La naissance de l’APL

L’Armée populaire de libération s’est construite sur plusieurs millénaires de tradition et un siècle d’innovations militaires occidentales, elle est intimement liée à l’histoire contemporaine de la Chine et du Parti communiste chinois. Les origines de l’APL remontent au 1er août 1927 lors du soulèvement de Nanchang quand les troupes du Guomindang dirigées par les leaders du Parti communiste, Zhu De et Zhou Enlai, se rebellèrent à la suite de la dissolution du premier front uni entre le PCC et le Guomindang[1]Le Guomindang, le Parti nationaliste chinois, est le parti politique créé par Sun Yat-sen qui domina le gouvernement central de la République de Chine de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir du … Continue reading.

Les survivants de cette insurrection fuirent vers les montagnes Jinggang ou ils retrouvèrent les forces de Mao Tsé-toung. Ces troupes formèrent la première « armée de travailleurs et de paysans » plus communément appelée « armée rouge », le bras militaire du PCC. Usant des tactiques de guérilla, l’Armée rouge survécue à plusieurs encerclements menés par des forces supérieures en nombre. Des luttes internes la forcèrent à abandonner temporairement la guérilla et à entreprendre la « Longue marche » en 1934-1935. C’est durant cette expédition que l’influence et le pouvoir de Mao Tsé-toung augmentent.

Lors de l’invasion japonaise en 1937, l’armée rouge s’unie à nouveau au Guomindang mais elle mena la plupart de ses combats contre l’occupant sans se battre conjointement avec eux. Elle mena quelques batailles conventionnelles contre les forces japonaises, mais aussi contre le Guomindang, bien que sa tactique préférée reste la guérilla. L’expérience militaire de Mao Tsé-toung se forgea durant cette période de lutte contre les Japonais ou il développa le concept de « guerre du peuple » qui deviendra la doctrine de l’armée rouge et plus tard de l’Armée populaire de libération. La guerre civile chinoise fut, du côté communiste une guerre de partisans et de guérilleros. Du côté nationaliste, l’importance des moyens mécanisés ou de l’aviation fut supérieure, mais pas dominante. Mao Tsé-toung en conserva un attachement au principe de la guerre territoriale, menée par des masses partisanes.

La théorie de la « guerre du peuple » incorpore des idées politiques, économiques et psychologiques, combinées à une force militaire qui doit lutter contre un ennemi supérieur en nombre. La population doit être mobilisée pour appuyer les forces régulières et la guérilla. Cette théorie se découpe en trois phases, premièrement les forces ennemies sont attirées profondément à l’intérieur du territoire que l’on doit défendre ou elles se dispersent et s’isolent. Sur ce territoire, l’armée rouge aura préalablement établi des bases d’où elle harcèlera les forces ennemies. Deuxièmement, d’importantes opérations de guérilla sont menées avec des forces supérieures à l’ennemi et finalement, lorsque l’ennemi est épuisé et démoralisé, l’armée rouge attaque avec des forces régulières les troupes adverses restantes.

Durant la guerre civile qui suivit la défaite japonaise, l’armée rouge, renommée Armée populaire de libération, applique encore la théorie de Mao Tsé-toung pour lutter contre les forces supérieures en nombres du Guomindang. En 1947, elle passe à l’offensive avec des troupes régulières et le Guomindang s’effondre rapidement sur le continent. En 1950, l’APL occupe l’île d’Hainan et le Xizang (Tibet). Quand elle devient une force armée nationale en 1949, elle est composée de 5 millions de paysans armés. En 1950, il y a 10000 hommes dans les forces aériennes (PLA-AF ou People’s Liberation Army Air Force), fondées en novembre 1949, et 60000 dans la marine (PLA-N ou People’s Liberation Army Navy) fondée en 1950. Progressivement, les hommes peu fiables politiquement et mal entraînés sont démobilisés et en 1953, l’APL ne compte plus que 2,3 millions d’hommes[2]http://www.globalsecurity.org/military/world/china/pla-history.htm.

La signature du traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle avec l’URSS en février 1950 permet à la Chine de lancer un programme de modernisation de son armée, rendu encore plus nécessaire par la guerre de Corée qui a prouvé ses limites face à une armée moderne avec une logistique, une mobilité et des communications plus avancées.

Données de 2012, mise à jour en cours.

References

1 Le Guomindang, le Parti nationaliste chinois, est le parti politique créé par Sun Yat-sen qui domina le gouvernement central de la République de Chine de 1928 jusqu’à la prise de pouvoir du PCC en 1949. Les membres du Guomindang se réfugient ensuite sur l’île de Formose (Taïwan).
2 http://www.globalsecurity.org/military/world/china/pla-history.htm
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