hélicoptères, des moteurs et des accessoires. Cette compagnie dispose de 12 divisions dans 6 états et son siège est à Bangalore. Depuis sa création, elle a conçu et produit 12 types d’aéronefs et moteurs, et construit sous licence 14 autres ainsi que 900 composants pour l’aéronautique. Elle exporte dans plus de 20 pays. Ses succès majeurs sont l’Advanced Light Helicopter (ALH), un hélicoptère multirôles pour l’armée de l’air, de terre et la marine et un jet d’entraînement, l’Ijt-36, ainsi que la participation au programme spatial. Elle est impliquée actuellement dans le développement du LCA.

Bharat Electronics Limited[8]http://www.bel-india.in/ : BEL a été fondée en 1954 à Bangalore. Elle est composée de 9 unités de production réparties dans le pays qui ont en charge le développement et la production d’équipements électroniques de haute technologie à destination des forces armées, des forces paramilitaires et autres institutions gouvernementales comme All India Radio ou le département météorologique. Environ 45 % de sa production est à destination des forces armées indiennes mais elle joue un rôle essentiel dans la modernisation des aéroports indiens et participe à la fabrication des satellites.

Bharat Earth Movers Limited[9]https://www.bemlindia.in/ : Fondée en 1964 dans le Karnataka, cette entreprise est spécialisée dans la production d’engins lourds pour les exploitations minières, d’engins de chantier et de trains. Mais elle fabrique aussi des canons autotractés, les structures de lancement des missiles balistiques et divers engins lourds pour l’armée. L’État indien s’est progressivement désengagé et il ne possède désormais que 54 % du capital de BEML.

Mazagon Dock Limited[10]https://mazagondock.in/ : Fondé en 1960, c’est le premier constructeur naval pour la défense. Il peut construire des navires, des sous-marins et des vaisseaux marchands jusqu’à 30000 tonneaux ainsi que des plateformes pétrolières. Récemment, elle a construit trois frégates furtives, P-17 et trois destroyers de classe Delhi dont le deuxième a été lancé en septembre 2009.

Garden Reach Shipbuilders & Engineers Limited[11]http://grse.in/ : En 1960, le gouvernement indien a pris le contrôle de cette compagnie créée en 1934. Depuis, ses activités se sont diversifiées et couvrent maintenant non seulement la construction navale mais aussi l’entretien et la réparation des navires. GRSE possède également un centre de recherche et d’ingénierie sur les moteurs diesels. Le chantier est capable de construire des frégates, des pétroliers et des navires pour les garde-côtes ainsi que des vedettes d’attaque rapides.

Goa Shipyard Limited[12]https://goashipyard.in/ : Créé en 1957 à Goa alors sous domination portugaise, GSL devint une DPSU en 1967. Ce chantier est spécialisé dans la construction de navire de faibles tonnages, comme les patrouilleurs, et il dispose comme les autres chantiers d’un pôle de réparation et de maintenance.

Bharat Dynamics Limited[13]https://bdl-india.in/ : Fondée en 1970 à Hyderabad en Andhra Pradesh, cette société est spécialisée dans la conception et la fabrication de missiles, torpilles et armes à guidage laser. Par le passé, elle a collaboré avec Aérospatiale et Euromissile pour construire sous licence le missile guidé antitank SS11B1 et le Milan-2. BDL était la principale compagnie maîtresse d’oeuvre dans le projet Integrated Guided Missile Development Programme.

Mishra Dhatu Nigam Limited[14]http://midhani-india.in/ : Cette compagnie, basée à Hyderabad, devient une DPSU en 1973. Elle est spécialisée dans la production de métaux et d’alliage de haute qualité à destination de secteurs stratégiques comme, entre autres, l’aéronautique, le programme spatial et la marine. Elle exporte une partie de sa production, notamment aux États-Unis pour la construction des C-17 de Boeing.

Les autres organisations du DDP

Le contrôle qualité : Après l’indépendance, des structures ont été créées pour contrôler la qualité des productions locales. Il existait auparavant des petites structures de fabrication d’équipements pour la défense mais elles ne produisaient que des vêtements ou des petites munitions, pas d’aéronautique, ni d’engins blindés. La Direction générale de vérification de la qualité (DGQA) a été créée en 1987 et regroupe des organisations plus anciennes datant de la domination britannique et de la fin de la seconde guerre mondiale. Le rôle de la DGQA est de s’assurer que les équipements produits, mais aussi ceux stockés dans les entrepôts de l’armée, sont fiables et de bonne qualité afin d’assurer la combativité des trois armées. Pour remplir cette mission, les inspecteurs de la DGQA contrôlent, étudient les plaintes contre le matériel défectueux, rendent des avis techniques au quartier général et supervisent le processus de standardisation. La direction générale de vérification de la qualité aéronautique (DGAQA), réorganisée en 1996, est l’héritière du Département technique de la production aéronautique et du développement fondé en 1954. Son rôle est de mener des contrôles qualités sur toutes les acquisitions par les forces armées qui concernent l’aéronautique, que ce soit des aéronefs, des missiles ou des moteurs, d’importation ou de production locale. Elle est très liée aux DPSUs et rédige régulièrement des rapports techniques sur les projets en cours à destination du ministère de la défense.

Département de la standardisation : Fondé en 1962, son but est d’uniformiser au maximum l’équipement des trois forces armées pour que l’inventaire total des services de la défense soit réduit au minimum. Département du plan et de la coordination Créé en 1964, son but est de planifier la production des industries de défense dans tout le pays. Il agit comme un catalyseur dynamique entre toutes les organisations du département de production de la défense, les utilisateurs et les instituts de recherche-développement. Il gère également les autorisations d’exportation et l’installation, ou l’intégration, de nouvelles usines dans le secteur.

Organisation des expositions de la défense : Établie en 1981, sa mission est d’organiser et de coordonner les expositions en Inde et à l’étranger des productions indiennes. Les deux grandes expositions organisées dans le pays sont DefExpo (première en 1999) pour l’armement terrestre et maritime (la dernière ayant eu lieu à Delhi en février 2010), et Aero India (première en 1996) pour l’aéronautique. Le prochain Aero India se tiendra du 9 au 13 février 2011 près de Bangalore, les participants internationaux sont de plus en plus nombreux à exposer leurs produits dans ces deux salons et il est devenu le premier salon aéronautique d’Asie.

Données de 2012, mise à jour en cours.

References

1 https://mod.gov.in/dod/
2 https://ddpmod.gov.in/
3 https://drdo.gov.in/
4 http://desw.gov.in/
5 https://drdo.gov.in/drdo/
6 https://ofbindia.gov.in/index.php
7 http://www.Hal-India.com
8 http://www.bel-india.in/
9 https://www.bemlindia.in/
10 https://mazagondock.in/
11 http://grse.in/
12 https://goashipyard.in/
13 https://bdl-india.in/
14 http://midhani-india.in/
Industrie de défense

Industrie de défense

Propre à chaque Etat qui en définit le cadre légal et son rôle, l’industrie de défense, par son insertion dans la globalisation économique,

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Les origines et son organisation

Cette industrie de défense s’est développée sur le sol indien durant la seconde guerre mondiale. Auparavant, les Britanniques étaient réticents à implanter des

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